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I

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Il était une fois en Amérique

Indigènes

Les Infiltrés

In Her Shoes

Inside Man - L'homme de l'intérieur

Intolérable cruauté

In the Mood for Love

Into the Wild

 

Il était une fois en Amérique
Il était une fois en Amérique

Titre original: Once upon a time in America
Réalisateur: Sergio Leone
Interprètes: Robert De Niro (David "Noodles" Aaranson), James Woods (Max), Elisabeth McGovern (Deborah), Treat Williams (Jimmy O'Donnell), Tuesday Weld (Carol), William Forsythe (Cockeye), James Hayden (Patsy) …
Date de sortie: 23 mai 1984
Genre: Drame, Policier
Durée: 3h40
Nationalité: États-Unis, Italie

Critique mise en ligne en avril 2006

Le septième art à son apogée

 

Sergio Leone décède en 1989, à l'âge de 68 ans. Il était une fois en Amérique est son dernier film, son meilleur, un authentique chef d'œuvre ! C’est l’histoire d’une amitié trahie, de gamins qui ont cru pouvoir faire le mal en toute innocence, la destinée de quatre gangsters de 1922 à 1968. C’est une peinture de l’évolution de la société américaine, à travers les destins de ces jeunes ambitieux. David "Noodles" Aaranson revient à New York, dans le quartier juif du Lower East Side et se souvient de son enfance, avec ses amis "Patsy", "Cockeye", Max, Dominic, de sa passion pour Deborah, de son ascension dans la mafia new yorkaise pendant la période de Prohibition.

Le cinéaste italien nous transporte dans ce film sur un demi-siècle d’histoire criminelle de l’Amérique, à travers l’évocation de ces personnages violents et attachants. Le montage, avec de superbes et limpides flash-back, ainsi que le récit, subtilement construit, permettent de lier trois grandes époques: les années 1920 correspondant à l’adolescence des personnages, phase difficile où se tracent déjà les destins ; les années 1930, période d'enrichissement durant la Prohibition ; les années 1960 annonçant les prémices de la vieillesse. Sergio Leone établit donc un parallèle entre l’évolution de ces jeunes caïds et celle des États-Unis. Le film nous décrit l'aggravation progressive de la corruption et du crime avec par exemple la transition du gendarme combinard des années 1920 au gangstérisme des années 1960. Leone exprime ainsi son sentiment mélancolique envers la face obscure du rêve américain, il semble regretter le gangstérisme d'autrefois et cette période plus innocente des années 1920. La musique, plus légère durant la première période, contribue à ce sentiment.
 
Ce chef d'œuvre l’est surtout du fait d’un regard désillusionné sur la vie. C'est le regard absent, désappointé de Noodles, personnage magistralement interprété par Robert De Niro (l'acteur superlatif, mon préféré), qui occupe donc la place centrale de cette fresque. Un maquillage assez discret et des cheveux argentés lui permettent de jouer ce rôle à différents âges. Noodles est l'incarnation de l'homme ordinaire, nostalgique de sa jeunesse, trahi par ses proches alors qu'il croyait fermement en l'amitié, en la fidélité au serment. Il n’a pas d’ambition particulière, il a des pensées idéalisées et ne pense qu’à plaire à Déborah (Elisabeth McGovern, gracieuse et attendrissante).

Il était une fois en Amérique multiplie les scènes d'anthologie, à commencer par celle où les moments clés de la période de la Prohibition sont reliés par vingt-quatre sonneries de téléphone. Puis celle où Dominic tombe sous les balles de Bugsy, chef d'un clan rival, avec ces dernières paroles: "I slipped Noodles !" ("J'ai glissé Noodles"). L'un des moments les plus touchants du film ! La scène où Noodles tourne longuement et bruyamment sa cuillère dans sa tasse de café est parfaite de tension. Un autre moment magnifique de mélancolie et de nostalgie a lieu lorsque Noodles, vieilli, se retrouve face à la brèche par laquelle, enfant, il épiait Déborah.
La rencontre finale entre Noodles et Max (James Woods, imposant, sûrement son meilleur rôle) clôt et résume ce film sur la mémoire, sur l'amitié et ses désillusions. Le sourire de fin de Noodles dans la fumerie d’opium est synonyme de déconvenue, nous incitant à nous échapper de la difficile et souvent cruelle réalité au bénéfice d'un bonheur fabriqué, postiche même. A moins que ce film, qui commence et se termine dans une fumerie, ne soit qu’un simple cauchemar…

Ce film n’aura pas le succès qu’il mérite: aux États-Unis, il sera honteusement tronqué et dans le reste du monde, la durée (3h40) en fera fuir beaucoup. Mais Il était une fois en Amérique ne présente ni longueurs ni plans gratuits. On ne ressent jamais d’ennui, Leone alterne avec perfection les scènes violentes et les scènes d’émotion, la musique, notamment d’Ennio Morricone, nous berçant de nostalgie. Peut être la plus belle bande originale de l’histoire du cinéma. Ce film fait partie de ceux qu’on apprécie davantage à chaque visionnage. Une oeuvre inoubliable. Un film dont personne ne sort indifférent.

