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La Faille

Family Man

Les Fils de l'homme

La Fin des temps

Full Metal Jacket

 

La Faille
La Faille

Titre original: Fracture
Réalisateur: Gregory Hoblit
Interprètes: Ryan Gosling (Willy Beachum), Anthony Hopkins (Ted Crawford), David Strathairn (Joe Lobruto), Rosamund Pike (Nikki Gardner), Billy Burke (Rob Nunally)...
Date de sortie: 9 mai 2007
Genre: Policier
Durée: 1h50
Nationalité: États-Unis

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Critique mise en ligne en mai 2007

Ted Crawford, un riche ingénieur, abat froidement sa jeune femme qui le trompait. Les aveux du meurtrier jaloux et la présence non loin de la victime de l’arme du crime sont des preuves accablantes. Le procureur Willy Beachum se charge de l’affaire, qui ne sera pas aussi simple qu’elle n’y paraît. Le crime était parfait, ou presque...

L'idée de départ du film («J’ai tué ma femme. Prouvez-le.», comme le dit l’affiche) n'est pas commune, mais sa mise en image le devient vite, surtout du fait d'une réalisation qui manque cruellement de dynamisme. A propos du scénario, si l'on excepte quelques facilités (la rapidité avec laquelle Beachum couche avec sa nouvelle patronne, rencontre sa famille, tisse des liens avec le père, ou le fait que Crawford savait que ce serait l'amant de sa femme qui enquêterait sur son meurtre…), on pourra trouver ici ou là (certes rarement) quelques bonnes idées (toutes les preuves du départ qui disparaissent), quelques bons moments de suspense (le moment où Beachum se demande s'il va se servir de la preuve fabriquée par Rob Nunally) et de psychologie (l'ambition de Beachum risque de lui faire perdre l'affaire). Le film n'est pas si mal mais vous pouvez largement attendre sa diffusion à la télévision !

Ryan Gosling, dans le rôle du jeune et prometteur Willy Beachum, en fait des tonnes ! Parfois, ça correspond au personnage, très sûr de lui. Parfois, il en fait beaucoup trop, dépassant complètement le personnage, cela devient un show de mimiques, de grimaces, de petites caresses sur la tête, le crâne et le front. Mais en fait son jeu apporte de l’humour et de la légèreté au film. A vrai dire, heureusement que cet acteur joue comme cela, sinon on aurait pu tomber dans l'ennui. En effet, dans La faille, on est sans cesse aux frontières de l’ennui !

Alexis

 

 

Family Man
Family Man

Titre original: The Family Man
Réalisateur: Brett Ratner
Interprètes : Nicolas Cage (Jack Campbell), Téa Leoni (Kate Reynolds), Makenzie Vega (Annie), Jake Milkovich (Josh), Don Cheadle (Cash)...
Date de sortie: 20 décembre 2000
Genre: Comédie dramatique
Durée: 2h10
Nationalité: États-Unis

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en jan. 2008

Grâce à son extrême ambition, Jack est un homme heureux, épanoui par sa réussite professionnelle. Le pouvoir que lui procure son poste de directeur du meilleur cabinet de courtage de Wall Street et la grande richesse qui en découle lui permettent d'assouvir tous ses désirs. Mais quand même… le scénariste a décidé de montrer à cet homme qu’il se trompe en menant une existence à ce point matérialiste et qu'il lui manque quelque chose d'important: une vie de famille. Ce mec qui était heureux comme on peut rarement l'être va découvrir, plus ou moins, qu'il a raté sa vie… Et qui plus est, dans son nouveau rôle de "family man", il va falloir beaucoup de temps à Jack pour redevenir heureux. Début incohérent pour ce film qui part pourtant d'un bon sentiment: son message est en effet de clamer haut et fort que la vie sentimentale et familiale est ce qu'il y a de plus important. Et que l'argent ne fait pas le bonheur… même si par la suite, à quelques reprises, le film dira qu’il y contribue très grandement. Allez, on retiendra les bonnes intentions de cette intrigue prétexte à une belle morale. Hélas, elles ne suffisent pas !

Dès le début, les violons retentissent. En effet, même la musique de Danny Elfman, pourtant excellent compositeur, est mièvre, contribuant à une ambiance dégoulinante de bons sentiments qui amène à l'overdose. Ce fidèle de Tim Burton offre une musique molle et sirupeuse au film, mais c'est sûrement aussi ce qu'on lui a demandé. Ni drôle, ni triste, Family Man est prévisible, ennuyeux et sans originalité. Selon moi, une seule qualité notable dans ce film: la beauté du regard et du sourire de l'actrice principale Téa Léoni qui interprète Kate avec beaucoup de sensibilité.

