1984, en République Démocratique d'Allemagne. La police politique de cet ancien régime communiste, la Stasi, est en charge de la "sécurité d'État". La Stasi surveille de manière permanente tous les opposants au régime. Il en est le système central. Les condamnations politiques sont nombreuses, les menaces et la torture mentale sont courantes, tous les citoyens sont fichés. Le Ministre de la Culture, Bruno Hempf, confie au lieutenant Anton Grubitz et à l'officier Gerd Wiesler la mission de surveiller le couple d'artistes Georg Dreyman et Christa-Maria Sieland, mis sur écoute.
Lionel Jospin: "La culture est l'âme de la démocratie". En Allemagne de l'Est, la culture est décidée par le "Parti", la musique et la littérature occidentales y sont ainsi interdites. La RDA n'est pas une démocratie, c'est un régime totalitaire, dans lequel les libertés sont limitées et la suspicion permanente. Tout semble gris dans cette société. Gerd Wiesler, à force d'écouter les deux artistes, d'être imprégné par leur culture et leur ouverture d'esprit, commence à douter des principes qu'on lui a inculqués. Il se rend compte de la vraie nature du système. Il va être attiré, influencé, par la vie de ces artistes, cette vie tellement différente de la sienne. Cette vie presque à l'occidentale, cette vie des autres, c'est celle que combat et interdit le régime et la Stasi. Cette vie des autres, c'est celle des artistes et encore plus celle à l'ouest du Mur de Berlin. Wiesler a au départ la froideur et la rigueur d'un nazi. Sans compassion. L'efficacité avant tout. Le "Parti" avant tout. Wiesler est un personnage repoussant mais émouvant et devient, au cours de son évolution, de plus en plus attachant... Il est au final tout simplement un héros. Tout comme Gorbatchev qui a mis un terme au modèle soviétique et laisser le Mur tomber. La fin du bloc soviétique est assurément l'événement le plus important en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C'est la fin d'une période haïssable, qu'on avait pu voir également très bien décrite dans L'aveu de Costa-Gavras, sur les procès staliniens.
La mise en scène est simple, s'occupant essentiellement des regards, notamment de Wiesler. Les expressions de son visage, lorsqu'il écoute l'appartement, sont parfaitement captées. On reste vissé sur notre fauteuil, même pendant le générique de fin. La violence psychologique est omniprésente. C'est un drame mais aussi un thriller, porté par un scénario et une musique qui ne laissent aucun repos. De l'humanité dans une société inhumaine, tel est le thème de ce film passionnant, très justement récompensé par de nombreux prix: Meilleur film, Meilleur scénario et Meilleur acteur (formidable Ulrich Mühe) aux European Film Awards et 7 Lolas (Césars allemands) dont ceux du Meilleur film, du Meilleur réalisateur (Florian Henckel von Donnersmarck, un nom à retenir!), du Meilleur scénario et du Meilleur acteur. La vie des autres est un très grand film qui reste longtemps dans les mémoires.
Alexis