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Les Valseuses

Le Vent se lève

La Vie des Autres

 

Les Valseuses
Les Valseuses


Réalisateur: Bertrand Blier
Interprètes: Gérard Depardieu (Jean-Claude), Patrick Dewaere (Pierrot), Miou-Miou (Marie-Ange), Jeanne Moreau (Jeanne Pirolle), Isabelle Huppert (Jacqueline)…
Date de sortie: 20 mars 1974
Genre: Comédie dramatique
Durée: 1h55
Nationalité: France

Critique mise en ligne en juin 2006


Roubignoles, précieuses, berlingots, roupettes, burnes, bonbons, roustons, bijoux de famille… ou valseuses ! Dans ce road movie, les expériences lubriques sont nombreuses. Elles y croisent les vols minables et quelques moments de réflexion sur la vie. Ce film parle de l'insouciance de la jeunesse et des folies en tous genres (notamment sexuelles) qui l'accompagnent quelquefois ! Les deux héros glandeurs sont Jean-Claude et Pierrot, interprétés par deux acteurs d'exception qui collent à leurs personnages: Gérard Depardieu et Patrick Dewaere. Ils vont notamment rencontrer sur leur chemin Marie-Ange (dénudée Miou-Miou), Jeanne (poignante Jeanne Moreau), Jacqueline (mignonne Isabelle Huppert dans un de ses premiers rôles). Jean-Claude et Pierrot vivent leur vie sans penser au lendemain, ils n'en ont "rien à foutre" de l'avenir. Leur philosophie est parfaitement exprimée par Jean-Claude: "dans la vie, tout s'arrange, y'a jamais de vraie raison de se biler. Ils peuvent pas nous faire un trou au cul, on en a déjà un."

Sorti en salles en 1974, peu de temps après les évènements de mai 1968, époque de libération des mœurs, Les Valseuses est un film culte, qui reste encore choquant aujourd'hui. Il respire toujours la jeunesse. Comme souvent dans les films de Bertrand Blier, notamment Tenue de soirée ou Préparez vos mouchoirs, il y a beaucoup de provocation. Ce film devient parfois repoussant quand il va dans l'excès, notamment lorsque Jean-Claude et Pierrot volent des innocents mais la jeunesse est justement souvent synonyme d'excès. Il est à noter cependant que ce film contient quelques moments très tendres, en particulier celui de la rencontre avec Jeanne. De plus, l'humour et l'immense qualité des dialogues (malgré un langage cru) permettent de relativiser, d'adoucir les scènes impudiques et immorales. La dernière réplique du film est la meilleure. Cette réplique culte a lieu alors que la cavale (suite à un braquage de voiture et à une nouvelle expérience sexuelle) continue et que Pierrot s'inquiète de ne pas savoir où ils vont, Jean-Claude lui répond calmement: "On n'est pas bien ? Paisibles… A la fraîche… Décontractés du gland… Et on bandera quand on aura envie de bander."

Alexis

 

 

Le Vent se lève
Le Vent se lève

Titre original: The Wind that Shakes the Barley
Réalisateur: Ken Loach
Interprètes: Cillian Murphy (Damien), Padraic Delaney (Teddy), Liam Cunningham (Dan), Orla Fitzgerald (Sinead), Mary O'Riordan (Peggy)...
Date de sortie: 23 août 2006
Genre: Drame, Histoire
Durée: 2h04
Nationalité: Grande-Bretagne

Voir la Bande-Annonce

 

Critique mise en ligne en oct. 2006

La résistance du peuple irlandais contre les colons britanniques. Une guerre. Puis un traité de paix en 1921 qui ne satisfait pas tout le monde, qui divise l'Irlande. Une guerre civile. Les familles se déchirent. Deux frères combattent ensemble pour finalement se retrouver adversaires lorsque la paix arrive. Cette révolution irlandaise est racontée par le cinéaste britannique Ken Loach. L'auteur de Land and freedom, à travers la vie et la lutte de quelques personnages paysans, raconte le drame de l'histoire irlandaise, un combat pour la liberté et la justice, une bataille contre la violence des britanniques.

