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Jackie Brown

Jeepers Creepers 2, le chant du diable

Le jour d'après

Je ne suis pas là pour être aimé

Jesus Camp

Je vais bien, ne t'en fais pas

Je vous trouve très beau

 

Jackie Brown
Jackie Brown


Réalisateur: Quentin Tarantino
Interprètes: Pam Grier (Jackie Brown), Samuel L. Jackson (Ordell Robbie), Robert Forster (Max Cherry), Michael Keaton (Ray Nicolette), Robert De Niro (Louis Gara)...
Date de sortie: 1er avril 1998
Genre: Policier
Durée: 2h30
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en oct. 2007

Jackie Brown est une hôtesse de l'air travaillant pour le trafiquant d'armes Ordell Robbie. Suite à une arrestation par la police, elle va bientôt rencontrer le prêteur de caution Max Cherry. Avec ce dernier, Jackie va tenter de piéger Ordell et la police.

Robert Forster en prêteur las de son travail et Pam Grier également usée de son boulot d'hôtesse: un charme immense sort de leur prestation ! Jackie Brown a permis de faire reparler de ces deux acteurs des années 70 et de leur donner leur meilleur rôle. Robert Forster joue génialement le quinquagénaire cool mais réfléchi, désabusé mais audacieux. Pam Grier, l'ex Coffy, héroïne des films de blaxploitation, est absolument exceptionnelle en quadragénaire fragile mais sûre d'elle. Robert De Niro interprète Louis, l'"ami" peu bavard, vieux et fatigué d'Ordell, surtout dans la gestuelle et est assez bluffant.

J'aime particulièrement la longue séquence concernant Beaumont, un ami d'Ordell ou plutôt "un employé dont il a dû se séparer", séquence qui commence par un entretien plein d'humour entre Beaumont et Ordell, qui se poursuit par une scène remarquablement filmée à la grue, par une danse sur la musique entraînante des Supremes et qui se termine par une discussion entre Ordell et Louis, filmée depuis le coffre d'une voiture. On retrouve cette dernière technique dans chaque film de Tarantino: Uma Thurman, à la fin de Kill Bill 1, Michael Madsen, Steve Buscemi et Harvey Keitel dans Reservoir Dogs, Samuel L. Jackson et John Travolta dans Pulp Fiction ; même dans Boulevard de la mort, Tarantino ne déroge pas à son habitude !

Adaptation du roman "Punch Creole" d'Elmore Leonard, Jackie Brown peut paraître déroutant à la première vision. Car le grand Quentin Tarantino nous désoriente volontairement: une histoire centrale qui met du temps à se mettre en place, de longs dialogues surtout utiles à la compréhension des personnages, une stratégie (celle mise en place par Jackie) tellement bien ficelée qu'on ne peut pas percevoir tous les détails la première fois. Il s'agit donc d'une œuvre qu'on apprécie davantage à la deuxième vision qu'à la première.

Puissant film policier remarquablement construit, Jackie Brown est également un magnifique portrait de femme et une belle histoire d'amour entre deux quadro-quinquagénaires. Avec quelques dialogues plus sérieux, parfois existentialistes (les conséquences de l'âge), Tarantino se plonge davantage à l'intérieur des personnages que dans Pulp Fiction. Très différent de ses deux premiers films, Jackie Brown offre à nouveau des répliques brillantes, une musique soul bien adaptée à l'ambiance du film, un casting de luxe et un scénario redoutablement efficace.

Alexis

 

 

Jeepers Creepers 2
Jeepers Creepers 2, le chant du diable


Titre original: Jeepers Creepers 2
Réalisateur: Victor Salva
Interprètes: Ray Wise (Taggart), Jonathan Breck (le Creeper), Eric Nenninger (Scott Braddock)...
Date de sortie: 04 février 2004
Genre: Épouvante-Horreur
Durée: 1h46
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en fév. 2006


