True Romance, c'est l'histoire de Clarence et Alabama. Clarence Worley est un fan de films de Kung Fu, il travaille dans un magasin de comic books et a plein de conversations philosophiques avec le fantôme du roi du rock'n'roll Elvis Presley. Il va rencontrer et tomber amoureux de la sexy Alabama, une call girl attachante et romantique. True Romance est l'histoire de ce couple, magnifique d'amour, qui va passer par différentes épreuves sanglantes, à commencer par le règlement de comptes avec Drexl, un maquereau blanc qui, avec ses dreadlocks et ses télés diffusant des films cultes de blaxploitation, se prend pour un noir. Ces deux jeunes tourtereaux veulent réaliser leur rêve de s'aimer en toute tranquillité mais vont se retrouver dans des situations de plus en plus difficiles, jusqu'à être poursuivis par la police et la mafia.
True Romance est un cocktail de talents. Quentin Tarantino est un scénariste génial, pas seulement pour ses films. Le metteur en scène Tony Scott a montré avec Top Gun et Jours de Tonnerre qu'il connaît très bien la caméra. Le casting est impressionnant: Christian Slater, Patricia Arquette, Dennis Hopper, Gary Oldman, Christopher Walken, Val Kilmer, Brad Pitt, Michael Rapaport, Samuel L. Jackson, James Gandolfini, Chris Penn, Tom Sizemore… True Romance est un film violent mais aussi infiniment romantique. C'est surtout un film cool et très divertissant, où tous les personnages ont le sens de l'humour. Et quand la mafia, les policiers, les dealers de drogue, leurs gardes du corps, Clarence et Alabama se retrouvent à la fin du film dans une même pièce, on assiste à une sorte de grand opéra.
Dans ce film, il y a une séquence d'anthologie (humour tranchant, interprétation exceptionnelle, musique dramatique) que je souhaite raconter brièvement: le mafieux Vincenzo Coccotti (Christopher Walken) tente d'intimider Clifford Worley (Dennis Hopper), le père de Clarence, dans le but d'obtenir des informations sur son fils. Clifford, ancien policier, personnage très humain, très touchant, connaît bien la seule issue de cette confrontation et décide de ne pas dire un mot de l'endroit où se trouve son fils. Il commence par lui mentir. Vincenzo lui rétorque qu'il n'y a pas plus grand menteur qu'un sicilien, qu'il est lui-même sicilien et qu'il ne sert donc à rien de jouer ce jeu avec lui. Clifford raconte alors une histoire tellement offensive pour Vincenzo qu'il lui est impossible de le laisser vivant. Le monologue de Clifford démontre que les siciliens sont des descendants de nègres, que Vincenzo est donc "café au lait". Vincenzo rigole puis embrasse Clifford avant de l'abattre. Alors même qu'il n'avait tué personne depuis 1984! Durant toute la scène, ils se regardent dans les yeux, avec des petits sourires, comme des amis, mais aussi en guettant la réaction de l'autre, comme des requins.
Alexis