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Chronique de... Ryad datant du 1er Février 2007:

Ryad

Ryad

 

Auto-présentation de Ryad:

Assistant de temps en temps à des avant-premières, j’ai pu rencontrer l’équipe du film de Pars vite et reviens tard lors de sa projection le 17 janvier dernier. José Garcia ne s’est malheureusement pas déplacé sur Toulouse mais Régis Wargnier, le réalisateur d’Indochine et de Man to man, ainsi que Marie Gillain, étaient présents.
Voici donc mon avis sur cette adaptation du polar de Fred Vargas, ainsi qu’un résumé du débat qui a eu lieu après le film.

 

Pars vite et reviens tard

Pars vite et reviens tard

Réalisateur: Régis Wargnier
Interprètes: José Garcia (le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg), Lucas Belvaux (Danglard), Marie Gillain (Marie), Olivier Gourmet (Joss Le Guern), Nicolas Cazalé (Damas,le demi frère de Marie)…
Date de sortie: 24 janvier 2007
Genre: Thriller, Policier
Durée: 1h55
Nationalité: France

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Une terrible malédiction est annoncée par un crieur d’une place publique parisienne: la peste est de retour ! Quelques jours plus tard, un chiffre en forme de 4 à l’envers est inscrit sur chacune des portes des victimes avant que celles-ci ne meurent mystérieusement… Alors que les premiers éléments semblent révéler les signes de la peste, la panique gagne progressivement Paris. Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg (José Garcia) est chargé de résoudre cette affaire de meurtre qui s’abat sur la capitale. Mais Adamsberg qui, habituellement se fie à son instinct et à ses pressentiments pour résoudre ses enquêtes, est complètement déboussolé. Il vient de rompre avec sa fiancée Camille et cette situation le déconcerte et lui fait perdre le nord. Pourtant, il doit agir vite, avant que la peste ne sévisse dans tout le pays…

Je n’ai pas encore lu de livre de Fred Vargas mais d'un point de vue spectateur, je trouve l’adaptation de ce polar par Régis Wargnier assez réussie. Dans une atmosphère sombre, l’intrigue se déploie lentement et nous révèle à pas contés des indices... parfois trompeurs.
Cependant, ce thriler à l'américiane souffre parfois de quelques longueurs, mais les acteurs restent bons, les scènes rythmées et la musique est en parfaite adéquation avec l’ambiance du film. José Garcia – calme et posé – se montre égalemnt très crédible dans le rôle du commissaire Adamsberg. Une très belle entrée en matière dans l'univers du cinéma dramatique.

 

Débat avec Régis Wargnier & Marie Gillain: *

Regis Wargnier et Marie Gillain à Toulouse le 17 janvier dernier.

Regis Wargnier et Marie Gillain à Toulouse le 17 janvier dernier.


- Pourquoi avez-vous choisi José Garcia pour interpréter le personnage d’Adamsberg ?

Régis Wargnier: J’imagine que si vous aimez Vargas, vous aimez le personnage d’Adamsberg et que les gens qui ont lu les livres de Vargas se font une image d’Adamsberg, qui doit être faite des yeux d’un copain à vous, du menton d’un autre, de l’attitude d’un troisième… C’est étrange ce qu’on imagine quand on lit un livre hein ! Fred Vargas elle-même a imaginé Adamsberg à partir de gens qu’elle connaissait parce qu’on invente rien au fond, on se souvient… Voilà donc moi j’ai choisi José pour pleins de raisons, pour son parcours aussi, comme il dit, il a commencé comme Michel Serrault en bas résilles et puis du comédien, il a pris un virage dans le dramatique. Beaucoup d’acteurs ont pris ce virage et José est entrain de le faire actuellement. Et moi j’avais senti dans ses rôles la puissance narrative qu’il a et c’est quelqu’un qui est de mieux en mieux dans ses baskets d’acteur… Dans le film que vous venez de voir il n’y a pas d’effets de jeux, tout est très très intériorisé et je crois que pour lui c’était un vrai chalenge de jouer un personnage un peu lunaire, un peu absent-présent, intuitif, il est là, pas là, qui quand il est avec Marie il pense à autre chose, qui écoute, qui a l’air un petit peu arrogant même s’il l’est pas, etc. C’est un drôle de type Adamsberg pour ceux qui ont lu tous les bouquins…

- Comment s’est passé le tournage avec José Garcia ?