Si vous voulez louer un film d’épouvante un soir pour avoir quelques frayeurs, et que vous tombez sur Jeepers Creepers, passez votre chemin !
Ce film ne remplit aucunement son «rôle», car il ne fait absolument pas peur ! Certaines personnes pourront éprouver quelques frayeurs, mais il faut être assez craintif et novice pour être atteint.
Le scénario de ce film est très simpliste, manque cruellement d’originalité, et le pire c’est qu’il reprend les mêmes concepts que les précédents films d’horreur. Le fameux monstre ne fait même pas peur, il y a trop de longueurs, et l’ambiance si particulière que doit contenir un film d’horreur est absente.
L’histoire de Jeepers Creepers 2 peut se résumer sans trop d’omission de ma part dans ces deux phrases: une créature maléfique apparaît tous les 23 ans des profondeurs de la Terre et se nourrit de proies humaines pendant 23 jours. Le monstre, alors qu’il ne lui reste plus qu’un jour avant de retourner sous terre, croise sur son chemin un car scolaire tombé mystérieusement en panne… Et pendant tout le film, il va s’attaquer à cette équipe de Basket, composée selon des variables d’équilibre de couleurs et des styles à la façon américaine, c'est-à-dire, de noirs, de blancs, de maigres, de gros, de personnes sévères et imposantes, d’autres qui s’effacent… Franchement, mis à part reprendre des clichés clés en main, ce film n’a rien de novateur, n’use d’aucune créativité et d’originalité, on aurait vraiment pas pu faire pire !

Ryad

 

 

le_jour_d_apres
Le jour d'aprés

Titre original: The Day After Tomorrow
Réalisateur: Roland Emmerich
Interprètes: Dennis Quaid (le professeur Jack Hall), Jake Gyllenhaal (Sam Hall), Ian Holm (Terry Rapson), Arjay Smith (Brian Parks), Austin Nichols (J.D.)...
Date de sortie: 26 mai 2004
Genre: Science Fiction
Durée: 2h
Nationalité: États-Unis

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en avril 2008

Le jour d'après, sorti en 2004, est l'un des premiers blockbusters hollywoodiens à traiter du réchauffement de la planète. Type même de superproduction catastrophe à voir sur grand écran, ce film est servi à merveille par les effets spéciaux d'Industrial Light & Magic. A ce titre, l'image de la statue de la liberté entourée d'eau, puis gelée, est tout à fait impressionnante.

Hélas, de nombreuses incohérences apparaissent dans ce film qui, en conséquence, manque de réalisme: l'extrême rapidité de l'enclenchement des phénomènes climatiques, les réfugiés dans la bibliothèque qui brûlent des livres pour se réchauffer… et non les tables et chaises alentour, la fin du film qui laisse penser que les effets du réchauffement de la planète, après la catastrophe qui vient de se passer, sont plus ou moins terminés, etc. De plus, le réalisateur américain Roland Emmerich ne quitte pas dans Le jour d'après le genre de sentiers déjà battus dans ses précédents films Independance day ou Godzilla, avec par exemple l'histoire d'amour naissante entre les protagonistes ou le savant isolé et incompris puis reconnu tardivement de tous.

Pour autant, Le jour d'après n'est pas plus mauvais qu'un Armageddon ! En effet, outre un thème fondamentalement actuel mais peu abordé au cinéma et un grand spectacle visuel, l'évocation de l'exil forcé des populations américaines vers le Mexique est très intéressante. Il faut bien se rappeler que les frontières ne sont qu'une invention de l'homme, que la Terre, vue du ciel, n'en comporte aucune (si ce n’est entre terres et mers) et que, bien évidemment, le réchauffement de la planète ne les prend pas en compte.

Alexis

 

 

Je ne suis pas là pour être aimé


Réalisateur: Stéphane Brize
Interprètes: Patrick Chesnais (Jean-Claude Delsart), Anne Consigny (Françoise), Georges Wilson (le père de Jean-Claude), Lionel Abelanski (Thierry), Cyril Couton (le fils de Jean-Claude)…
Date de sortie: 12 octobre 2005
Genre: Comédie Dramatique
Durée: 1h33
Nationalité: France

Critique mise en ligne en déc. 2005


Voilà un beau film, humain et drôle, avec une interprétation subtile autour du thème de l’absence de communication.
Jean-Claude Delsart est huissier de justice, il mène une vie monotone et n’est pas heureux dans son travail, vocation transmise de père en fils. Il n’y a précisément que deux personnes dans sa vie : son père aigri avec qui il joue au Monopoly tous les dimanches et son fils à qui il tente d’apprendre son métier (qui reçoit dans ce film la plus mauvaise des publicités). Son médecin lui conseille de faire du sport, il choisit le tango, dans une école en face de chez lui. Delsart est interprété par Patrick Chesnais, fidèle à lui-même dans un personnage désabusé. Il transmet beaucoup d’émotions avec peu de dialogues, ce qui correspond parfaitement au rôle et à son jeu d’acteur.
Françoise est conseillère d’éducation, elle apprend le tango pour pouvoir le danser avec son compagnon à son futur mariage. Elle est interprétée par Anne Consigny, lumineuse.
Ils se rencontreront donc dans ce cours de tango, d’où un amour compliqué naîtra, en particulier lorsque Jean-Claude apprendra l’existence du futur mari.
Un film plein de pudeur, une bonne comédie dramatique mais qui manque un peu de relief, raison pour laquelle il risque de se faire oublier avec le temps.

