Chronique de... Le Monde datant du 1er Janvier 2009:
Journal Le Monde
Présentation du Journal Le Monde, par Ryad:
Le journal Le Monde couvre assez régulièrement les évènements liés au septième art.
Dernièrement, j'ai lu un article de Macha Séry (publié le 5 janvier 2009) concernant la diminution du délai entre la sortie des films en salles et leur édition en DVD.
L'évolution des pratiques sociales et économiques touchent désormais de plein fouet l'industrie du cinéma français. L'avènement puis la généralisation progressive des nouvelles technologies va, dans les années à venir, bouleverser nos habitudes de "consommation" du cinéma. VOD (Video On Demand) ou VAD (Vidéo A la Demande pour le terme inusité français) ; films diffusés sur téléphones portables au format TMP (Télévision Mobile Personnelle), etc. sont les dernières tendances de cette évolution auxquelles le CNC (Centre National de la Cinématographie) ne pourra résister longtemps...
Les salles de cinéma seraient-elles moins fréquentées à terme avec le Blu-ray et la HD ?!
Le délai entre la sortie des films en salles et en DVD pourrait diminuer
C'est un exercice périlleux dans lequel le Centre national de la cinématographie (CNC) s'est lancé : modifier ce que le monde du cinéma nomme la "chronologie des médias". Dans une note de sept pages, transmise aux professionnels le 19 décembre 2008, il propose de raccourcir les délais entre la sortie des films en salles et leur exploitation en DVD, en vidéo à la demande (VOD) et leur diffusion à la télévision, sans toucher à l'équilibre d'ensemble.Le système français de diffusion des films est complexe. Pour permettre aux différents supports d'exister, il a offert à chacun des plages d'exploitation successives. En premier lieu, bien sûr, la sortie en salles. Puis chaque média se voit offrir une "fenêtre" de diffusion. DVD, vidéo à la demande, télévision payante et télévision gratuite se partagent ainsi les trois premières années de la vie d'un film.
Contrairement au dispositif américain, la salle a toujours été au coeur du système français. Lui accorder la primeur demeure le premier principe. Le second, comme le dit le CNC dans sa note, consiste à "préserver les sources actuelles de financement du cinéma et la cohérence économique des exploitations successives des films". D'où l'échafaudage bâti avec le temps.
PIRATAGE
Depuis quelques années, deux phénomènes sont venus déstabiliser cette construction. Le piratage, d'abord. Le gouvernement a donc présenté une loi réprimant le téléchargement illégal. Mais le texte "Création et Internet" exige que les professionnels favorisent l'offre de téléchargement légal et de diffusion sur le Web. Aujourd'hui, il faut attendre trente-trois semaines après la sortie d'un film en salles pour pouvoir en profiter en VOD.
Autre phénomène marquant : le recul de l'offre cinématographique sur les chaînes gratuites. "Entre 2003 et 2007, le nombre de films inédits (sortis depuis moins de quatre ans) diffusés sur les chaînes hertziennes en clair a diminué de 15 %", souligne le CNC.
Après avoir adressé aux organisations professionnelles du secteur un questionnaire, le CNC fait donc une série de propositions. Considérant que "physique" ou "à la demande", en "vente" ou en "location", la vidéo reste de la vidéo, le CNC encourage à attribuer une seule et même fenêtre à tous ces modes d'exploitation : elle s'ouvrirait quatre mois après la sortie du film en salles. En cas de succès spectaculaire en salles, les exploitants de vidéo pourraient être obligés d'attendre un peu plus longtemps.
Le cinéma chez soi devient de plus en plus répandu grâce au DVD et aux vidéos projecteurs.
Le CNC invite ensuite à "raccourcir concomitamment" de "deux ou trois mois" le délai d'ouverture de la fenêtre de télévision payante (Canal+ diffuse aujourd'hui après douze mois) et de "quatre à cinq mois" celui des chaînes gratuites coproductrices d'un film (aujourd'hui à vingt-quatre mois). Quant aux chaînes non productrices, le délai de trente-six mois serait aussi "remonté".
Les professionnels (exploitants, distributeurs, auteurs, chaînes, éditeurs vidéo, fournisseurs d'accès à Internet) ont trois mois pour se mettre d'accord. Passé le 31 mars, le gouvernement pourrait prendre sa décision seul.Nathaniel Herzberg