Alexis

 

 

Indigènes
Indigènes

 

Réalisateur: Rachid Bouchareb
Interprètes: Jamel Debbouze (Saïd), Samy Naceri (Yassir), Roschdy Zem (Messaoud), Sami Bouajila (Abdelkader), Bernard Blancan (Martinez)...
Date de sortie: 27 septembre 2006
Genre: Guerre
Durée: 2h08
Nationalité: France

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en oct. 2006

Les deux forces principales de ce film de guerre, signé du metteur en scène français Rachid Bouchareb, résident dans son interprétation et dans le message qu'il transmet.

Ce film possède un vrai poids sur notre mémoire collective. L'histoire se passe durant la seconde guerre mondiale: des africains sont engagés dans l'armée française mais ils n'auront pas les mêmes droits que les combattants français et ne seront pas récompensés financièrement de leurs efforts à la fin de la guerre. Combattre pour le drapeau français, contre le nazisme, pour la liberté ! Indigènes permet de lutter, soixante ans après la fin de la guerre, contre l'injustice. Le message transmis est fort. Ce film prend au cœur et a permis à Jacques Chirac d'annoncer ces derniers jours qu'il allait revaloriser les pensions des anciens combattants étrangers, gelées depuis 1959. Voilà une preuve que l'art cinématographique peut parfois faire bouger les choses !

L’interprétation est remarquable. Sami Bouajila, Bernard Blancan, Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Samy Naceri sont les acteurs principaux et ont reçu à juste titre un prix collectif d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2006. Ils expriment bien toute la peur qui habite leurs personnages. Une seule chose m'a déplu lorsque je suis allé voir Indigènes au cinéma: dans la salle, les spectateurs riaient à toutes les apparitions de Jamel Debbouze. Ce dernier a-t-il un accent particulier lorsqu'il parle arabe ? Est-ce cela qui les fait rire ? Ou est-ce leur bêtise à systématiquement assimiler Jamel à l'humour ? Très pénible en tout cas d'entendre ces rires dans ce film si triste. Surtout que Jamel est, avec Sami Bouajila, le comédien qui m'a le plus touché dans cette très belle leçon d'histoire !

Alexis

A voir également: la chronique sur Indigènes, par Amine.

 

 

Les Infiltrés
Les Infiltrés

Titre original: The Departed
Réalisateur: Martin Scorsese
Interprètes: Leonardo DiCaprio (Billy Costigan), Matt Damon (Colin Sullivan), Jack Nicholson (Frank Costello), Mark Wahlberg (Dignam), Martin Sheen (Oliver Queenan)...
Date de sortie: 29 novembre 2006
Genre: Policier
Durée: 2h30
Nationalité: États-Unis

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en déc. 2006

A Boston, la police infiltre la bande du très puissant mafieux Frank Costello, qui lui-même possède une "taupe" dans la police, au sein de l'Unité des Enquêtes Spéciales. Les infiltrés se nomment Billy Costigan et Colin Sullivan, deux jeunes ambitieux ayant grandi dans le même quartier sans jamais se rencontrer. Les deux hommes vont bientôt avoir la même mission: déceler l'identité de l'autre.

Au centre de l'histoire des Infiltrés se trouve le parrain Frank Costello (interprété par le grand Jack Nicholson). Costello est un truand cabotin et pervers, dont les principales activités sont de tuer et baiser. Un vrai taré hilarant pour le spectateur mais flippant pour les autres personnages du film. Billy Costigan a grandi dans une famille de gangsters, il ne lui est pas difficile d'infiltrer le gang de Costello à la demande des inspecteurs Queenan et Dignam. Il a beaucoup de mal à mener cette double vie. L'impeccable Léonardo DiCaprio montre bien toute la douleur intérieure de Costigan, personnage fragile mais déterminé. Son semblable dans le camp adverse est Colin Sullivan, flic ripoux et arrogant, joué par Matt Damon. Et si on ajoute Mark Wahlberg, en inspecteur agressif, Martin Sheen, en commissaire paternaliste et Alec Baldwin, en imposant chef de police, on obtient un casting de stars au sommet de leur performance !

