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M

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Maradona par Kusturica

Marie-Antoinette

Match Point

Matilda

Miami vice – Deux flics à Miami

M le Maudit

La Môme

Le Monde de Narnia: chapitre 1

Mondovino

Mon nom est Tsotsi

Le Mystère Von Bulow

 

Maradona_par_Kusturica
Maradona par Kusturica

 

Titre original: Maradona by Kusturica
Réalisateur: Emir Kusturica
Date de sortie: 28 mai 2008
Genre: Documentaire
Durée: 1h35
Nationalité: Espagne

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Critique mise en ligne en juin 2008

Diego Armando Maradona est un des plus grands joueurs que le monde du football ait connu. Doté d’une technique exceptionnelle, il a remporté la Coupe du Monde au Mexique en 1986 en marquant dans le quart de finale contre l’Angleterre, deux buts inoubliables : il inscrit le premier de la main (« la main de Dieu » selon lui) et le second en dribblant à peu près toute l’équipe britannique. Tout Maradona est résumé dans ce match : un génie du football mais aussi un personnage controversé. C’est ce dualisme qui a donné l’envie au réalisateur double palmé de Papa est en voyage d'affaires et Underground de suivre pendant deux ans le joueur argentin.

Les origines modestes du « pibe de oro » (« le gamin en or ») expliquent certainement son extrême ambition. Le numéro 10 et capitaine de l’équipe argentine déclare à l’âge de douze ans : « j'ai deux rêves, disputer une coupe du monde et la remporter avec l'Argentine ». Ses origines expliquent également son engagement politique. Il s’affiche ainsi aux côtés de Hugo Chavez et Fidel Castro et ne cesse d’insulter les États-Unis. Il considère aussi la victoire du quart de finale de 1986 comme une revanche de la défaite de l'Argentine contre l'Angleterre dans la Guerre des Malouines quatre ans auparavant. Ce film en devient très politique, trop politique. Diego Maradona étant adulé par bon nombre de supporteurs et mis footballistiquement sur un piédestal, sa parole devient parole divine. Et Kusturica, trop fan pour nuancer mais peut être aussi convaincu par les propos de son idole, n'émet presque jamais de reproches à l'encontre de l’ancien joueur argentin. En fait, Diego est seul à se critiquer, à culpabiliser, à regretter de s’être drogué et par là même d’avoir gâché sa fin de carrière et de ne pas avoir assez profité de sa famille.

Porté par une bande-son entraînante et par quelques extraits de films du cinéaste serbe, ce documentaire, malgré son côté bien trop politique et insuffisamment nuancé et le commentaire trop bavard de Kusturica, est un portrait tout à fait intéressant et parfois très drôle, notamment grâce à l’Eglise Maradonnienne, qui heureusement ne se prend pas au sérieux. Et puis tout fan de football appréciera ce film car les images de buts de Maradona sont nombreuses ; et Dieu (le vrai) sait qu’il en a mis de très beaux ! Maradona est un génie du foot, au charisme phénoménal et à l'immense popularité mais il n’a pas été un exemple en dehors du terrain. Il n’y a en effet qu’un seul Zizou !

Alexis

 

 

Marie-Antoinette
Marie-Antoinette

Réalisateur: Sofia Coppola
Interprètes: Kirsten Dunst (Marie-Antoinette), Jason Schwartzman (Louis XVI), Rip Torn (Louis XV), Molly Shannon (Anne Victoire), Asia Argento (La comtesse Du Barry)…
Date de sortie: 24 mai 2006
Genre: Biographie
Durée: 2h03
Nationalité: États-Unis

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Critique mise en ligne en juin 2006

D’origine autrichienne, Marie-Antoinette est reine de France, femme de Louis XVI. Le film retrace son adolescence, ses relations avec Louis XVI, sa décapitation en 1793. Marie-Antoinette a peu de choses en commun avec le roi, homme gentil mais maladroit et incompétent, qui ne s’occupe pas correctement d’elle. Pourtant, au moment fatidique de la Révolution, elle se rapproche de lui. Ce couple fait preuve de beaucoup de dignité et de respect l’un envers l’autre.

