«Cette nuit-là, "il" est revenu»
Succès commercial (50 000 000 dollars) malgré son faible budget (300 000 dollars), Halloween est le film qui inventa le "slasher". Réalisé en 1978 par John Carpenter (également compositeur et co-scénariste), le créateur de The Thing.
Les treize (!) premières minutes du film sont exceptionnelles. Le célèbre thème musical inquiétant et inoubliable de John Carpenter retentit durant les deux minutes de générique. Ensuite, une longue séquence a lieu. La caméra avance, s’approchant d’une maison, on y voit une jeune fille fricotant avec un jeune garçon, on entre dans la maison, quelqu’un est en fait derrière la caméra, il s’agit d’un petit garçon (Carpenter utilise la caméra subjective), il prend un long couteau dans la cuisine, il monte les escaliers, on entend sa respiration. Il ramasse un masque laissé par terre. La tension est à son maximum ! Nul besoin de narration superflue: le pouvoir des images suffit ! Nous sommes en 1963, la veille d’Halloween, à Haddonfield, Illinois, États-Unis. Le gamin a six ans et s’appelle Michaël (Michel en VF !) Myers, il assassine froidement sa sœur Judith. Il est interné dans un asile psychiatrique où il se mure dans le silence.
Sept minutes sont passées et l’histoire a avancé de 15 ans, à la veille d’Halloween 1978. Smith’s Grove, Illinois. Le Docteur Sam Loomis (dont le nom vient du personnage joué par John Gavin dans Psychose, d'Alfred Hitchcock) se dirige vers l'hôpital afin de transférer «la chose». En plein cœur d'un puissant orage, tous les patients sont libres. Michaël Myers s’est échappé. Le Docteur Loomis part alors à sa recherche.
Haddonfield. Laurie, jeune étudiante, doit déposer des clefs dans l’ancienne maison «hantée» de Michaël Myers. Elle s’approche de la porte, dépose les clefs puis repart. Michaël Myers est à l’intérieur. Son souffle et son visage protégé par un masque se font sentir. La treizième minute vient d’arriver et Michaël Myers s’apprête à traquer les adolescents de la ville.
Alors bien sûr, ce film a perdu de son efficacité, il n'est pas aussi effrayant qu’à l’époque, quelques scènes font désormais plutôt rire, contrairement à l’effet recherché. Certaines scènes sont prévisibles et on connaît parfois à l'avance la réaction de Jamie Lee Curtis, l’amenant directement sous le couteau du massacreur. Il faut dire aussi qu’Halloween a posé les bases du genre, qu’il a été beaucoup copié et imité, particulièrement par les derniers slashers movies. Mais le suspense, la qualité des deux acteurs principaux (Jamie Lee Curtis et Donald Pleasance) et la force de la musique provoquant une atmosphère excitante et inquiétante sont toujours présents. Un classique du cinéma d’épouvante.
Suivront les dispensables Halloween 2, Halloween 3, Halloween 4, Halloween 5: La revanche de Michael Myers, Halloween 6: La Malédiction de Michael Myers, Halloween, 20 ans après et Halloween: Résurrection ! Au bout de huit épisodes, bien que déjà mort lors du deuxième opus, Michaël Myers est toujours vivant, ressuscité par les producteurs au mépris de toute crédibilité !
Alexis