Inspiré du thriller hongkongais Infernal Affairs, d'Andrew Lau, le nouveau film de Martin Scorsese est encore meilleur que ce que je m'attendais à voir. C'est un film policier psychologique, dans lequel les deux personnages principaux sont atteints d'une sorte de schizophrénie du fait de leur position impossible. Corruption, meurtre, mensonge, infidélité…chaque personnage a sa part d'ombre. Dans ce monde impitoyable, personne ne gagne. Les Infiltrés est magistralement mis en scène par Martin Scorsese qui parvient à maintenir le suspense jusqu'à la dernière minute et ainsi ne jamais laisser place à l'ennui. Le metteur en scène américain des Affranchis et de Casino nous offre 2h30 de grand divertissement, de suspense et d'humour. Du bonheur et au final un grand film !

Alexis

 

 

In Her Shoes


Réalisateur: Curtis Hanson
Interprètes: Cameron Diaz (Maggie Feller), Toni Collette (Rose Feller), Shirley MacLaine (Ella)...
Date de sortie: 16 Novembre 2005
Genre: Comédie
Durée: 2h10
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en déc. 2005

Synopsis

Maggie est convaincue que son seul atout dans la vie réside dans son art d'aimanter le sexe opposé. Dyslexique et certaine de n'avoir aucune aptitude intellectuelle, elle a toujours privilégié le maquillage aux livres. Sa principale qualité: savoir toujours dénicher la tenue idéale pour n'importe quelle occasion.
Rose, sa soeur, est en revanche une brillante avocate officiant dans un prestigieux cabinet de Philadelphie. Mais cette grande bosseuse a un point faible: son corps et ses incessantes variations de poids qui l'ont poussé depuis longtemps à renoncer à toute sorte de vie amoureuse. Son unique réconfort: les chaussures, car contrairement aux vêtements, elles lui vont toujours bien !
Tout oppose les deux soeurs, dont l'unique point commun est la pointure ! Après un violent clash, elles vont brutalement se séparer, puis se rapprocher... pour devenir inséparables !

Ici, Curtis Hanson s'investit dans un nouveau genre, très différent de L.A. Confidential ou de 8 Mile.
In Her Shoes est une comédie drôle, romantique et réaliste à laquelle on peut s'identifier. Pour une fois, Cameron Diaz ne joue pas uniquement la pouffe de service. On la voit comme tout l'monde payer les pots cassés et tirer leçon de ses erreurs.
In Her Shoes, signifiant "Dans ses chaussures", renvoie à l'expression "if I were in your shoes...", c'est à dire "si j'étais à ta place...", ce qui colle tout à fait au sentiment des deux soeurs qui voudraient forcer l'autre à changer de comportement.
In Her Shoes a aussi la particularité d'être un film "dans l'temps", qui a le vent en poupe. Il nous fait partager des moments d'humour et d'émotion, et dégage de phénomènes modernes une certaine humanité et sensibilité.
A travers le personnage de Maggie, quelqu'un qui ne sait que prendre et qui ne rend jamais rien, on a tendance à se remettre en question, ou à identifier le caractère d'une personne de notre entourage... ce qui fait qu'on comprend mieux Maggie, même si parfois, elle va un peu loin avec sa grande soeur...
On prend également conscience à travers ce film que la beauté peut être un atout dans notre société, mais aussi un masque, qui cache bien des souffrances...

Je vous conseille donc ce film sympathique et savoureux qui vous emportera pendant 2h10 au gré d'une histoire drôle et émouvante, sans le moindre ennui !

Ryad

 

 

Inside Man
Inside Man - L'homme de l'intérieur

 

Titre original: Inside Man
Réalisateur: Spike Lee
Interprètes: Denzel Washington (Keith Frazier), Clive Owen (Dalton Russell), Jodie Foster (Madeleine White), Willem Dafoe (capitaine Darius), Christopher Plummer (Arthur Case)…
Date de sortie: 12 avril 2006
Genre: Policier
Durée: 2h10
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en mai 2006