Alexis

 

 

Les Fils de l'homme
Les Fils de l'homme


Titre original: Children of men
Réalisateur: Alfonso Cuaron
Interprètes: Clive Owen (Théo), Claire-Hope Ashitey (Kee), Michael Caine (Jasper), Julianne Moore (Julian), Peter Mullan (Syd)...
Date de sortie: 18 octobre 2006
Genre: Thriller
Durée: 1h50
Nationalité: États-Unis, Grande-Bretagne

Critique mise en ligne en nov. 2006


En 2027, l'humanité n'a plus aucun espoir: les ressources naturelles sont épuisées, et surtout, la femme n'est plus féconde. Seule la Grande-Bretagne et son régime totalitaire, refoulant tous les réfugiés de la planète, parvient à rester un pays vivable. Tous les pays du monde sont en proie à l'anarchie. La Grande Bretagne est en émoi lorsqu'un jeune homme surnommé Baby Diego, âgé de 18 ans, est assassiné: il était le cadet de l'humanité. Une course-poursuite interminable commence lorsque Julian, guide d'un groupe clandestin de lutte pour les droits des réfugiés, confie à son ancien compagnon, Théo, la protection de Kee, une jeune réfugiée enceinte. Ce bébé est un miracle, la possibilité, l'espoir, d'une nouvelle ère! Théo et Kee sont traqués de toutes parts: la lutte pour la liberté se fait au prix du sang.

L'humanité de 2027 est effroyable: lorsque l'espoir est perdu, l'Homme est disposé à céder aux plus grandes folies. La société est en plein chaos, les réfugiés sont sauvagement assassinés. Seule l'organisation du Renouveau Planétaire, constituée de grands penseurs, peut changer l'ordre du monde. Mais comment peut-on en arriver à l'infécondité de la femme, le phénomène le plus effrayant qui puisse toucher l'Homme ? Est-ce le fait des expérimentations génétiques ? Est-ce dû à la pollution ? Ce qui est certain, outre l'absence d'avenir évident, c'est qu'un monde sans enfant, sans leur sourire, sans leur innocence, n'est pas supportable.

Quelle tension durant tout le film: comme Spielberg dans son apocalyptique Guerre des Mondes, le metteur en scène mexicain Alfonso Cuaron ne lâche pas le rythme. Les scènes d'action, de guerre, sont impressionnantes de réalité, d'une violence parfois insoutenable. Les fils de l'homme (traduction littérale du titre original (Children of men): "Les enfants des hommes" ; on peut se demander parfois la raison de ces versions infidèles) est un film futuriste inquiétant, que l'on n'espère pas prémonitoire. Rien n'est de trop dans ce film où les émotions sont nombreuses car le message derrière la course-poursuite est fort. Un film d'anticipation à voir et à revoir !

Alexis

 

 


La Fin des temps
La Fin des temps

Titre original: End of Days
Réalisateur: Peter Hyams
Interprètes: Arnold Schwarzenegger (Jericho Cane), Gabriel Byrne (Satan), Robin Tunney (Christine York), Kevin Pollak (Chicago), Derrick O'Connor (Thomas Aquinas)...
Date de sortie: 15 décembre 1999
Genre: Fantastique
Durée: 2h04
Nationalité: États-Unis

 

Critique mise en ligne en juillet 2008

"1-9-9-9, année de la seuf", clama un jour un animateur de Skyrock. Pour certains croyants et pour les producteurs américains, 1-9-9-9 rime plutôt avec 6-6-6 (le chiffre 999 retourné donne 666) et par conséquent l'antéchrist. Ce film est justement sorti en 1999, un an avant l’an 2000 et toutes les inquiétudes liées au passage à un chiffre si symbolique, dans une période de grande peur face au bug des ordinateurs mais aussi dans un grand moment d'espérance du retour du Christ. Nous sommes donc dans la phase fatidique d'un possible retour de Satan, censé revenir à chaque fin de millénaire. Le battre signifierait être tranquille pour les mille prochaines années ! Ainsi, La Fin des temps pouvait inquiéter fortement mais il n’est finalement pas assez bon pour cela…

Arnold Schwarzenegger est Jericho Cane, un garde du corps alcoolique et suicidaire. Notre héros va sortir de sa vie presque ordinaire et faire face, sans peur, au Malin – ou plutôt tout faire pour le fuir. En effet, heureusement pour nous, Schwarzie est présent ! On le savait capable de nous protéger des terroristes ou des extraterrestres, mais là, il réussit la prouesse de vaincre – d’une certaine manière – le diable en personne.

