Chronique de... Bruno datant du 1er Mars 2007:
Bruno
Présentation de Bruno par Alexis:Revoilà Bruno, mon ami depuis plus de sept ans et déjà auteur sur ce site d'une chronique sur le film La Cité de Dieu ! Je profite de ces quelques lignes pour remercier ce jeune homme de 23 ans, déjà donc présenté en octobre, pour ses nombreux conseils sur l'évolution de Films Pour Nous !
Bruno revient aujourd'hui avec une chronique sur le film de Paul Verhoeven, Starship Troopers. Il a pris du plaisir à écrire cette critique, et ça se voit ! Plaisir partagé !
Starship Troopers
Réalisateur: Paul Verhoeven
Interprètes: Casper Van Dien (Lieutenant Johnny Rico), Dina Meyer (Dizzy Flores), Denise Richards (Carmen Ibanez), Jake Busey (Ace Levy)...
Date de sortie: 21 janvier 1998
Genre: Fantastique
Durée: 2h15
Nationalité: États-Unis
INTRODUCTION
Starship Troopers est un film sorti en 1997 et réalisé par Paul Verhoeven. Ce réalisateur néerlandais est aussi connu pour avoir réalisé Robocop, Total Recall, Showgirl et Basic Instinct.
Paul VerhoevenStarship Troopers est inspiré du roman de 1959 de Robert Heinlein Etoiles, garde à vous ! à propos de la guerre intersidérale entre la civilisation humaine et des insectes géants intelligents.
I) LE CONTEXTE
Le contexte de Starship Troopers est un contexte de guerre futuriste et de science fiction. Cette guerre spéciale est inconnue jusqu’à alors puisqu’elle est entre la civilisation humaine contre un peuple «insecte» vivant dans la galaxie. C’est un combat à mort et sans survivants.
L’histoire repose sur l’amitié entre une bande d’amis encore étudiants. Sensibles aux messages de propagande fascistes de la Fédération, ils s’engagent dans l’armée pour combattre les ennemis insectes. Johnny dans l’infanterie mobile, aux plus près des combats, avec Dizzie, qui cherche à le séduire. Carmen, la petite amie de Johnny part dans la flotte intersidérale comme pilote de vaisseau spatial. Petit à petit, ils vont perdre leur innocence (surtout ceux de l’infanterie) de jeunes étudiants idéalistes face à l’horreur de la guerre.
Question du jour: Qu’est ce qu’un bon citoyen ?
Rico et Carmen au bal de fin d’année.
HUMAINS V.S INSECTESLa Fédération
La fédération est un groupement de planètes occupées par l'homme. Elle recouvre la planète mère (la terre) des humains, mais également toutes ses colonies. La Fédération repose sur l'Armée, par le biais du Service Fédéral (c'est-à-dire le service militaire), qui permet de devenir citoyen et donne certains privilèges (droit de vote, de mariage, de procréation...). La fédération est un système politique aux antipodes de la démocratie où on obtient des droits après avoir fait le service militaire. Les sentiments de nationalisme et de fierté d’être citoyen et de servir la fédération y sont exacerbés.Les Arachnides
Les Arachnides (Arachnids ou bugs dans la version anglaise) sont un peuple extra-terrestre ressemblant à des insectes. Ils sont les ennemis des héros. Les Arachnides ont été découverts lors de la colonisation de la Galaxie par l'homme. Ces insectes géants fonctionnent sur le modèle des insectes sociaux, comme les fourmis ou les termites. Ils se multiplient très vite.II) THESE
LES MESSAGES DU REALISATEUR.
Dans ce film, le réalisateur fait passer sa vision du caractère humain:Il y a un fasciste en chacun de nous.