Ce film n’est pas entièrement fidèle à la réalité historique. Sofia Coppola assume le fait que ce ne soit pas une véritable biographie par le biais d'anachronismes. Ceux-ci sont donc volontaires, qu’il s’agisse de l’aspect sonore, avec la musique rock ou de l’aspect visuel et symbolique de la paire de baskets moderne insérée dans l'amas de paires de chaussures à talons. L’audace scénaristique de Sofia Coppola est donc certaine. Un film historique en costumes avec Asia Argento dans le casting en est une preuve. Le fait de rendre la reine aussi moderne nous permet de nous immiscer dans la vie de ces personnages qui nous paraissent habituellement figés, sans vie, sans plaisir, sans beauté. Ils sont rendus plus "humains".

Marie-Antoinette est ici sexy, rock'n'roll, elle adore faire la fête. Elle est dépensière, trop, raison pour laquelle elle est détestée par le peuple. Mais à l’instar de Charlotte dans Lost in Translation ou des adolescentes de Virgin Suicides, elle manque d’attention et de liberté.
Le film évoque de nombreux personnages mais ne se concentre sur aucun d’entre eux, sauf bien sûr Marie-Antoinette, ce qui fait que ce film plein de couleurs manque à mon goût d’un peu de profondeur. D’un autre côté, cela rend le film léger, enjoué et charmant, à l’image du regard et du sourire magnifiques de Kirsten Dunst ou des décors sublimes de Versailles.

Alexis



Match Point


Réalisateur: Woody Allen
Interprètes: Jonathan Rhys Meyers (Chris Wilton), Scarlett Johansson (Nola Rice), Emily Mortimer (Chloe Hewett Wilton), Matthew Goode (Tom Hewett), Brian Cox (Alec Hewett)…
Date de sortie: 26 octobre 2005
Genre: Comédie Dramatique
Durée: 2h03
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en déc. 2005


Le grand Woody nous raconte, le temps d’une escapade à Londres, l’histoire d’un jeune homme ambitieux pris entre deux ravissantes femmes. Chris, jeune professeur de tennis, passionné d’opéra, venant d’un milieu modeste et s’avérant être un talentueux arriviste, doit faire un choix entre Nola, américaine, blonde et sexy mais aussi fragile et portée sur l’alcool, et Chloe, issue de la haute classe britannique, brune et bonne épouse, sûre de ses envies. Un choix entre la passion et la sécurité.

Jonathan Rhys Meyer, et son regard perçant, campe de manière très crédible ce personnage faisant face au désir et à la culpabilité. Et c’est Scarlett Johannson qui interprète avec beaucoup de fraîcheur le personnage de Nola. Les superlatifs manquent pour évoquer sa beauté. Je ne me souviens pas d’un film dans lequel une actrice ait été aussi attirante qu’elle. Son charme est immense. Le rôle, l’esthétique du film et la manière du metteur en scène de la filmer contribuent à ce sentiment.
Le casting de seconds rôles est très soigné avec essentiellement la très charmante, très anglaise Emily Mortimer, Matthew Goode et Brian Cox.

Allen, très inspiré, a construit un scénario très solide, malin, une intrigue très riche, pour un film où l’on est surpris du début à la fin.
A travers la métaphore d’une balle qui heurte la bande du filet de tennis, la chance s’impose comme morale de l’histoire.
Woody Allen quitte donc sa ville fétiche de New York, s’installe dans la capitale britannique et nous offre un très grand film, deux heures de pur bonheur. Jeu, set et match !