Régis Wargnier: Non moi le seul problème que j’ai eu avec José Garcia c’est sa bonne humeur ! Au début du tournage, pour des raisons d’organisation, on a regroupé toutes les scènes de la brigade, José pendant trois semaines a été comme jamais, concentré, il s’enfermait dans sa loge et il se mettait le texte en bouche avec Lucas, je les entendais travailler, répéter les scènes du lendemain jusqu’à trouver le rythme… Ces trois semaines dans la brigade lui ont donné l’assise du personnage et puis d’ailleurs il a fait un boulot qu’il m’a caché, en tout cas qu’il a fait sans moi, il a travaillé avec un coach sur les rythmes, puisque José est quelqu’un doté d’une pile, il serait là il aurait traversé la scène trois fois ! C’est son naturel, alors qu’Adamsberg est quelqu’un qui se pose quelque part... Donc il a bossé sur le comportement physique, sur le déplacement dans l’espace, sur le corps, sur le phrasé, sur le fait d’être dans la lune, il a dû marcher pendant des heures et des heures pour qu’il trouve le rythme d’Adamsberg. D’ailleurs quand on a dit moteur pour la première fois, j’ai vu le personnage et voilà ! Après la scène, José déconne et déconne mais dès qu’on dit moteur, et hop il revient tout de suite dans le personnage, ce qui est plus compliqué pour ses partenaires, qu’il a fait marrer, qu’il a embarqué ailleurs, qui tout d’un coup doivent jouer et qui ont un peu plus de mal à remonter la pente !

- Comment vous viviez ça Marie Gillain ?

Marie Gillain: Moi j’aime bien ces moments où on perd un peu le contrôle de la situation, et où l’on sent que l’œil de son partenaire est un peu… je ne sais pas comme un flirt… J’aime bien ces moments de déstabilisation et je trouve que c’est la chose la plus importante pour un film car on lâche toute la pression, toute l’attention et c’est nécessaire…

Marie Gillain à Toulouse

Marie Gillain qui signe un autographe au Gaumont Wilson.


- Comment Régis Wargnier vous a proposé ce rôle ?

Marie Gillain: J’avais rencontré Régis Wargnier au Festival de Deauville en 1999 pendant qu’il était président et moi membre du jury… On se rencontre, on se trouve plutôt sympa l’un et l’autre et donc après on se dit que ça serait quand même bien de travailler ensemble… et après Régis a écrit un polar où il y avait un rôle pour moi dedans… parallèlement à ça, je découvre Fred Vargas, et je lis tous les bouquins dont Pars vite et reviens tard et me dis oh la la, quel bouquin remarquable, ça ferait vraiment un très bon film, puis les années passent et mon téléphone sonne et Régis me dit bhen voilà, je crois que j’ai quelque chose de concret à te proposer. Et donc il me parle du bouquin. Alors pour moi, Régis Wargnier qui vous propose un rôle dans son prochain film c’est déjà alléchant et parallèlement à ça Fred Vargas j’adore donc c’était un point de rencontre évident !

- Qu’est-ce que Fred Vargas a pensé du scénario du film Pars vite et reviens tard ?

Régis Wargnier: Le bouquin de Fred Vargas est difficile. En tant que jeune homme bien élevé, j’ai demandé à la rencontrer, j’avais fait passer le scénario à travers son agent qui est un ami commun, elle a accepté le rendez-vous pour dîner avec un peu de résistance, elle est venue, elle était moyennement aimable, bon c’est pas grave… J’ai dit voilà j’ai le scénario, elle m’a dit ça ne m’intéresse pas trop… Ecoutez, moi ça m’intéresse de vous en parler j'ai dit parce que ça fait quatre mois que je me baladais dans son imaginaire pour le scénar donc j’ai envie de vous rencontrer, de vous dire que j’apprécie, je suis content que ça soit arrivé à moi… et je suis content de vous dire que l’adaptation est bonne, etc. Ca se détend, on boit des coups, on mange… elle est ravie de savoir que Serrault est prévu pour Decambrais, etc. et puis elle me dit écoutez, je suis une femme de mots, une écrivaine et une chieuse ! Je vais lire le scénario, il y a un mot qui va m’emmerder, qui ne va pas me plaire, c’est pas grave si c’est juste fait pour faire des images, donc je ne vais pas le lire, bon vent ! Et ce qui est intéressant chez cette femme et c’est la première fois que j’ai vu quelqu’un comme ça, elle a quelque chose d’unique, elle n’est pas une seule seconde dans l’envie ou la situation de vous séduire ou de vous plaire ou d’avoir l’air intelligente, elle n’en a rien à foutre ! C’est intéressant, elle est toute droite, brute de coffrage, carrée, elle est comme elle est, c’est dimanche soir, elle a la tronche qu’elle a, elle ne cherche pas à briller, voilà elle est comme ça ! Ca fait finalement une relation où on n’est plus au même niveau voilà !

