Chronique de... Elisa datant du 15 Août 2006:
Elisa
Présentation de Elisa par Ryad:
Elisa a 20 ans et c’est une fille attachante. D'une nature calme et discrète, c'est une personne ouverte d'esprit, compréhensive et très curieuse. Elle aime les langues et les cultures du monde et n'hésite pas à adopter les coutumes et traditions d'autrui pour les comprendre. Lorsque cette jeune fille s'intéresse à un domaine, elle s'investit à fond pour en explorer toutes les facettes.
Originaire de l'Isle-Jourdain, Elisa a suivi un cursus littéraire au lycée. Elle s'est ensuite orientée vers le commerce et elle a récemment quitté la Ville rose pour intégrer une école de commerce à Poitiers.
Aujourd'hui, Elisa nous fait partager l'une de ses passions: le cinéma indien. Séduite par cette culture à part, la beauté des tenues, les majestueuses cérémonies de mariage et surtout la musique et la danse indiennes, elle souhaite nous faire découvrir un aperçu de ce cinéma hors du commun qui offre à la fois du rêve, mais qui met également en relief les conditions de vie indiennes dans un système de castes.
Bollywood
بالیوُڈ
Beaucoup d’entre vous doivent se demander ce qui se cache derrière ce mot aux consonances exotiques !
Et bien rien de moins que la plus grosse production mondiale de films ! Alors, une petite idée… ?!
Bollywood pour Bombay et Hollywood… alors ça chauffe ?!Je veux bien sûr parler du cinéma indien !
Donc, cette chronique sera consacrée à vous faire découvrir une infime partie de ce cinéma, que dis-je cette culture, cet art à part entière qui trouve ses sources dans l’antiquité et qui ne cesse d’ameuter les foules !
Historique
Le cinéma indien évolue comme son peuple, les traditions y ont une place importante mais il sait vivre avec son temps !
Le cinéma a été introduit en Inde le 7 juillet 1896 avec les frères Lumières, mais bien avant l’apparition du premier film muet, le théâtre indien posait déjà les bases du cinéma. En effet, le cinéma indien, encore aujourd’hui, reste très proche des pièces théâtrales données à huis clos aux castes les plus privilégiées. Les acteurs, qui cumulent aussi les fonctions de chanteurs, danseurs et musiciens bien souvent, le sont de génération en génération et appartiennent tous à la même caste. Encore aujourd’hui, certains acteurs ne font que perpétuer l’art qui leur a été transmis par les leurs.
L’étiquetteNon, non il n’y pas de faute de frappe ! Vous devez certainement vous demandez ce que vient faire l’étiquette ici ?
Et bien les codes, symboles et autres bizarreries pour nous occidentaux sont scrupuleusement respectés dans tous les films indiens. Tout simplement car dans la vie quotidienne il en est de même, et les héritages culturel et sociologique ancestraux pèsent encore lourd sur la société.
Donc bien sûr pas question de voir une scène de baiser ou autre insanités ! Mais…
…Un film indien: ça ressemble à quoi ?
Et oui, la question est sur toutes les lèvres ! Alors un film indien c’est un condensé des feux de l’amour, de Rambo et des 11 commandements (pour faire dans le cliché de bon goût !).
Non, je vous rassure c’est bien plus que ça ! Même si le registre tombe à 99% dans le mélodrame, beaucoup de productions abordent des thèmes d’actualités et privilégient le fond à la forme.
Le point commun à tous les films est sans aucun doute le chant et les danses. Ce ne sont pas des comédies musicales comme on pourrait le croire mais ces mises en scène font partie intégrante de tous les films, trace de l’héritage théâtral.
En moyenne, elles occupent une bonne heure sur… trois du film ! Je vois déjà vos têtes déconfites ! Non, ce n’est pas comme Titanic, pas besoin de faire le stock de pop corn et autre collation avant d’entamer la séance ! Tous les films sont judicieusement coupés à la moitié de leur temps (ce qu’on appelle les intermissions) ; Merci monsieur le réalisateur !
La symbolique
Comme je l’ai mentionné plus tôt, l’héritage théâtral laisse une part importante de codes et symboles que seuls les initiés peuvent comprendre dans leur plénitude !
Le khôl rouge dans les cheveux signifie que c’est une femme mariée dont le mari est toujours en vie.
Le bindi (point rouge) porté sur le front marque un point d’énergie (chakra), mais la signification n’est pas claire pour tous !
Les paumes des mains liées peuvent être l’équivalent d’une poignée de main chez nous. Mais ce geste a une connotation de respect que la poignée de main n’a pas !
Le problème de la langue
L’Inde est un pays où les cultures, les religions et aussi les langues se mélangent et ne se ressemblent pas. Comme l’illustre le graphique ci-dessus, plus d’une trentaine de langues sont représentées dans l’industrie cinématographique indienne. Et pour les 1/5, qu’en très petite partie. Ceci dit les 5 langues principales (hindi, tamil, telugu, malayalam, kannada) sont comprises par la plupart des indiens, le reste ne sont que des dialectes locaux utilisés en famille ou entre tribus.
Quelques clichés de l’industrie cinématographique en Inde
Les traditionnelles affiches peintes à la main commencent à perdre du terrain.
Les acteurs sont élevés au rang des Dieux et ont leur propre temple un peu partout dans le pays !
Le cinéma ambulant à bord de ce camion qui transporte les projecteurs et les toiles…
… et la projection dans un village qui rassemble plus de 1000 personnes pour 3h de projection !
Acteurs connus du cinéma indien.
Les films cultes
Devdas, 2002, Sanjay Lella Banshali
Un Cendrillon à la sauce indienne. Ceci dit, ce film adapte un très vieux conte indien. Les décors sont magnifiques, les acteurs et actrices aussi. Un vrai travail au niveau des chants et de la chorégraphie. S’il faut en voir un c’est au moins celui là !
Lagaan, 2001, Ashutosh Gowariker
Retour à l’époque de l’Inde Britannique. Des villageois espèrent ne pas avoir à payer la taxe imposée par le colon britannique et l’officier anglais leur propose alors de les défier au cricket, un jeu alors totalement inconnu des Indiens. Beau film, qui nous replonge parfaitement à l’époque de la colonisation.
Le Mariage des moussons (Monsoon wedding), 2001, Mira Nair
Ce film se déroule dans une famille de classe huppée, moderne et traite du mariage arrangé et de ses drames. Film primé à la Mostra de Venise.
Mission Kashmir, 2000, Vidhu Vinod Chopra
Comme le titre l’indique, ce film a pour sujet les tensions qui ont lieu au Kashmir entre musulmans et hindous. Très bon film d’action, pas (trop) sur joué !
Malgré la multi culturalité de l’Inde et des conflits que cela peut engendrer, d’Afghanistan au Pakistan en passant par le Moyen Orient, le cinéma indien rallie les peuples et leur fait oublier le temps d’un film, les conflits qui les déchirent.Elisa Lacroix
Sources:
http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Indian_cinema
http://www.bollywhat.com
http://www.digitaljournalist.org/issue0306/jt45.html
http://www.us.imdb.com