Alexis

 

 

Matilda
Matilda

Réalisateur: Danny De Vito
Interprètes: Mara Wilson (Matilda Verdebois), Danny DeVito (Harry Verdebois / Le Narrateur), Rhea Perlman (Zinnia Verdebois), Pam Ferris (Agatha Legourdin)…
Date de sortie: 9 avril 1997
Genre: Comédie
Durée: 1h33
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en avril 2006

Matilda est une adaptation du conte de Roald Dahl (auteur notamment de "Charlie et la Chocolaterie", "James et la Grosse Pêche" ou "Sacrées Sorcières") donc l'histoire est dans le fond plutôt belle. Le film se situe aux États-Unis dans les années 60. C'est avant tout une galerie de personnages sympathiquement stéréotypés avec Matilda, jeune fille surdouée, attachante mais méprisée par sa famille, son frère aîné, un abruti gâté, son père, un marchand de voiture voleur et vulgaire, sa mère, imbécile et de mauvais goût, Mlle Legourdin, personnage le plus antipathique mais aussi le plus amusant, physiquement imposante et extrêmement méchante et Mlle Candy, l'institutrice, un modèle de bonté. C’est plutôt agréable, familial mais ce n’est pas très original, plat et sans surprise. Matilda est un film destiné aux enfants, couvert de belles morales, bien qu'une d'entre elles soit quelque peu suspecte: Matilda dit à deux reprises qu'il est possible de punir quelqu'un s'il l'a mérité: ainsi a-t-elle le droit de punir ses parents et sa directrice d’école… parce qu’ils l’ont mérité…

Alexis

 

 

Miami vice – Deux flics à Miami
Miami vice – Deux flics à Miami

Titre original: Miami vice
Réalisateur: Michael Mann
Interprètes: Colin Farrell (James "Sonny" Crockett), Jamie Foxx (Ricardo "Rico" Tubbs), Gong Li (Isabella), Luis Tosar (Arcángel de Jesús Montoya), John Ortiz (Jose Yero)...
Date de sortie: 16 août 2006
Genre: Policier
Durée: 2h15
Nationalité: États-Unis

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Critique mise en ligne en septembre 2006

Nombreuses ont été les adaptations cinématographiques de séries télévisées, surtout ces dernières années. Généralement ratées: Chapeau melon et bottes de cuir, de Jeremiah Chechik, Le Saint, de Phillip Noyce, Daredevil, de Mark Steven Johnson… Mais elles sont bien davantage réussies lorsqu'un grand réalisateur, un véritable auteur est aux manettes et qu'il apporte son univers particulier à l'œuvre commandée. En attestent les réussites Mission Impossible, de Brian De Palma, Batman, de Tim Burton ou Miami Vice – Deux flics à Miami, de Michael Mann.

Michael Mann était lui-même le producteur de cette série culte américaine des années 80. Don Johnson interprétait James "Sonny" Crockett et Philip Michael Thomas était Ricardo "Rico" Tubbs. Dans la version cinématographique, le sensuel Colin Farrell joue le rôle de l'intrépide play-boy Sonny et Jamie Foxx, celui du plus posé Rico. Deux excellents acteurs qui apportent tout le charisme nécessaire aux talentueux amis policiers. Quant à Gong Li, dans l'interprétation du principal personnage féminin du film, elle est très séduisante, très à son aise dans le rôle d'une trafiquante amoureuse de Sonny , alors qu'elle est pourtant peu habituée aux grosses productions américaines avec voitures de luxe et belles filles en bikini. Après Le solitaire en 1981, Le sixième sens en 1986, Heat en 1995, Révélations en 2000 et Collateral en 2004, Michael Mann, est désormais un grand réalisateur du cinéma policier. Et on reconnaît bien sa touche dans Miami Vice – Deux flics à Miami, notamment lors des très sonores scènes de fusillades et par la stylisation de l'image. Ce polar noir est un vrai bon divertissement !