- Vous étiez jaloux de ça ?

Régis Wargnier: Non ! Mais je sais ce que c’est qu’être enfermé dans l’écriture et elle était sur un nouveau livre, elle était entrain de faire la «bouillasse», pour elle c’est quand on jette tout dans l’écriture, elle travaille 15h par jour, elle sort pour respirer et bouffer un truc, elle est loin de Paris… et franchement c’est la cadet de mes soucis, je dois dire aussi qu’à mon avis elle n’est pas très cinéphile, autrement, elle s’intéresserait un peu plus, et que si elle était plus attachée au cinéma elle aurait géré les droits de ses livres autrement parce que le fait que nous faisions ce film avec José et toute sa troupe dont Marie, ça a tout d’un coup attiré les gens qui se sont dit tiens Vargas est donc adaptable… Et en même temps qu’on tournait, sort le livre Dans les bois éternels qui a encore un grand succès… donc tout d’un coup il y a eu une ruée sur les droits ! Et pour les Vargasiens, Sous les vents de Neptune est déjà tourné pour la télévision par Josée Dayan. Moi j’aurais bien aimé faire Neptune dans deux ans avec José mais enfin ! Donc je pense que ça ne l’intéresse pas trop, elle cède ses droits comme ça… Dans les bois éternels est déjà vendu à une production !

Fred Vargas

L'écrivaine Frédérique Audouin-Rouzeau (Alias: Fred Vargas).


- Est-ce que José Garcia jouera toujours Adamsberg pour les autres adaptations ?

Régis Wargnier: Si c’est moi, bien sûr ça sera José ! Je trouve qu’il a apporté quelque chose, il a vraiment incarné Adamsberg. Alors le téléfilm qui a été fait par Josée Dayan, qui n’a pas osé approcher José et qui à mon avis n’aurait pas accepté, elle a engagé Jean-Louis Morgan dans le rôle d'Adamsberg. Moi je trouve franchement entre nous que c’est un peu dommage qu’arrive deux Adamsberg en même temps alors que c’est un héros clé de la littérature policière contemporaine, je trouve que ça aurait été plus saint de laisser à José la chance de vous plaire, de plaire au public, et puis tout d’un coup on se dit c’est bien Adamsberg-Garcia ça marche… On en fait un autre dans deux ans, je trouve que ça aurait été un beau virage pour sa carrière de garder ce personnage, comme Jean Gabin a gardé Maigret ! Surtout chez Vargas où les personnages sont très importants, surtout Adamsberg, Danglard et Camille (Camille est plus importante dans les autres romans, elle n’est pas très importante dans Pars vite et reviens tard).

- Avez-vous lu tous les livres de Fred Vargas ?

Régis Wargnier: J’ai d’abord lu Pars vite et reviens tard, j’ai adapté le scénar et une fois que j’étais à peu près content de mon travail, j’ai lu tous les autres livres par la suite pour ne pas me laisser influencer, pour ne pas qu’il y ait une réplique ou une idée que j’ai pas le droit de reprendre… Mais une fois ce travail fini, j’ai lu tous les livres de Vargas pour me nourrir. Après j’ai fait des fiches sur Adamsberg, sur Danglard, sur Camille, sur leurs relations… et j’ai fait des fiches de duos d’acteurs. Et j’ai donné à lire à José et Lucas Belvaux (Danglard) L'homme aux cercles bleus qui est le livre où ils apparaissent pour la première fois et où ils sont le plus décrits. Voilà, non on a un peu bossé quand même ! (Rire). Et puis il faut savoir qu’un film ça ne peut pas être la même chose qu'un bouquin, déjà les 25 premières pages de l’histoire de Joss (Olivier Gourmet) en Bretagne heu… nous ce qui nous intéresse c’est de commencer par la menace, les tags, la peste, les meurtres. Dans le bouquin il y a le passé de Joss… Nous on est obligé d’aller tout droit, de même qu’on ne peut pas non plus faire airer Adamsberg pendant dix plombes dans Paris, etc. Le cinéma a un autre langage.

- Y a-t-il une scène Marie Gillain qui vous a posé problème dans le film ? Celle dans la Seine par exemple ?!

