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Ne le dis à personne

Nobody Knows

Les Noces Funèbres

No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme

La nuit nous appartient

 

Ne le dis à personne
Ne le dis à personne


Réalisateur: Guillaume Canet
Interprètes: François Cluzet (Alexandre Beck), André Dussollier (Jacques Laurentin), Marie-Josée Croze (Margot Beck), Kristin Scott Thomas (Helene Perkins), Nathalie Baye (Elisabeth Feldman)...
Date de sortie: 1er novembre 2006
Genre: Thriller
Durée: 2h05
Nationalité: France

 

Critique mise en ligne en nov. 2006

Alex file le parfait amour avec Margot, jusqu'au jour où elle est sauvagement abattue…

Guillaume Canet, ici metteur en scène (mais aussi acteur dans un second rôle), parvient à entretenir le suspense pendant plus de deux heures, pour ne délivrer qu'à la fin la vérité sur ce qui s'est passé lors de cette nuit sanglante. Et c'est ce que j'ai trouvé le plus formidable dans ce film: réussir à garder la tension avec une histoire si complexe, où les retournements de situation sont nombreux et dans laquelle le spectateur attend des explications. Il n'y a pas une seconde d'ennui dans ce film et c'est là sa grande force, outre l'intrigue finement construite. Après le très réussi Mon Idole, Guillaume Canet revient avec Ne le dis à personne, adaptation du roman de l'écrivain américain Harlan Coben. Il fait preuve ici de la même maîtrise de la caméra et du scénario.

La distribution est prestigieuse. Avec avant tout François Cluzet dans le rôle d'Alexandre "Alex" Beck. J'aime beaucoup cet acteur, il s'imprègne toujours parfaitement du personnage, il est toujours émouvant et attachant. Il est admirable dans ce film. Margot est interprétée par Marie-Josée Croze, encore plus belle que dans Les Invasions Barbares. En ce qui concerne les seconds rôles, il s'agit essentiellement de pointures: Nathalie Baye, Jean Rochefort, Kristin Scott-Thomas, François Berléand, André Dussolier...

Ne le dis à personne est un thriller rythmé, porté par la musique légère de Matthieu "M" Chédid. Les quelques scènes de course-poursuite, même s'il s'agit plus d'un film psychologique que d'un film d'action, sont réalisées selon une efficacité toute américaine, comme celle de l'impressionnante traversée du périphérique.

Alexis

 

 

Nobody Knows
Nobody Knows


Titre original: Daremo Shiranai
Réalisateur: Kore-Eda Hirokazu
Interprètes: Yagira Yuya (Akira), Kitaura Ayu (Kyoko), Kimura Hiei (Shigeru), Shimizu Momoko (Yuki), You (la mère)...
Date de sortie: 10 novembre 2004
Genre: Drame
Durée: 2h21
Nationalité: Japon

 

Critique mise en ligne en fév. 2006

Au Japon, des enfants livrés à eux-mêmes tentent de survivre, protégés par le grand frère qui assume l’abandon d’une mère immature. C’est beau, parfois drôle, c’est dur mais ce n’est pas larmoyant ! Point de sentimentalisme ici ! Car ces enfants ne sont pas malheureux, ce que j’ai trouvé assez déconcertant surtout lorsque des moments très difficiles, voire insupportables, touchent la famille et que les enfants, justement, ne paraissent presque pas affectés. Il est vrai également qu’il s’agit là d’enfants et qu’ils ne se rendent pas forcément compte de leurs comportements (la prostitution) ou d’évènements tragiques (la mort de la petite fille). Mais c’est aussi une qualité du film. Il relève en effet de l’émotion à l’état brut avec une narration très simple qui s’attarde surtout sur les personnages, sur chaque petit moment du quotidien de ces enfants. La descente aux enfers se fait en douceur…

La vraie force du film repose avant tout sur les acteurs, avec en tête le tout jeune comédien qui incarne Akira, le fils aîné, et qui a d’ailleurs été récompensé du prix d’interprétation au festival de Cannes 2004. Il est formidable tout comme les trois autres enfants ! On ne peut être qu’ému par exemple à la vue d’Akira tenant sa sœur par la main la nuit au milieu de la route (on pense à Chaplin dans Le Kid). Le visage rayonnant de la petite fait rapidement monter les larmes aux yeux. Ces acteurs forment un clan soudé de quatre gamins, quatre petits êtres unis devant l’adversité qui nous donnent une belle leçon sur ce qu’on est prêt à faire pour être auprès de ceux qu’on aime. Malgré tous les malheurs qui touchent cette petite famille, ce film reste plein d’espoir.