Alexis

 

 

M le Maudit

Titre original: M
Réalisateur: Fritz Lang
Interprètes: Peter Lorre (Frantz Becker), Otto Wernicke (commissaire Lohmann), Gustav Gründgens (le chef de la pègre)…
Date de sortie: 1931
Genre: Policier
Durée: 1h39
Nationalité: Allemagne

Critique mise en ligne en déc. 2005


Entravée par les nombreuses descentes de police, la pègre de Berlin décide de rechercher elle-même un tueur de petites filles. Le sadique, magistralement interprété par Peter Lorre, est trahi par une mélodie qu’il sifflait le soir du dernier crime, mélodie qui fait froid dans le dos du spectateur et que personne ne souhaite jamais entendre un soir dans une ruelle étroite.

1931. Les nazis s’inquiètent, persuadés que le premier titre du film «Les Assassins sont Parmi Nous», devait s’appliquer à eux. Pas d’équivoque en tout cas en 1933 dans Le Testament du Docteur Mabuse puisque Lang place des slogans nazis dans la bouche de son héros criminel. En cette même année, Hitler prend le pouvoir, Goebbels, ministre de la propagande, offre à Lang, à sa grande surprise, la direction du cinéma allemand, pour faire «LE film nazi». Lang cherche à le dissuader, lui expliquant que ses grands-parents maternels sont juifs. Goebbels lui répond: «Ce qui est juif, nous le déciderons» . Le soir même, Lang quitte Berlin pour Paris. Un an plus tard, il gagne les Etats-Unis où il fera l’essentiel de sa carrière. Fritz Lang, admiré par la Nouvelle Vague française des années 60, est un des plus grands metteurs en scène de l’expressionnisme allemand des années 20, un des plus grands artistes du XX ème siècle.

Pour son premier film parlant, Lang choisit de peindre la société allemande à l’époque de la République de Weimar et s’inspire pour cela de l’histoire vraie du vampire de Düsseldorf (qui s’attaquait aux prostituées et non aux enfants). C’est le mélange de deux techniques cinématographiques différentes qui procure une vraie force au film, Lang mêle en effet expressionnisme et réalisme. L’expressionnisme vise à donner le maximum d’intensité expressive à une œuvre, principalement grâce au décor et à l’éclairage. Dans M, cela se traduit par exemple par l’ombre inquiétante de Peter Lorre lorsqu’il séduit la petite Elsie Beckman, par la main gantée de noir du chef de la pègre se posant violemment sur la carte ou lorsque, traqué, une plongée sur la rue de la Caisse d’Epargne montre le maudit cerné par trois mendiants. Quant au réalisme, Lang expose la société allemande de l’époque telle qu’elle est, en décomposition, en décadence, un pays prêt à accueillir la dictature.

Le personnage du Maudit est rongé par la folie, il est «obligé», ne reprend conscience qu’après avoir exécuté ses crimes innommables. Pourtant, Fritz Lang humanise cet être en plein désarroi, principalement grâce à la force du jeu de Peter Lorre. Sa performance dans la scène finale du «procès» est exceptionnelle. Ce film dénonce la pègre, certaines associations qui feront éclore le parti nazi. Dans la parodie de justice qui clôt le film, le Maudit apparaît en victime, il implore la pitié mais se heurte à la froide incompréhension de la pègre qui représente la justice dans tout ce qu’elle a de négatif, celle-ci se substitue au pouvoir, cherche une victime expiatoire alors qu’elle est elle-même composée de hors-la-loi. On retrouvera ce thème de la justice par le peuple dans Furie, que Lang réalisera en 1936.

M le Maudit est un chef-d’œuvre, un classique qui marque une date importante dans l’histoire du cinéma. Une efficacité qui n’a pas vieilli, un thème hélas d’une permanente actualité.

Alexis

 

 

La Môme
La Môme

Réalisateur: Olivier Dahan
Interprètes: Marion Cotillard (Edith Piaf), Jean-Pierre Martins (le boxeur Marcel Cerdan), Gérard Depardieu (Louis Leplée), Clotilde Courau (Annetta Gassion), Jean-Paul Rouve (Louis Gassion)…
Date de sortie: 14 février 2007
Genre: Biographie, Musical, Drame
Durée: 2h20
Nationalité: France

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Critique mise en ligne en fév. 2007

Une Môme étourdissante !