Marie Gillain: Non ça ne m’a pas vraiment posé problème, c’était plus une espèce d’inconnue, d’excitation à l’idée de me retrouver déjà sous ce pont Alexandre III. Au début j’avais un peu peur quand même de me retrouver à devoir courir sous ce pont, à faire éventuellement des cascades… et en fait lorsque je me suis retrouvé sur la scène, c’était rigolo parce que j’étais entourée de pleins de plongeurs alors ça avait un côté vraiment Lara Croft avec la brigade fluviale, etc. (Rire) Et puis avant de plonger dans la Seine, on m’avait dit qu’il fallait que je me fasse vacciner pour ne pas chopper des maladies, etc. Après, on s’était dit non finalement on ne va pas la vacciner car la Seine n’est quand même pas si sale et le vaccin est plus dangereux ! Donc on avait préparé une petite caravane avec une douche et tous les désinfectants possibles et imaginables, et finalement l’eau était assez bonne (rire) et le seul problème que j’ai eu était la combinaison qui était très très serrée et qui flottait et donc le but du jeu c’était évidemment de nager mais sans flotter ! Donc j’avais l’air d’un espèce de Bibendum dans l’eau ! Mais c’était mignon car Régis qui avait l’habitude de faire des films à l’étranger était un peu frustré car tout se passait à Paris et je le voyais sur son petit bateau au loin et il ne pouvait pas venir dans l’eau avec nous et il aurait bien aimé ! (Rire)
Il y a eu un autre moment un petit peu délicat mais c’est toujours rigolo ce genre de trucs, c’est la scène où on s’embrasse avec José ! On a été tous les deux quand même extrêmement gênés parce que l’air de rien José est quelqu’un de très très pudique et l’air de rien moi aussi ! (Rire) Donc on avait un petit peu peur, on avait l’impression d’avoir douze ans et demi comme si on allait faire un premier baiser et qu’on ne savait pas du tout dans quel sens la langue devait tourner (rire). Non il n’y avait pas la langue mais c’était mignon parce qu’on était tous les deux vraiment très très emmerdés et puis il y a toujours le moment où on va se voir avant et où on se dit écoute moi je ne suis pas très très à l’aise… ah ça tombe bien moi aussi… Et Régis qui est d'habitude très très rapide dans les séquences et qui à la fois est très pudique aussi et très délicat, a vu qu’on était un peu empoté, et donc il s’est mis à ma place (rire) et il a commencé à toucher la chevelure de José, il a commencé à lui poser la main sur les hanches en lui disant voilà comment t’approcher d’elle tout ça et José et moi on se regardait en se disant il va lui rouler une pelle ! (Rire)

Regis Wargnier à Toulouse

Le réalisateur Régis Wargnier au Gaumont Wilson.

- Ca a été filmé ça Régis ?

Régis Wargnier: Non sinon on le saurait ! (Rire)
L’autre jour je disais que le métier de metteur en scène était un métier de solitude, de vérité et de résistance. «Solitude» parce que c’est un métier où l’on est extrêmement entouré, dès le début on valide le scénario, après il y a l’équipe de production, il y a les techniciens sur le tournage et les acteurs… mais le jour où il y a une décision, le jour où ça ne marche pas comme vous voulez, le jour où on n’arrive pas à travailler, le jour où les acteurs sont là ou pas là ou que quelque chose ne marche pas, bhen on est seul ! On ne peut pas partager ça, vous vous démerdez ! Quand je dis «vérité» c’est parce qu’il faut rejeter très loin la pudeur… Au cinéma il y a quand même des moments où parfois vous en parlez en employant des fois des termes crus, parce qu’en parlant des personnages on parle de soi et on a l’impression d’être à poil… donc voilà un exemple et je trouve qu’on est loin aussi de plaire ou de séduire. On dit des choses comme on a envie de les dire et il faut faire confiance aux gens qui sont avec vous car on est vraiment démuni devant eux… «Résistance» parce qu’on rêve d’un plan, on rêve d’une scène et tout va vous attaquer: la météo, un problème technique, etc. On voit donc le rêve descendre et il faut résister ! Donc il y a un moment où on se dit au diable la pudeur, l’amour propre… là on parle d’amour, là on parle d’amitié, là on parle de ceci ou cela, il y a des gestes à faire et il faut se lancer. C’est un métier où on est obligé d’être vrai.