Inside Man est un film captivant du début à la fin, avec de nombreux rebondissements, j'essaierai donc de dévoiler l'histoire le moins possible. Le scénario est intelligent, ample, complexe, mais très bien ficelé et rendu finalement très compréhensible pour le spectateur. Cette histoire passionnante d'un braquage de banque et d'une prise d'otages est un divertissement très efficace mais aussi un film engagé. Il dénonce le racisme, les trafics d'influence, la paranoïa aux États-Unis liée aux attentats de 2001, les jeux vidéo ultra violents et les conséquences du passé (avec le personnage d'Arthur Case). Malgré le thème et les messages politiques, le film possède une atmosphère positive, notamment avec la musique qui ouvre et clôt le film. Cette musique indienne, issue de la bande originale du film bollywoodien Dil Se de Mani Ratnam, est très rythmée, entraînante, jouissive même, à l'image du film dans son entier. Il y a aussi de l'humour (non dénué de messages) dans ce film, avec par exemple l’otage sikh qui, lorsqu'il sort enfin de la banque, voit de nombreux policiers lui braquer une arme sur la tête et entend l'un d'entre eux crier : "Oh mon Dieu ! Un arabe !" Avec le détective Bill Mitchell, qui ne peut se retenir de dévorer des yeux les poitrines avantageuses lors des interrogatoires, l'otage cardiaque qui espère passer à la télévision ou encore la discussion (mise en scène de manière très stylisée) entre le "cerveau" du hold up, Dalton Russell, et un des otages, un gamin fan de jeux vidéo très violents.

La distribution est excellente. Clive Owen, et ses yeux verts perçants, a une présence exceptionnelle, un charisme énorme. Le masque et les lunettes de soleil qu’il porte pendant la majeure partie du film (idée géniale des braqueurs qui font porter à tous les otages le même costume, leur permettant de ne pas être reconnus par les policiers) nous offrent la possibilité d’apprécier plus particulièrement sa voix grave et douce (je ne parle pas de la voix doublée bien sûr), qui m'a beaucoup fait penser à celle de Nicolas Cage. Après He Got Game, sorti en 2000, Spike Lee retrouve son acteur fétiche Denzel Washington qui joue le rôle du négociateur Keith Frazier. Quant à Christopher Plummer, Willem Dafoe et Jodie Foster, ils sont comme à leur habitude formidables.

La mise en scène de ce braquage parfait, minutieusement préparé, est rythmée, parfois documentaire. Subsistent quelques clichés du genre, comme par exemple, le saut par-dessus le comptoir au début du hold-up ou le troupeau de voitures de police rapidement regroupées devant la banque. Spike Lee nous donne des indices mais aussi beaucoup de fausses pistes, ne dévoilant rien de l'histoire de ce film "de commande" (des studios Universal) où le suspense est présent jusqu'à la dernière minute. Inside Man est une réussite de film de braquage, un vrai régal !

Alexis

 

 

Titre original: Intolerable Cruelty
Intolérable cruauté

 

Titre original: Intolerable Cruelty
Réalisateur: Joel Coen
Interprètes: George Clooney (Miles Massey), Catherine Zeta-Jones (Marylin Rexroth), Julia Duffy (Sara Sorkin), Paul Adelstein (Wrigley), Richard Jenkins (Freddy Bender)...
Date de sortie: 19 novembre 2003
Genre: Comédie
Durée: 1h40
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en mai 2007

Marylin Rexroth est une jeune femme, croqueuse d'hommes riches. Elle les épouse uniquement pour leur argent. Miles Massey est un éminent avocat, spécialiste des divorces réussis. Une affaire va leur permettre de se rencontrer. Un impitoyable (mais désopilant) duel va commencer.

Marylin Rexroth possède une beauté et une attirance qui n'ont d'égal que sa cupidité et sa malignité. Cette prédatrice de riches est interprétée par Catherine Zeta-Jones, sublimissime. Malgré une certaine naïveté, Miles Massey est brillant et séduisant, à l'instar de George Clooney dont le talent comique est remarquable. Elégant, désinvolte et drôle, il montre depuis quelques films qu'il est une sorte de Cary Grant des temps modernes. Dans le cadre de la ville glamour de Los Angeles, l'envoûtante Catherine Zeta-Jones et le charmeur Georges Clooney forment un couple infernal !

En 2000, les frères Coen avaient dirigé Georges Clooney dans O'Brother, et c'était déjà très réjouissant. Trois ans plus tard, l'humour est toujours au rendez-vous. Les retournements de situation sont ici surprenants et jouissifs. Ce scénario diabolique donne un film très rythmé, irrésistible, où tout est exagéré, poussé à l'excès… jusqu'à ce que le rire du spectateur soit déclenché.