La Môme est une excellente adaptation de la vie de Piaf. De sa jeunesse à sa mort, de sa vie publique à son intimité, de ses moments de bonheur à ses plus grands malheurs, La Môme nous livre des instants très durs et très émouvants à la fois.
Née en 1915 en pleine Première guerre mondiale, son éducation passe de main en main. D’abord élevée par sa mère et sa grand-mère maternelle. Elle fut ensuite confiée à sa grand-mère paternelle qui tenait une maison close en Normandie. Elle y vécut quelques temps avant d’accompagner son père contorsionniste dans les cirques.
La petite Edith a eu une enfance tourmentée, pauvre et dénuée d’amour. Celle que la chanson a sauvée a débuté sa carrière dans la rue, avant de se faire remarquer par Louis Leplée (Gérard Depardieu), un gérant de cabaret chic… Désormais, elle devient La Môme Piaf. C’est le début de la gloire qui la conduira triomphalement… jusqu’à New York !

C’est à travers des flash-back maîtrisés qu’Olivier Dahan nous raconte le parcours «intérieur» d’Edith Piaf. On assiste à l’ascension de cette immense artiste qui a su tirer une force incroyable de ses blessures d’enfance. Une femme pour qui la chanson et la scène étaient toute sa vie. Une femme qui n’a vécu qu’une succession de drames et qui n’a jamais vraiment connu la vie en rose. Et pourtant… qui n’a cessé de prôner l’amour. Quelle leçon de vie extraordinaire ! La Môme marque aussi les esprits car il nous présente Piaf telle qu’elle était: naturelle, passionnée par le chant, aimante et pieuse, de même qu'impulsive, capricieuse et coléreuse. On découvre une femme dévastée par l’alcool et la drogue (la morphine). Une femme parfois très dure avec son entourage mais ô combien attachante. De plus, placées dans leur contexte, on comprend mieux le sens des chansons de Piaf et c’est d’autant plus bouleversant. Parmi lesquelles: Non, je ne regrette rien qu’elle chante à la fin de sa vie. Celle qui s’est éteinte à l'âge de 47 ans seulement est devenue une artiste populaire et universelle. Unique, Piaf reste inégalée à ce jour.

Naturellement, La Môme n’évoque pas toute la vie d’Edith Piaf. Notamment tous les hommes qu’elle a pu fréquenter tels que Yves Montand ou Charles Aznavour ne sont pas présents dans le film. Olivier Dahan se contente de nous dévoiler seulement les moments les plus forts de sa vie. Il a d’ailleurs réussi à rendre certaines scènes très intenses. Entre autres, celle où la très glamour Marlène Dietrich vient féliciter la chanteuse parisienne dans un piano-bar new-yorkais. De même que la magnifique scène en plan-séquence où Piaf apprend la mort de son amant Marcel Cerdan. Une scène particulièrement bouleversante. Ou encore lorsque Edith est toute petite et que son père lui offre la poupée dont elle rêvait…

Enfin, le casting est de très grande qualité. Marion Cotillard a peut-être joué ici le rôle de sa vie car elle est tout simplement Piaf ! Elle a réussi à s’approprier sa posture, sa gestuelle, son parler et ses mimiques. Une prestation exceptionnelle puisqu’elle incarne la chanteuse de ses 19 ans à sa mort ! Une vraie performance ! Les deux petites filles qui interprètent Edith Piaf à 5 ans (Manon Chevallier) et à 8 ans (Pauline Burlet) représentent quant à elles parfaitement la jeunesse marquée de la Môme Piaf. Je pense que nous pouvons largement parler de chef-d’œuvre. Tant par la réalisation soignée (les play-back sont minutieusement travaillés), la mise en scène, le jeu d’acteurs, les décors, l’ambiance et l’incroyable émotion qu’Olivier Dahan parvient à nous procurer.