Alexis

 

 

Jesus Camp
Jesus Camp


Réalisateur: Heidi Ewing, Rachel Grady
Date de sortie: 18 avril 2007
Genre: Documentaire
Durée: 1h25
Nationalité: États-Unis

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en juillet 2007

"Who is in the house?"  "J.C !!!"

Dans l'Amérique profonde, une communauté évangélique radicale organise un "Jesus camp", une sorte de colonie de vacances pour célébrer le Christ. La comparaison avec les enfants en Palestine est récurrente: il s’agit en fait du même endoctrinement de base. Le contexte est différent donc ces jeunes n’iront certainement tuer personne mais tout ça amène à beaucoup d'intolérance. C’est peut être ce type d’endoctrinement qui amène Georges Bush à régulièrement et dangereusement préciser que ses faits politiques se font pour Dieu ou au nom de Dieu. Ce cher Bush est d'ailleurs très aimé par cette communauté. Les jeunes prient ainsi avec ferveur devant une pancarte à son effigie. Cela ressemble étrangement à de l'idolâtrie, pas vraiment une valeur reconnue par la Bible...

L'animateur radio est la voix de la réalisatrice, il exprime sa pensée. La réalisatrice ne juge pas… ou peu. Les images et la musique (qui aurait pu être ici dispensable) sont toujours une forme de manipulation. Donc effectivement, on pourrait dire qu’il y a de la manipulation de la part de la réalisatrice mais celle-ci n’est pas comparable avec celle exercée par la prêtresse du camp, Becky Fischer. Faire culpabiliser des enfants (pour rien mais "tellement" au regard de Dieu) au point de les faire pleurer, c'est inadmissible. Becky Fisher ne récuse d'ailleurs pas le terme d’endoctrinement, elle l’assume même.

Becky Fisher, avec l’aide des parents des enfants, fait preuve d’obscurantisme, s’opposant notamment à la diffusion des connaissances scientifiques : négation du réchauffement de la planète, de la théorie darwinienne de l’évolution. Et elle tient à ce que les enfants prennent conscience que le sorcier Harry Potter, c'est mauvais… De plus, le vocabulaire utilisé par ces laveurs de cerveau fait parfois penser à une lutte contre les autres religions.

Même si ce phénomène d’embrigadement n'est peut être que marginal, car bien sûr tous les américains ne sont pas ainsi et tous les chrétiens ne sont pas ainsi, ces camps n’en restent pas moins effrayants et insupportables. Ce que fait Becky Fisher me paraît contraire aux valeurs du christianisme.

Alexis

 

 

Je vais bien, ne t'en fais pas
Je vais bien, ne t'en fais pas


Réalisateur: Philippe Lioret
Interprètes: Mélanie Laurent (Lili), Kad Merad (Paul), Julien Boisselier (Thomas), Isabelle Renauld (Isabelle), Aïssa Maïga (Léa)...
Date de sortie: 6 septembre 2006
Genre: Drame
Durée: 1h40
Nationalité: France

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Critique mise en ligne en sept. 2006

A son retour de vacances, Lili, 19 ans, apprend que son frère jumeau, Loïc, est parti de la maison familiale, suite à une dispute avec son père. Pourtant habituellement proche d'elle, il ne la contacte pas. Ce manque de nouvelles va l'inquiéter, la toucher fortement, l'amenant même à ne plus manger. Le médecin décide alors de l'hospitaliser. Puis une lettre de son frère va arriver. Le scénario, qu'il ne faut pas dévoiler davantage, prévoit des retournements de situation très forts.

L'atmosphère du film est pesante et cette question revient sans cesse: que s'est-il passé entre Paul et son fils pour provoquer ce départ ? Difficile de dire la vérité. Paul et Isabelle ne savent pas comment réagir face à la souffrance qu'éprouve leur fille, ni la douleur que pourrait lui provoquer la disparition définitive de Loïc... Difficile pour les parents de tout faire pour sauver leur fille. Sont-ils d'ailleurs les mieux placés pour l'aider ? Ses amis Thomas et Léa sont peut être plus proches d'elle, la comprennent mieux et disposent de davantage de possibilités. Le père a cette force, si difficile à supporter, d'accepter de tout prendre sur lui, de dire qu'il est le seul coupable du départ de son fils. Quand il écoute la musique de son fils, il a envie de pleurer et surtout de lui dire qu'il l'aime. Ce film parle de sujets importants qui peuvent provoquer, au sein d'une famille, de la tristesse et parfois même des drames: le manque de dialogue, les silences et la pudeur qui empêchent de dire à nos proches qu'on les aime.