Vraiment, certains diront que ce film est simpliste, trop à la sauce «star wars» ou trop «américain» avec ses acteurs aux faces aseptisées genre Casper Van Dien ou Denise Richards. Je leur répondrai: Non ! Ce film est beaucoup plus que ça. Sans être un chef-d’œuvre, je l’ai trouvé captivant dans la mesure où le réalisateur met en place une autre façon, certes simpliste et fasciste, de gérer la société humaine, mais qui est dynamique et relativement efficace pour détruire les ennemis (mais les nazis ont été efficaces aussi, souvenons nous). Dans le film, il défend aussi de façon implicite la thèse inédite et qui semble difficilement tenable qu’il y a un fasciste dans chacun de nous. D’ailleurs, le Washington post au moment de la sortie du film avait traité Paul Verhoeven de «néerlandais décadent» et de «fasciste néo-nazi». On l’avait aussi traité de misogyne à la sortie de Showgirls et d’homophobe à la sortie de Basic-instinct. Autant dire que Paul Verhoeven est un réalisateur à part. En tout cas il n’est bien sûr ni fasciste ni nazi. Il a été profondément marqué par l’occupation allemande des Pays-Bas durant sa jeunesse, et il avoue lui-même qu’il retranscrit souvent des visions de son enfance dans ses films.
«Il y a un fasciste dans chacun de nous» car Paul Verhoeven pense que si les humains sont conditionnés pour une cause ou un idéal, ils sont alors capables d’intégrer n’importe quel système et accepter des contraintes difficiles, dont le sacrifice suprême qui est la perte de la vie. En effet, même si les intentions des héros sont intimement bonnes, ils s’intégreront tout de même assez facilement dans une fédération à caractère fasciste, en s’engageant dans l’armée grâce aux messages de propagande télévisée de la fédération (très bien faits dans le film d’ailleurs), qui donne l’impression que la fédération est le meilleur des mondes et qu’un ennemi veut le détruire. «On ne devient quelqu’un qu’en devenant citoyen donc en se battant contre l’ennemi», tel est le message de propagande.
D’ailleurs, cette thèse est encore vérifiable dans le monde dans lequel nous vivons où la propagande est omniprésente dans presque toutes les sociétés humaines. De part la nation, la religion, le sexe ou la race (la communauté en général) ; il y a toujours des groupes qui se croient supérieurs aux autres ou pensent détenir «l’ultime vérité». Le fascisme est donc une facette du caractère de l’être humain. C’est le principal message du film à mon avis.
Propagande militaire auprès des enfants.
Johnny Rico a les boules !
Les humains contre «les autres».
Ce qui est frappant dans ce film, c’est que les hommes sont unis quels que soient leur race ou leur sexe pour combattre un ennemi commun qui menace leur existence et pour garder la domination de la race humaine dans la galaxie. Le message du réalisateur est sûrement: «les groupes humains ont besoin d’un ennemi commun ou d’un opposé pour s’unir» et «On peut être fasciste sans être raciste». En effet, il n’y a ni racisme ni sexisme dans la Fédération. Par exemple, le «skymarchal», sorte de chef d’etat-major de la fédération, est tantôt un homme blanc, tantôt une femme noire quand le blanc est viré pour échec de stratégie. Paul Verhoeven se pose une question terriblement pessimiste pour l’humanité: «Faut-il un régime fasciste avec du matraquage médiatique pour unir les humains ?».
L’Etat-Major a un air inquiétant du IIIème Reich.
Aspirant-Pilote Carmen Ibanez au rapport !
III) SCENES SYMPASOutre le caractère politique du film, il y a vraiment des scènes et des répliques qui m’ont beaucoup plues et j’aimerais vous les faire partager:
«C’était pas ce que l’on pensait !»
Après avoir formulé leur serment de service à la fédération (genre cérémonie de naturalisation américaine, comme dans certains films), Johnny se rend avec Carmen et Carl au centre de recrutement de l’armée pour y faire valider leur dossier. Là, le secrétaire de l’armée (c’est un vétéran avec un bras en fer) leur dit avec un air suffisant comme si il parlait à des jeunes naïfs: «Alors de la chair fraîche pour l’armée ?». Cette phrase casse un peu l’allure motivée et dynamique de nos héros. Puis lorsque Johnny indique d’un air volontaire et «citoyen» qu’il a choisi l’infanterie, le mec lui serre la main avec son bras de fer et lui répond toujours sur le même ton faussement motivant qui montre en fait un air désabusé: «Bravo jeune homme, c’est l’infanterie qui a fait de moi l’homme que je suis !!». C’est à mon avis un clin d’œil au cynisme qui sévit dans nos sociétés occidentales…. Puis, Johnny se rend compte que en plus d’avoir perdu un bras, le mec est en fait cul de jatte !!! C’est la première scène non-violente, qui commence à détruire l’innocence de nos héros.