Cette comédie m'a paru légèrement trop courte, tout du moins la fin, qui surgit trop rapidement à mon goût. Mais peut être est-ce dû au fait que j'ai trouvé ce film tellement plaisant et ces personnages tellement enthousiasmants que je ne voulais pas que ça se termine…

Alexis

 

 

In_the_Mood_for_Love
In the Mood for Love

Titre original: Fa yeung nin wa
Réalisateur: Wong Kar-Wai
Interprètes: Tony Leung Chiu Wai (Chow Mo-wan), Maggie Cheung (Chan Li-zhen), Rebecca Pan (Madame Suen), Lai Chen (Monsieur Ho), Siu Ping-Lam (Ah-ping)...
Date de sortie: 8 novembre 2000
Genre: Romance
Durée: 1h38
Nationalité: Hong Kong, Chine, France

Critique mise en ligne en oct. 2008

En 1962, à Hong Kong, un homme et sa voisine découvrent que leurs propres conjoints entretiennent ensemble une relation (le spectateur n'aperçoit jamais les deux auteurs de l'adultère ; seules quelques voix hors champ se font entendre). Déçus et désemparés, ils vont se rapprocher puis éprouver des sentiments l'un pour l'autre. Mais, tous les deux mariés, bloqués par les règles sociales de l'époque, ils vont culpabiliser de cet amour pourtant non consommé.

La relation entre Madame Chan Li-zhen et Monsieur Chow Mo-wan (prix d'interprétation à Cannes pour Tony Leung, admirable, tout comme Maggie Cheung) est magnifique, car sincère et respectueuse. Mais nous assistons là à un amour impossible. Cette émouvante histoire d'amour ne deviendra donc qu'un cruel souvenir. Comme le montre la fin du film - j'ai dû faire quelques recherches pour bien saisir le sens - qui indique que, suivant une ancienne coutume, Chow Mo-wan scelle son secret en le murmurant dans le creux d'un mur, rebouché par un peu de terre.

La sublime bande originale, en particulier l'inoubliable "Yumeji's Theme" et l'ensorcelant "Angkor Wat Theme", est pour beaucoup dans la réussite du film, à voir absolument en version originale pour profiter pleinement de la beauté de la langue chinoise, même si les dialogues ne sont pas très nombreux. Cette musique est une des raisons principales de l'atmosphère si particulière de In the Mood for Love. L'enchantement est donc complet, par l'usage de la musique et par l'esthétisme de la mise en scène (utilisation de couleurs chaudes et d'effets visuels, notamment de ralentis). Au final, l'image est d'une splendeur comparable au Three Times d' Hou Sia Sien, mais le film de Wong Kar-Wai est moins ennuyeux et moins confus.

In the Mood for Love en devient une œuvre originale, envoûtante, ô combien romantique, sans rien de racoleur. Ils ne s'embrassent pas et voilà que toute la pudeur du film est à l'origine de sa beauté. Superbe !

Alexis

 

 

Into the Wild

Réalisateur: Sean Penn
Interprètes: Emile Hirsch (Christopher McCandless), Marcia Gay Harden (Billie McCandless), William Hurt (Walt McCandless), Jena Malone (Carine McCandless)...
Date de sortie: 09 janvier 2008
Genre: Aventure, Drame
Durée: 2h27
Nationalité: États-Unis

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en jan. 2008

Un aller simple au bout du monde


Inspiré d’une histoire vraie, Into the Wild raconte la vie extraordinaire de Christopher McCandless. Ce jeune homme de 22 ans, brillant étudiant à l’avenir prometteur, décide un jour de partir à l’aventure pour rompre avec la société de consommation.
Pendant deux ans, il sillonne le territoire américain et mexicain. Il ne vit de presque rien, fait des rencontres étonnantes et marque la vie des gens qu’il croise sur son passage.
Lors de cette expédition sauvage, Christopher fuit les grandes villes pour tenter de se rapprocher au plus près de la nature. Au fil du temps, le jeune homme éprouve le besoin d’aller encore plus loin, pour se retrouver avec lui-même. Il décide alors d’aller en Alaska pour vivre sa quête spirituelle…

Into the Wild raconte une histoire passionnante. Un voyage hors du commun qui nous transporte pendant 2h30 au cœur d'un paysage magnifique.
Sean Penn aura attendu presque dix années avant de réaliser cette oeuvre. Après avoir longuement hésité sur le choix de l'acteur principal, c’est finalement Emile Hirsch, dont l'interprétation est remarquable, qui l’emporte sur Leonardo DiCaprio.

Plus qu’un film, Into the Wild est une leçon de vie. Un message symbolique qui marque intensément les esprits.

Ryad

 


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