- Dans votre carrière vous avez fait relativement peu de films, sur 20 ans vous avez tourné que 7 longs-métrages, c’est dommage ! Vous qui avez l’habitude de faire des films plutôt historiques, là nous sommes dans un autre registre, est-ce un choix délibéré ou est-ce un choix de la production ?

Régis Wargnier: Je n’ai effectivement pas fait beaucoup de films mais j’ai fait des films lourds, des films compliqués, des films qui demandent de la documentation, des voyages… Quand on a fait Indochine par exemple j’ai calé, je me suis dit je n’ai pas assez d’infos, je veux voir les gens dans les petits villages, je veux voir comment ils se nourrissent… je ne peux plus travailler sur le produit bouquin. Alors je suis parti deux mois au Vietnam qui était encore un pays très fermé… Quand on avait fait Man to Man j’étais allé dans des centres d’anthropologie, j’ai été en Ecosse dans les bibliothèques, j’ai été en Afrique du Sud pour les repérages, j’ai été chercher mes acteurs au Congo… C’est des voyages magnifiques, mais ça demande au moins un an à un an et demi de préparation quand même. Et là avec Pars vite et reviens tard c’est très différent, c’est plus soft, et c’est très appréciable aussi car ce sont des producteurs qui sont venus vers moi avec ce bouquin en me disant voilà on y croit, on a pris les droits et on a qu’à adapter le scénario si ça vous intéresse. Ces deux producteurs ne sont pas là mais c’est des gens importants pour moi, c’est des vrais partenaires. J’ai eu très très confiance en ces deux types (Cyril Colbeau-Justin et Jean-Baptiste Dupont), bons, jeunes, intelligents, l’un est sur la finance et l’autre sur l’artistique mais ils se complètent vachement bien ! J’ai eu envie parce que le polar c’est un genre, parce que j’en avais écrit un que je ne trouvais pas assez bien, que c’était un vrai défi, qu’il y avait des rodages même s’il y avait des vrais personnages, qu’il y avait aussi une atmosphère à créer… pas tellement comme celle du livre, une plus moderne qu’on a choisi dans l’approche de Paris. Il fallait filmer Paris et ça c’est la ville la plus filmée au monde, c’est une moyenne de dix tournages par jour, une trentaine d’américains font des téléfilms ou des films… Paris est envahie de tournages, donc il y a un vrai défi d’angle de Paris aujourd’hui sans montrer la Tour Eiffel comme on voit Brad Pitt dans Ocean’s Twelve ! Alors pour ce que je vais faire après, franchement je ne sais pas ! J’avais une idée j’en veux plus… Je ne sais pas ! Là je suis entrain de lire des bouquins qui m’intéresse et donc j’ai envie de tourner plus qu’avant ! Je suis également fan d’athlétisme et je pense que je referais des reportages sur l’athlé !

- Pars vite et reviens tard est co-produit par TF1… Avez-vous des obligations par rapport à ça ? Des clins d’œil à faire à la chaîne dans le film par exemple ?

Régis Wargnier: Non, pas du tout !

Marie Gillain: On a quelques obligations comme aller chez Cauet par exemple ! (Rire)

Régis Wargnier: Oui on l’a fait mais ce n’était pas une obligation quand même !

Marie Gillain: Oh mais quand même il y avait une certaine pression ! (Rire)

Régis Wargnier: Bon on était dans la même émission que Stallone alors on n’a pas trop à se plaindre !
Sinon pour les clins d’oeil, très honnêtement, et tout ça n’est qu’anecdotique ! Pour le J.T de TF1 que la brigade regarde dans le film, j’avais demandé à Thomas Hugh, qui à l’époque faisait 7 à 8 avec sa femme et remplaçait PPDA l’été… Puis il y a eu un souk qui m’a un peu échappé: viré, pas viré, changement de chaîne, etc. donc on m’a dit vous êtes gentil, Thomas Hugh n’est plus dans la maison… Et vu que je connais bien Claire (Chazal) depuis longtemps et que c'est une femme tout à fait charmante, on l’a appelé, elle m’a dit bon c’est ok … Et puis ensuite facile hein, elle m’a dit écoute viens samedi avec ton texte, on le met dans le prompteur, je finis à 13h25, on le fait dans la foulée à 13h40, deux prises: hop réglé ! Très agréable, super ! Voilà pour la petite anecdote !

* Propos recueillis, sélectionnés et retranscrits par Ryad KOUACI le 17 janvier 2007 au cinéma Gaumont Wilson de Toulouse.



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