Dépôt de dossier
Les arachnides sont sans pitié dans les combats.
Le sergent est un peu «obtus»
Dina Meyer a vraiment quelque chose dans le regard.
Les méthodes traditionnelles sont toujours les meilleures !!!
Lorsque Johnny et sa bande sont au camp d’entraînement, une recrue qui a des difficultés à réussir le lancer de couteau demande au viril sergent instructeur: «Sergent, j’comprends pas pourquoi on se fait chier à apprendre des trucs comme ça ! Dans une guerre atomique, on n’en a pas besoin, il suffit d’appuyer sur un bouton !». A ce moment, le sergent (c’est le même acteur que le gardien-chef dans Les évadés) ordonne à la recrue de mettre sa main contre le mur et, lui lance un couteau, transperçant sa paume et immobilisant son bras. La réponse du sergent : «L’ennemi n’appuiera pas sur le bouton si on lui paralyse la main !».
La recrue en plein apprentissage et le sergent
Ca sera le même sergent qu dira au peloton après avoir cassé le poignet d’une recrue qui voulait le défier loyalement: «La douleur, c’est dans la tête !».
Denise Richard, pilote de vaisseau
Les troopers en action
Un peu de gore quand même !!!
Aussi dans ce film qui est interdit aux moins de 12 ans, rappelons-le, il y a tout de même des scènes parfois bien gores, qui satisferont les amateurs du genre. Ma scène gore préférée est celle où le chef des arachnides, «le cerveau», pompe une cervelle humaine à l’aide d’un espèce de bras télescopique qui troue les crânes. C’est vraiment trop dégueux, j’ai du mal à regarder à chaque fois que je vois cette scène. Le mec a ses yeux qui remontent pendant qu’il se fait pomper la cervelle. Miam-miam !!!Des effets spéciaux réussis
Aussi soulignons que les scènes futuristes avec les vaisseaux spatiaux et les effets spéciaux en général sont une réussite dans ce film, il y a beaucoup de détails et l’ensemble des scènes est très réaliste. A aucun moment on a l’impression d’être devant un film de science fiction qui «sonne faux» avec des effets qui ne collent pas. Les labos d’image ont vraiment fait du bon boulot, avec des images de synthèse et des maquettes géantes des vaisseaux.
Quelques images de synthèse bien réussies.
L’avantage de ce film est donc qu’il regroupe les genres: de l’action, des histoires d’amour, du gore, de la science-fiction, des explosions, du futuriste…Voilà, j’espère qu’avec toute mon analyse, vous aurez envie de voir ce film, n’oubliez pas de penser à moi lorsque vous verrez les scènes racontées ! En plus, j’ai fait exprès de ne pas trop vous montrer les petites bébêtes pour que vous les découvriez dans le film !
P.S. Dernière info: Un effet «Taxi» sur Starship Troopers. Il semblerait qu’un Starship Troopers 3 soit prévu d’être produit en 2007, avec Casper Van Dien qui revient, mais toujours avec le réalisateur du 2, Phil Tippett (qui était assistant de PV dans le 1). Encore une récupération, qui, on l’espère ne sera pas aussi nullissime que le précédent, qui, selon les critiques ne ressemblait au premier que par le titre ; les acteurs étant aussi changés. A mon avis, il sera impossible de faire aussi bien que le premier car l’adaptation du livre est le fruit de l’imagination de Paul Verhoeven.
Bruno
A voir également: la critique de Starship Troopers sur Mad-Movies.com que vous trouverez ici:
http://www.mad-movies.com/fiche.php?id=428