En somme, ce film a permis – l’espace de deux bonnes heures – la réincarnation de Piaf ! On est littéralement emporté et c’est un pur bonheur ! Filmer Piaf était un pari risqué. Olivier Dahan a manifestement réussi son coup en signant une oeuvre cinématographique intergénérationnelle qui à mon avis va recevoir une pluie de récompenses bien méritées ! En tout cas, Marion Cotillard a mis la barre tellement haute qu’elle devrait aisément remporter le César de la Meilleure Actrice au Palmarès 2008 !

Ce film-événement essentiellement musical est à voir sans aucune hésitation au cinéma ! La dernière scène est d’ailleurs très poignante. L’émotion atteint progressivement son paroxysme. Puis, après un silence de plomb, le souffle coupé, profondément affectés, on applaudit tous la grande Piaf !

Ryad

 

 

Le Monde de Narnia: chapitre 1
Le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire Magique


Titre original: The Chronicles of Narnia: The Lion, the Witch and the Wardrobe
Réalisateur: Andrew Adamson
Interprètes: Georgie Henley (Lucy), Skandar Keynes (Edmund), Anna Popplewell (Susan), William Moseley (Peter), Tilda Swinton (Sorcière)…
Date de sortie: 21 décembre 2005
Genre: Fantastique, Aventure
Durée: 2h20
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en déc. 2005


La première scène nous plonge en plein coeur de la Seconde Guerre mondiale. Les allemands larguent des bombes sur l'Angleterre. La population effrayée se réfugie tant bien que mal dans caves et sous-sols. La famille Pevensie avec ses quatre enfants fait partie du calvaire. Leur père parti à la guerre, leur mère décide, pour les protéger, de les envoyer dans une famille d'accueil au nord de l'Angleterre. Ces enfants se retrouvent ainsi dans la grande maison d'un "professeur", gouvernée par une femme austère. Mais au bout du couloir, au fond d'une chambre vide, «l'Armoire Magique» et Le Monde de Narnia les attendent...

Nous voilà plongés dans un univers fantastique très divertissant. Narnia est tout un monde, avec ses créatures étranges et fabuleuses, ses règles et son rythme particuliers. Un monde où règne la magie, un monde où tout est possible, un monde où les animaux prennent la parole ! Le tout est embelli d'un paysage magnifique bondé d'animaux, où centaures, buffles guerriers, ours, loups, guépards... sans oublier le fameux Lion Aslan, cohabitent et échangent avec les Hommes. Pour tout dire une véritable prouesse d'effets spéciaux, mêlant prises de vues réelles et images de synthèse ! Le jeu d'acteurs – notamment celui des enfants – est également remarquable. On est littéralement emporté dans un monde magique, où la solidarité, le courage et le sacrifice sont mis en avant.

Il peut toutefois sembler un peu simple de voir ces "enfants" sans expérience, combattre assez facilement les guerriers maléfiques de la Sorcière Blanche et devenir des monarques. Ceci dit, on pourrait expliquer ce constat par la "prophétie" qui prédestinait le devenir de ces enfants.

Enfin, on pourrait comparer à tord Le Monde de Narnia avec Le Seigneur des Anneaux ou encore Harry Potter sous prétexte qu'il y a des enfants et des créatures fabuleuses. Mais Narnia n’a pas le même esprit, et ne produit pas la même ambiance.

Ce conte est le chapitre 1 d'une trilogie, mais on peut voir ce premier volet sans pour autant être contraint de voir les chapitres suivants. Ce film semble être assez indépendant et offre une fin propre.
Encore une belle création de Walt Disney, qui repousse une fois de plus les limites du possible.

«L'Armoire Magique» est une adaptation de l'un des sept volets de la célèbre saga littéraire «Les Chroniques de Narnia» créée par l'auteur irlandais Clive Staple Lewis.