Alexis

 

 

Les Noces Funèbres


Titre original: Corpse Bride
Réalisateur: Mike Johnson, Tim Burton
Interprètes: Johnny Depp (voix de Victor), Helena Bonham Carter (voix de la défunte mariée), Emily Watson (voix de Victoria)...
Date de sortie: 19 octobre 2005
Genre: Animation, Fantastique
Durée: 1h15
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en déc. 2005

Synopsis

Au XIX ème siècle, dans un petit village d'Europe de l'est, Victor, un jeune homme étourdi, découvre le monde de l'au-delà après avoir épousé sans le vouloir, le cadavre d'une mystérieuse mariée. Pendant son voyage, sa promise Victoria, l'attend désespérément dans le monde des vivants. Bien que la vie au Royaume des Morts s'avère beaucoup plus colorée et joyeuse que sa véritable existence, Victor apprend que rien au monde, pas même la mort, ne pourra briser son amour pour sa femme.

Sous l'impulsion du talentueux Tim Burton, ce film d'animation colle de très près à la réalité !
L'histoire originale, nous transporte sous terre dans un monde funèbre fantastique, éclatant, lumineux et coloré. Où les chers disparus, libérés des contraintes de la vie sur terre, peuvent enfin s'amuser, boire, faire la fête et se livrer à toutes sortes de plaisanteries !
Derrière une réalisation irréprochable et des effets spéciaux hors du commun, se dévoile en arrière plan une critique sociale, celle de l'éternel souci du "mariage arrangé", permettant aux familles riches le maintien du rang auxquelles elles prétendent. Ce film a la particularité de parler «à tout l'monde». Sa nature en tant que film d'animation lui permet d'aller beaucoup plus loin, d'être plus spontané et de passer outre les barrières de certaines conformités. Dans un film classique, le sens aurait été beaucoup moins "toléré".

Ce film qui en vaut vraiment la peine dissimule des milliers d'heures de travail ! Pour obtenir un résultat si réaliste et si percutant, Tim Burton et son équipe, assurément passionnée, a dû recourir à la technique du "stop-motion". C'est un art qui repose sur l'utilisation de décors rigides, et de marionnettes qu'il faut habiller et maquiller avec les mêmes soins qu'une personne. Patience et minutie sont de rigueur puisque chaque position est photographiée le temps d'une image, l'animateur retourne ensuite s'occuper du personnage pour immortaliser une autre image, etc. Plusieurs équipes sont chargées de ce travail lourd, au rendement très faible.
Après Edward aux Mains d'Argent, Ed Wood, Sleepy Hollow, La Légende du Cavalier Sans Tête et Charlie et la Chocolaterie, Tim Burton fait encore une fois appel à son génie et à son acteur fétiche Johnny Depp, qui pour la première fois collabore à un film d'animation.
Pour son deuxième long-métrage d'animation après L'Étrange Noël de M. Jack, Tim Burton se surpasse encore une fois avec ces Noces Funèbres. Même s'il lui a fallu plus d'un an de travail pour un tel résultat, il ne manque pas de nous offrir un chef-d'oeuvre que personne n'ose encore rivaliser !

Exquis, ce film à plusieurs niveaux réjouira sans doute petits et grands !

Ryad

 

 

No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme
No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme


Titre original: No Country For Old Men
Réalisateur: Joel Coen, Ethan Coen
Interprètes: Tommy Lee Jones (Bell), Javier Bardem (Anton Chigurh), Josh Brolin (Llewelyn Moss), Woody Harrelson (Carson Wells), Kelly MacDonald (Carla Jean)...
Date de sortie: 23 janvier 2008
Genre: Thriller
Durée: 2h02
Nationalité: États-Unis

Voir la Bande-Annonce

 

Critique mise en ligne en fév. 2007

No country for old men est une chasse à l'homme haletante où chaque personnage est tantôt chasseur, tantôt chassé. L’histoire se passe en 1980, au Texas (accents typiques, paysages magnifiques). Avec trois personnages principaux qui ne se rencontrent presque jamais face à face. Llewelyn Moss, un vétéran du Vietnam, calme et désinvolte, doit fuir après avoir volé une mallette remplie de dollars. Moss est cupide mais pas complètement insensible, c’est précisément sa part d’humanité qui le perdra. A ses trousses pour retrouver cet argent, Anton Chigurh porte les traits de Javier Bardem dans une prestation exceptionnelle, sa voix grave contrastant avec une coiffure improbable. Il incarne le mal inarrêtable, une vraie machine à tuer qui aime aussi torturer mentalement les gens. Chigurh, psychopathe qui se promène avec un fusil à pompe et une bouteille à air comprimé, fait partie des personnages les plus tarés de l’histoire du cinéma ! Pour compléter le trio, Tommy Lee Jones interprète avec classe (comme toujours) le Shérif Ed Tom Bell, bientôt à la retraite. Laconique et désabusé, il se sent impuissant face à toute la violence qui l’entoure. Entre Chigurh, Moss, Bell, le chasseur de primes Carson Wells et les gangs de Mexicains, une course poursuite sans pitié va s'engager…

