Chronique de... Racim datant du 1er Novembre 2007:
Racim
Présentation de Racim, par Ryad :Racim est mon cousin (côté maternel). Originaire d'Alger, cela fait 2 ans qu'il est étudiant à Paris. Ce garçon de 19 ans est sensible, sympathique et très serviable. Actuellement en prépa et activement investi dans la vie parisienne, j'ai dû longtemps lui "courir" après pour qu'il écrive cette critique !
Racim va beaucoup au cinéma mais il en a une conception assez particulière. Il aime notamment connaître la fin des films avant d'aller les voir ! Chose qui m'agace terriblement lorsqu'il essaie habilement de me révéler le dénouement d'un film que je compte voir... Pire, lorsqu'il me demande de lui raconter la fin d'un film qu'il n'a pas vu !
Sans plus tarder, je vous laisse lire sa critique d'un film franco-israélien qu'il a beaucoup aimé: The Bubble.
The Bubble
Titre Original: Ha- Buah
Réalisateur: Eytan Fox
Interprètes: Ohad Knoller (Noam), Alon Friedman (Yali), Yousef Sweid (Ashraf), Daniela Wircer (Lulu)...
Date de sortie: 04 juillet 2007
Genre: Drame
Durée: 1h57
Nationalité: France, Israël
L’hiver approche et quoi de mieux que de passer ses soirées au chaud sous sa couette en regardant un bon film. Je sais pas pour vous mais moi cette envie me prend le dimanche après midi, après avoir appelé tous mes amis et que chacun m’ait sorti une raison bidon pour ne pas sortir… Si vous êtes dans le même cas que moi, ne désespérez pas, il y a toujours un moyen de passer un bon moment, en regardant au cinéma (s’il passe encore) ou en DVD The Bubble, une tragédie de Eytan Fox, un cinéaste israélien qui n’en est pas à son premier film. Avant The Bubble, il a réalisé Yossi et Jagger, un film au scénario «américain» assez classique qui traite de l’homosexualité dans l’armée israélienne, ainsi qu’une série un peu «jeune’s» qui fait fureur en Israël.
Eytan Fox, le réalisateur de The Bubble.
Bref, je vais vous parler un peu du «sauveur de votre dimanche après midi» : The Bubble ! En résumé, c’est l’histoire de trois colocataires israéliens tout droit sortis de «l’Auberge Espagnole». Noam et Charlie deux homosexuels affirmés et Lulu, une très jolie jeune fille séduisante et fragile qui est en quelque sorte la «Carrie Bradshaw» d’Israël (pour ceux qui ne la connaissent pas, Carrie est l’une des quatre héroïnes de Sex and the City). Donc nos trois amis vivent dans une banlieue assez chic de Tel-Aviv. Charlie est restaurateur, Lulu une artiste pleine de talent mais pas encore reconnue, et Noam un disquaire qui déteste Britney Spears. Jusque là, rien de bien exaltant. En fait, l’intrigue commence lorsque Noam, en effectuant son service militaire, rencontre par hasard à un check point de Naplouse, un palestinien nommé Ashraf. Tout de suite, c’est le coup de foudre entre les deux garçons et on assiste à la naissance d’une histoire d’amour homosexuelle tellement sincère et «naturelle» qu’elle en ait très touchante. Bien sûr, l’histoire ne peut que se compliquer… Tout d’abord parce que Ashraf n’a pas vraiment le droit de séjourner en Israël, mais aussi en étant un «Arabe musulman», son homosexualité n’est pas vraiment révélée au grand jour au sein de sa famille et de son futur beau frère membre du «Hamas» (parti de djihad en Palestine). Ensuite, parce que Noam recherche une histoire d’amour comme dans «les contes de fées» et son ami Charlie n’accepte pas vraiment Ashraf, en tout cas au début. Il y a plusieurs scènes d’amour entre les deux garçons, toutes aussi sensuelles sans vulgarité et on voit la sodomie comme une pratique «assez naturelle» sans dégoût ou jugement particulier. Le réalisateur évite tous les clichés sur l’homosexualité que l’on trouve habituellement dans les films sur les homos comme dans Le Secret de Brokeback Mountain. Les rôles sont très bien interprétés. Il y a une sincérité qui transcende la condition du couple homosexuel et exprime tout simplement de l’amour, ce qui rend ce couple très touchant.
De gauche à droite: Alon Friedman (Yali), Daniela Wircer (Yali), Ohad Knoller (Noam) et Yousef Sweid (Ashraf).
Outre l’homosexualité, ce couple Noam-Ashraf permet aussi au réalisateur de s’intéresser au plus célèbre conflit du 20 ème siècle : le conflit israélo-palestinien. On découvre le regard d’une nouvelle génération qui vit dans «une bulle» où la guerre n’existe pas, où la politique est un sujet à éviter et où toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête et oublier la guerre, contrairement aux palestiniens qui subissent la guerre et qui ne pensent pratiquement qu’a ça. On découvre aussi la haine que portent certains israéliens pour les palestiniens et vice versa, ce qui permet de mieux comprendre l’impasse du conflit au proche orient. Chaque camp en veut à l’autre et n’arrive pas à faire la part des choses. Néanmoins, la paix n’est pas impossible et certains se battent pour celle-ci, même si la cause paraît difficile. Malgré tout, je trouve que les palestiniens ont encore le mauvais rôle dans The Bubble. Certes ce ne sont pas les seules personnes agressives dans le film mais on ne voit que les victimes israéliennes qui tombent sous les coups des attentats suicides… On ne voit pas concrètement de victimes palestiniennes écrasées par les chars israéliens alors qu’elles sont plus nombreuses… Est-ce dû au fait que le film soit israélien ?
Encore un mot sur le personnage de Lulu qui m’a beaucoup touché. Elle apporte au film une touche d’humour qui rend le film très frais et jeune. Elle permet de détendre «l’atmosphère dramatique du film» et de nous plonger dans une ambiance d'auberge espagnole.
Enfin le film se termine par une scène très poignante qui est à la fois dramatique et sublime. Transcendantale, elle nous permet de garder espoir et d’espérer un rapprochement entre les deux peuples, dans un autre temps.Racim