Ryad

 

 

Mondovino



Réalisateur: Jonathan Nossiter
Date de sortie: 3 novembre 2004
Genre: Documentaire
Durée: 2h15
Nationalité: France, États-Unis

Critique mise en ligne en jan. 2006

Un tour du monde viticole inquiétant

Jonathan Nossiter, américain d’origine française, nous entraîne dans l’univers impitoyable du vin, dans lequel la World Company fait peu à peu son trou, dans lequel l’argent prend le pas sur le goût. Un voyage passionnant de la Californie à l’Italie, de la région Bourgogne à l’Argentine. Nossiter nous guide dans ce monde du vin, à travers ses protagonistes, qu’ils soient conservateurs d’une certaine culture ou milliardaires grâce à la standardisation du goût du vin.

La principale force de ce film est l’absence de manichéisme. La vérité sort de la bouche des protagonistes et non d’une voix off, le réalisateur ne les piège pas, les personnages sont juste mis à l’aise et s’expriment ainsi librement, il s’agit juste d’un constat. Il n’empêche que l’on cerne très rapidement dans cette galerie de personnages qui sont les protecteurs du goût et qui sont les profiteurs du système. Mais il est nécessaire de le répéter: il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre.

En fil rouge: Michel Rolland, œnologue et consultant auprès d’une centaine de familles. Un gars sympa avec qui on a envie de boire un coup, un peu de vin qui ne sera pas mauvais, ce ne sera pas de la piquette mais ce vin aura un goût commun, standardisé car c’est son job : faire vendre la production et il sait le faire à merveille grâce à une technique identique pour tout le monde, afin de produire un vin conforme aux goûts de l’immense majorité, «il faut oxygéner», conseille-t-il toujours.

La ballade continue outre-atlantique avec la toute-puissante famille Mondavi. On dirait les Corleone dans le monde du vin, il ne serait pas étonnant de découvrir qu’ils obtiennent leurs moindres désirs grâce à des têtes de chevaux morts... Dans cette lignée des personnages un peu «suspects», on trouve quelques aristocrates italiens nous expliquant que Mussolini a fait de grandes choses pour l’Italie. Il y a aussi Robert Parker, big boss de la critique œnologique, qui fait ou défait la réputation d’un vin, dont on ne sait trop quoi penser, il aime le vin de Michel Rolland donc le vin qui ne correspond pas à une culture particulière. Et M. Léon, son job: «winemaker».

De l’autre côté, les petits producteurs de vin, garants d’une certaine tradition, ignorant les intérêts économiques, dont le seul but est la qualité du vin. J’ai un faible pour le vieil italien qui philosophe sur la vie, à travers une analyse implacable du monde du vin.

Ce documentaire n’est jamais ennuyeux, il ne s’adresse pas spécifiquement aux experts (j’en suis la preuve) mais aussi à tous ceux qui se sentent concernés par l’uniformisation des traditions.

Alexis

 

 

Mon nom est Tsotsi
Mon nom est Tsotsi

Titre original: Tsotsi
Réalisateur: Gavin Hood
Interprètes: Presley Chweneyagae (Tsotsi), Mothusi Magano (Boston), Percy Matsemela (Sergent Zuma), Jerry Mofokeng (Morris), Nambitha Mpumlwana (Pumla Dube)...
Date de sortie: 19 juillet 2006
Genre: Drame, Thriller
Durée: 1h34
Nationalité: Afrique du Sud, Grande-Bretagne

Critique mise en ligne en août 2006

Tsotsi a 19 ans. Il vit en Afrique du Sud. Son enfance a été très difficile. Elle se répercute sur sa vie d'adulte. Pour gagner de l'argent, il braque et tue les riches. Un jour, il vole la voiture d'une femme. Dans celle-ci se trouve un bébé. Il va s'attacher à ce bébé, s'en occuper comme un père, devenant par là-même adulte. Longtemps caïd impitoyable, Tsotsi cherche désormais la rédemption, sa nouvelle résolution étant de faire le bien autour de lui. Pour tout dire, cette métamorphose de Tsotsi est un peu trop rapide. Le scénario est donc parfois improbable, mais j'ai apprécié qu'il le reste jusqu'à la fin, que le metteur en scène sud-africain ne se fourvoie pas en cédant à une fin (que je pensais) évidente et qu'il ne se détourne pas de ses bonnes intentions. Son message d'espoir, de tolérance est parfaitement transmis. Les gens peuvent changer, ils peuvent être influencés positivement. La vie – un bébé – est assez belle pour vouloir surmonter les difficultés.