Dès le commencement du film, des anglais s'en prennent à un groupe d'irlandais et tuent sans pitié l'un d'entre eux. Ken Loach montre dès le début que son oeuvre sera assez violente. Mais la guerre est synonyme de violence. L'Histoire, dans son ensemble, est violente. Pour son petit-fils décédé sous la torture des troupes anglaises, la grand-mère chante "The Wind That Shakes The Golden Barley" ("Le vent qui secoue l’orge doré"). Cette histoire que raconte Le Vent se lève n'est pas la fin des conflits en Irlande du Nord: il y en aura tout au long du XX ème siècle*. Damien et Teddy, les deux frères qui s'entretuent durant la guerre civile, sont brillamment interprétés par Cillian Murphy et Padraic Delaney, qui bénéficient de la toujours remarquable direction d'acteurs de Ken Loach. Palme d'Or au dernier Festival de Cannes, Le Vent se lève traite de manière poignante du désir d'indépendance d'un peuple, de l'occupation d'un pays par un autre, et de la souffrance qui en découle. Cette histoire est donc toujours d'actualité. Un film très beau, très fort, très dur.

* Pour plus d'informations sur les conflits en Irlande au XX ème siècle, lire en cliquant ici la chronique de Anne du 15 avril 2006.

A voir également: la chronique "Conférence de presse du film Le Vent se lève".

Alexis

 

 

La Vie des Autres
La Vie des Autres

Titre original: Das Leben der Anderen
Réalisateur: Florian Henckel von Donnersmarck
Interprètes: Ulrich Mühe (Hauptmann Gerd Wiesler), Sebastian Koch (Georg Dreyman), Martina Gedeck (Christa-Maria Sieland), Thomas Thieme (Le ministre Bruno Hempf), Ulrich Tukur (Anton Grubitz)...
Date de sortie: 31 janvier 2007
Genre: Drame
Durée: 2h17
Nationalité: Allemagne

Voir la Bande-Annonce

 

Critique mise en ligne en fév. 2007

1984, en République Démocratique d'Allemagne. La police politique de cet ancien régime communiste, la Stasi, est en charge de la "sécurité d'État". La Stasi surveille de manière permanente tous les opposants au régime. Il en est le système central. Les condamnations politiques sont nombreuses, les menaces et la torture mentale sont courantes, tous les citoyens sont fichés. Le Ministre de la Culture, Bruno Hempf, confie au lieutenant Anton Grubitz et à l'officier Gerd Wiesler la mission de surveiller le couple d'artistes Georg Dreyman et Christa-Maria Sieland, mis sur écoute.

Lionel Jospin: "La culture est l'âme de la démocratie". En Allemagne de l'Est, la culture est décidée par le "Parti", la musique et la littérature occidentales y sont ainsi interdites. La RDA n'est pas une démocratie, c'est un régime totalitaire, dans lequel les libertés sont limitées et la suspicion permanente. Tout semble gris dans cette société. Gerd Wiesler, à force d'écouter les deux artistes, d'être imprégné par leur culture et leur ouverture d'esprit, commence à douter des principes qu'on lui a inculqués. Il se rend compte de la vraie nature du système. Il va être attiré, influencé, par la vie de ces artistes, cette vie tellement différente de la sienne. Cette vie presque à l'occidentale, cette vie des autres, c'est celle que combat et interdit le régime et la Stasi. Cette vie des autres, c'est celle des artistes et encore plus celle à l'ouest du Mur de Berlin. Wiesler a au départ la froideur et la rigueur d'un nazi. Sans compassion. L'efficacité avant tout. Le "Parti" avant tout. Wiesler est un personnage repoussant mais émouvant et devient, au cours de son évolution, de plus en plus attachant... Il est au final tout simplement un héros. Tout comme Gorbatchev qui a mis un terme au modèle soviétique et laisser le Mur tomber. La fin du bloc soviétique est assurément l'événement le plus important en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C'est la fin d'une période haïssable, qu'on avait pu voir également très bien décrite dans L'aveu de Costa-Gavras, sur les procès staliniens.

La mise en scène est simple, s'occupant essentiellement des regards, notamment de Wiesler. Les expressions de son visage, lorsqu'il écoute l'appartement, sont parfaitement captées. On reste vissé sur notre fauteuil, même pendant le générique de fin. La violence psychologique est omniprésente. C'est un drame mais aussi un thriller, porté par un scénario et une musique qui ne laissent aucun repos. De l'humanité dans une société inhumaine, tel est le thème de ce film passionnant, très justement récompensé par de nombreux prix: Meilleur film, Meilleur scénario et Meilleur acteur (formidable Ulrich Mühe) aux European Film Awards et 7 Lolas (Césars allemands) dont ceux du Meilleur film, du Meilleur réalisateur (Florian Henckel von Donnersmarck, un nom à retenir!), du Meilleur scénario et du Meilleur acteur. La vie des autres est un très grand film qui reste longtemps dans les mémoires.

Alexis

 


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