On peut trouver dans cette superproduction quelques scènes originales qu’on ne trouve pas habituellement dans ce genre de film, comme le rapport sexuel de Lucifer avec une femme et sa fille ou le diable faisant revivre à Jericho l’assassinat de sa famille. La première heure est intéressante, intrigante. La suite l'est beaucoup moins, peu crédible. La mise en scène est hélas trop "à l’américaine", avec des plans qui se succèdent trop rapidement. Avant tout et même s'il traite du rapport de l'Homme à la foi, La Fin des temps est un film d’action, sans autre prétention.

Alexis

 

 

Full Metal Jacket
Full Metal Jacket

Réalisateur: Stanley Kubrick
Interprètes: Matthew Modine (Joker), Adam Baldwyn (Animal Mother), Vincent D'Onofrio (Gomer Pyle), Lee Eermey (le sergent instructeur Hartman), Dorian Harewood (Eightball)...
Date de sortie: 21 octobre 1987
Genre: Guerre
Durée: 1h56
Nationalité: États-Unis

 

Critique mise en ligne en août 2008

Après sept ans d'absence, Stanley Kubrick revient en 1987 avec ce film qui évoque la guerre du Vietnam à travers l'instruction d'un groupe de Marines. Full Metal Jacket est divisé en deux parties: le camp d'entraînement et la guerre en elle-même. Il a été filmé quasi-entièrement en Angleterre mais on a vraiment l'impression d'être au Vietnam. Dans ce chef-d'œuvre où l'humour noir est très présent, Kubrick montre l'absurdité de la guerre ainsi que le processus qui transforme les gens en machines à tuer. Le titre fait référence à un certain type de munition utilisée dans l'armée, la balle chemisée métal.

La première partie du film, qui a lieu dans un camp de Marines, à Paris Island, est tellement captivante qu'on ne peut pas décoller les yeux de l'écran. Avec deux performances exceptionnelles. Tout d'abord celle de Lee Ermey, dans le rôle du sergent instructeur Hartman. Lee Ermey est un ancien instructeur des US Marines, il a aussi été recruté pour ce film comme consultant et a ainsi pu indiquer la nature des exercices pratiqués. Il s'agit là d'une des plus terrifiantes et réalistes interprétations du cinéma. L'autre grande prestation est celle de Vincent D'Onofrio: il incarne l'engagé Baleine, moqué par l'instructeur et frappé par ses camarades du corps des Marines. La transformation de D'Onofrio est impressionnante. Kubrick montre que ces camps entraînent l'abrutissement. Lorsque l'engagé Baleine dit "je suis dans un monde merdique", il est alors devenu une machine à tuer, un corps sans réflexion.

L'enchaînement des deux périodes est génial, porté par la musique enjouée de Nancy Sinatra, "These Boots Are Made For Walking". La deuxième partie du film prend place au Vietnam, dans le bourbier, vu à travers les yeux des nouveaux Marines endoctrinés. Cette guerre est perçue différemment selon les soldats. Ainsi, le journaliste militaire Rafterman dit, devant deux cadavres de marines: "en tout cas, ils sont morts pour une bonne cause". "La liberté" précise-t-il. Puis, "la brute", un autre marine, lui répond: "Tire la chasse sur ton pois chiche, le bleu. Tu crois que c'est pour la liberté qu'on bute du Viet ? S'il faut que j'me fasse péter les valseuses pour un mot, ce sera pour "crac-boum-hue"". De la même manière, lors de l'interview par des cameramen de télévision, les soldats manifestent globalement toute leur incompréhension face à ce conflit. Ils semblent véritablement égarés par leur expérience au Vietnam.

Cette deuxième partie suit l'engagé Guignol (Matthew Modine), qui est dans les deux parties du film. Guignol a une personnalité duale, tantôt conscient de l'inutilité de cette guerre, tantôt acteur sans scrupule de ce massacre: "Je voulais voir l'exotisme du Vietnam qui est le joyau du sud est asiatique. Je... je voulais parler à des gens intéressants, enrichissants de par leur culture ancestrale... et les tuer. J'voulais être le premier p'tit gars de mon immeuble à avoir un mort certifié." Guignol porte un casque avec l'insigne "Born to kill" (né pour tuer) et un badge avec le signe de paix. Une dualité qui montre à nouveau, comme dans 2001, L'Odyssée de l'Espace, cette difficulté de l'homme à agir entre sa volonté de construire et de détruire. Un thème très cher à Kubrick. En même temps qu'un formidable divertissement, Full Metal Jacket est une très pertinente dénonciation de la guerre et de sa médiatisation !

Alexis

 


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