Le Shérif Bell est nostalgique d’une époque où les shérifs ne portaient pas d’armes. Les temps sont de plus en plus violents. Ce pays n’est plus fait pour les vieux hommes. Mais la sauvagerie fait partie de la nature humaine et a toujours été présente. D’ailleurs, c’est par la violence et par le sang que se sont constitués les États-Unis. La violence qui anime la société actuelle est amenée par l’argent et la cupidité des hommes. A deux moments très semblables, lorsque Llewelyn demande une veste à des jeunes à la frontière mexicaine et lorsque Chigurh demande une chemise à des enfants (pourtant symboles d’innocence), on retrouve cette attirance pour l’argent. Quant à la fin du film, assez complexe et qui laisse sûrement place à l’interprétation, je pense qu’elle résume toute l’idée du film : la société est de plus en plus violente et le Shérif Bell ne peut plus rien y faire. En outre, la disparition rapide et surprenante du personnage du « gentil » indique à mon avis que cette histoire n’est qu’un exemple d’un duel qui se termine aussi subitement que dans la réalité, ce n’est qu’une illustration de la tendance générale qui est à la hausse de la violence dans la société.

Dans la belle lignée de Trois Enterrements, de Tommy Lee Jones, cette oeuvre palpitante, à mi-chemin entre le western, le thriller et la comédie est pleine de scènes truculentes qui montrent encore une fois que les frères Coen sont passés maîtres en matière d’humour noir. J’ai ainsi particulièrement aimé les affrontements verbaux entre Chigurh et la concierge ou entre ce même Chigurh et le pompiste. Pessimisme, psychologie et philosophie côtoient donc un cocktail d'intensité et d'humour désopilant dans ce grand film noir.

Alexis

 

 

La nuit nous appartient
La nuit nous appartient


Titre original: We Own The Night
Réalisateur: James Gray
Interprètes: Joaquin Phoenix (Bobby Green), Mark Wahlberg (Joseph Grusinsky), Robert Duvall (Burt Grusinsky), Eva Mendes (Amada Juarez), Alex Veadov (Vadim Nezhinski)...
Date de sortie: 28 novembre 2007
Genre: Policier
Durée: 1h54
Nationalité: États-Unis

Voir la Bande-Annonce

 

Critique mise en ligne en déc. 2007

James Gray est un réalisateur rare mais efficace. Trois films réussis en treize ans: Little Odessa, The Yards et maintenant La nuit nous appartient. Le titre est emprunté à la devise de l'unité criminelle de la police de New York. A noter aussi que la mafia russe, élément important du film, est à l'honneur en ce moment puisqu'est sorti dans le même mois Les Promesses de l'ombre, le redoutable dernier film de David Cronenberg.

L'intrigue se déroule dans le New-York sombre et violent de la fin des années 80. C'est l'histoire de la famille Grusinsky, et principalement de l'un des deux fils, Bobby. Dans une situation compliquée, il va devoir choisir son camp: celui de son père et de son frère, policiers consciencieux ou celui de l'entourage de son père adoptif, le propriétaire de la boîte branchée dont il est le gérant. Tout va basculer lorsque son frère sera la victime d'une tentative d'assassinat. Son innocence perdue, la culpabilité l'envahissant, Bobby va intégrer la police, pour venger son frère mais aussi pour connaître la dignité de la réussite sociale et recevoir enfin l'estime et l'amour de sa famille. Sans pour autant, au final, atteindre la délivrance !

Dans cette tragédie sans héros, les personnages sont mélancoliques et en quête d'identité. L'interprétation est l'une des grandes qualités de ce film. C'est le puissant Joaquin Phoenix qui joue Bobby, personnage partagé entre le bien et le mal. Dans le rôle de la petite amie de Bobby, c'est Eva Mendes qui incarne de manière touchante et tourmentée la sculpturale et sensuelle Portoricaine. Quant à Robert Duvall, l'un de mes acteurs préférés, il est exceptionnel, interprétant avec beaucoup de retenue un père aimant mais exigeant, un vieux flic intègre, conscient de la dangerosité de son boulot, comme le montre sa réaction calme et fataliste lorsqu'il apprend qu'un de ses fils est à l'hôpital.

Pourvu d'un scénario pas forcément original mais solide et sans clichés, La nuit nous appartient est un excellent film noir, superbement réalisé et d'un suspense permanent. Deux scènes époustouflantes marquent particulièrement l'attention: la poursuite en voiture sous une pluie d'orage, rythmée par le bruit grinçant des essuie-glace ainsi que la séquence de l'atelier de drogue, d'une tension extrême.

Alexis

 


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