Tout est formidable dans Je vais bien, ne t'en fais pas: la sobriété de la mise en scène de Philippe Lioret, le scénario sans pathos et les dialogues intelligents, la très belle chanson phare, "Lili", du groupe Aaron, et surtout l'interprétation, principalement l'humoriste Kad Merad, très émouvant dans le personnage du père brisé et Mélanie "Lili" Laurent, tellement belle et intense qu'on ne peut douter de la grande réussite de la suite de sa carrière. Ce film, par la qualité du scénario et les fortes émotions qu'il provoque, nous tient en haleine comme dans un bon thriller. C'est un drame familial qui est en même temps une très belle histoire d'amour intrafamiliale. On en sort bouleversés. Du grand art !

Alexis

 

 

Je vous trouve très beau
Je vous trouve très beau


Réalisateur: Isabelle Mergault
Interprètes: Michel Blanc (Aymé Pigrenet), Medeea Marinescu (Elena), Wladimir Yordanoff (Roland), Benoît Turjman (Antoine)...
Date de sortie: 11 janvier 2006
Genre: Comédie Dramatique
Durée: 1h37
Nationalité: France

Critique mise en ligne en jan. 2006

Le "soleil" venu d’Europe de l’Est !

C'est Michel Blanc qui tient le rôle principal de ce premier film d'Isabelle Mergault. Son naturel, sa simplicité et sa spontanéité correspondent parfaitement au rôle qu’il incarne dans le personnage d’Aymé Pigrenet.
Cet homme, authentique fermier, passant la majorité de son temps sur son tracteur, à s’occuper des bêtes et à faire les comptes… mène une vie dure et triste. Par-dessus tout, il va accidentellement perdre sa femme, mais il n’a aucun chagrin, si ce n’est qu’il va avoir plus de travail à la ferme. Très vite, il se rend compte qu’il n’y arrivera pas tout seul, et fait appel à une agence matrimoniale. Mais les critères de sélections d’Aymé Pigrenet se limitent à la recherche d’une femme solide et robuste, sachant l’épauler à entretenir sa ferme. Au vu de ces «critères», la directrice de l’agence lui propose d’aller chercher une fille en Roumanie, où la plupart sont prêtes à tout pour quitter leur vie misérable et venir en France. Il n’a pas d’autre choix que d’accepter sous peine de ne trouver personne… et le voilà parti en Roumanie.
De là, il revient avec Elena, une charmante jeune fille qui ne va pas tarder à attirer l’attention dans tout le village. Progressivement, Aymé, paysan rustre qui n’a jamais connu l’amour, va apprendre à connaître Elena et découvrir qu’il a des sentiments pour elle…

Voilà un film très émouvant, drôle et authentique. Ça fait vraiment du bien de voir des films comme ça, et ils se font assez rares… Pour moi, Je vous trouve très beau est la surprise de ce début d’année 2006 ! On découvre aussi une actrice roumaine craquante, drôle, émouvante, très expressive, et qui incarne son rôle avec fraîcheur ! Son talent – déjà reconnu en Roumanie – illumine l’écran. Elle ravive la vie à la ferme par sa simple présence. Notons que la jeune actrice a appris le français en moins de 6 mois, pendant le tournage !
Ce qui est bien dans ce film – et cela relève du talent d’Isabelle Mergault – c’est qu’il y a des situations qui s’expliquent d’elles-mêmes. Parfois, un silence, des regards croisés, ou un simple soupir, peuvent nous faire comprendre bien plus de choses qu’à travers des mots. Ici, des situations parlent d’elles-mêmes, transmettent des émotions, témoignent de la difficulté du travail à la ferme… et cela sans le moindre dialogue. Dans cette ambiance, dans ce rythme, on finit par s’attacher aux acteurs.
Je vous conseille vivement ce film simple, mais touchant, sensible et agréable. On en sort profondément ravi et de bonne humeur !

Enfin, contrairement à la critique du Monde faite par Isabelle Regnier, je ne pense pas qu’Isabelle Mergault ait voulu dépeindre «une vision méprisante du monde rural français». Au contraire. A mon sens elle essaie de rendre compte de situations contemporaines bien réelles, où certaines personnes dépendent encore exclusivement de leur terre, vivent dans la solitude, la tristesse... Ce n’est donc pas si caricatural que ça, et ce n’est pas l’essentiel.

Bref, pour une première réalisation d’Isabelle Mergault, autant dire que c’est réussi et que ça promet !

Ryad

 


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