L'arrière plan de cette belle histoire est constitué des bidonvilles de Johannesburg. Le contraste social entre la partie riche et développée du pays et celle habitée de bidonvilles sales et pauvres est saisissant. Dans ces zones respire une vraie détresse sociale qui n'est bien sûr pas propice à l'éducation, dans laquelle les enfants manquent de repères et qui conduit parfois vers la violence. Il est aussi intéressant de voir les origines de ces hommes, par exemple Boston, un instituteur qui a échoué. L'interprétation est remarquable, parfaite de vérité, principalement l'acteur jouant Tsotsi, Presley Chweneyagae. Oscar du meilleur film étranger, Mon nom est Tsotsi est plein de tension et d'émotions. Dans le contexte si terrible des bidonvilles sud-africains, cette histoire est une sorte de conte de fée.

Alexis

 

 

Le Mystère Von Bulow
Le Mystère Von Bulow

Titre original: Reversal of Fortune
Réalisateur: Barbet Schroeder
Interprètes: Jeremy Irons (Claus Von Bulöw), Glenn Close (Sunny Von Bulöw), Ron Silver (Alan Dershowitz), Annabella Sciorra (Sarah), Uta Hagen (Maria)...
Date de sortie: 9 janvier 1991
Genre: Policier
Durée: 1h50
Nationalité: États-Unis, Japon

Critique mise en ligne en sept. 2008

Au début des années 80, l'avocat Alan Dershowitz est engagé par le multimillionnaire Claus Von Bülow accusé de tentative de meurtre sur son épouse Sunny. Cette dernière, suite à une overdose d'insuline, est plongée dans un coma profond. L'intègre professeur juif Dershowitz défend l'aristocrate d'origine danoise Von Bülow dans la deuxième phase du procès, celle de l'appel.

L'enquête, vue sous plusieurs angles, pénètre dans l'intimité du couple richissime et permet de dépeindre quelques originalités de la vie mondaine. Le metteur en scène Barbet Schroeder utilise pour cela le flash back. Aussi, il ne prend jamais partie, présentant tous les éléments de cette histoire passionnante. Le spectateur se demande donc jusqu'à la fin où se situe la vérité… Les apparences peuvent parfois être trompeuses ! Cela donne un film délicieusement intrigant, à l'image de la dernière scène, superbe, qui démontre toute l'ambiguïté de Claus Von Bülow.

Sorti en salles en 1991, Le Mystère Von Bülow tire son origine d'une histoire vraie qui avait alors défrayé la chronique aux États-Unis. C'est une adaptation du livre écrit en 1985 et intitulé « Reversal of fortune » (qui est aussi le titre original du film) du vrai professeur de droit Alan Dershowitz. Porté par une très belle musique de générique, mélodieuse et mystérieuse, et avec la bonne idée de faire parler, même après sa "mort", la névrosée Sonny Von Bülow (Glenn Close), Barbet Schroeder disperse suspense et humour sibérien dans son oeuvre.

Il s'agit d'un film élégant et froid, à l'image de son personnage central, Claus Von Bülow, homme charmeur, glacial et arrogant. Son flegme est suspect. Son intelligence et son cynisme sont fascinants. Dans la peau du comte Von Bülow, on retrouve l'acteur britannique Jeremy Irons qui a reçu l'Oscar du meilleur acteur en 1990 pour sa performance exceptionnelle. J’adore revoir ce film essentiellement pour son interprétation: Irons est à mon avis tout simplement parfait !

Alexis

 


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