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Chronique de... Bruno datant du 1er Octobre 2006:

Bruno

Bruno

 

Présentation de Bruno par Alexis:

Je suis arrivé en 1999 à Toulouse. Bruno est un des tous premiers toulousains (un vrai toulousain, pas vraiment toujours ponctuel !) à qui j'ai parlé. Nous étions dans la même classe en première et en terminale. Nous ne nous sommes jamais perdus de vue. Nous avons le même âge, avons fait les mêmes études, aimons et pratiquons tous les deux plusieurs sports (tennis, football, cyclisme…), et partons parfois ensemble en vacances, comme ce fut le cas cet été en Algérie. Bruno est un vrai ami, sur qui je peux compter ! Et il me fait rire, notamment lorsqu'il joue les "gros beaufs" avec des théories politiquement incorrectes !

Après quatre années passées à l'université Toulouse 1 en Administration Économique et Sociale puis une année au Canada pour effectuer une maîtrise de sciences politiques, il s'apprête à suivre cette année un master 1 en droit européen et international.

Bruno s'intéresse à la culture en général et notamment au cinéma. Il nous propose aujourd'hui une critique du film brésilien La Cité de Dieu, critique dans laquelle il élabore de belles analyses, en particulier une possible explication du titre.

 

La Cité de Dieu

La Cité de Dieu

Titre original: Cidade de deus
Réalisateur: Fernando Meirelles, Katia Lund
Interprètes: Alexandre Rodrigues (Fusée [Buscapé]), Douglas Silva (Petit Dé), Darlan Cunha (Filé-com-Fritas), Phelipe Haagensen (Bené), Leandro Firmino Da Hora (Petit Zé [Ze Pequeno])...
Date de sortie: 12 mars 2003
Genre: Drame
Durée: 2h15
Nationalité: Brésil

 

La cité de Dieu ; quel nom curieux pour ce film sur les gangs de rue brésiliens. En effet, Dieu semble avoir oublié cette favela de Rio de Janeiro, laissant les pauvres fidèles ; habitant ce quartier ; à leur triste sort.

Un peu d’histoire pour comprendre. Le nom de « cité de Dieu » nous vient du religieux Saint Augustin ; qui écrivit après la chute de Rome, « De Civitate Dei contra paganos » ou la cité de Dieu contre les païens. C’est une apologie du Christianisme contre le paganisme, c'est-à-dire ceux qui croient en plusieurs Dieux, les polythéistes, les romains. Saint Augustin, à travers son œuvre, s’évertua à prouver que l’empire romain n’a pas chuté à cause du christianisme (Empereur Constantin), mais à cause du fait du fait que Dieu ne peut pas aider les polythéistes.
Une question se pose: quel rapport avec les jeunes des favelas de Rio sachant que ce film est loin d’être teinté d’aspects religieux ? Le seul que j’ai trouvé: les favelas sont des cités en perdition et en proie à l’anarchie, comme l’empire de Rome il y a 1700 ans.

Revenons au film : la violence transpire dans La cité de Dieu. Pas une violence artificielle et exagérée ; non, une violence pure et naturelle, qui explose au quotidien chez ces jeunes qui ont du mal à s’imaginer un avenir (voir les émeutes de Novembre 2006 en France !). La cité de Dieu est le récit d’une vie, de plusieurs vies d’enfants, de treize à vingt ans.

Certains tombent aux fils des années, emportés dans le tourbillon de la violence. D’autres réussissent à survivre. Certains se sont taillés une réputation de dominants comme Zé Pequeno, dont la folie meurtrière semble le rendre invincible ; d’autres la refusent mais sont contraints de vivre avec. Certains sont malins et cruels et pensent déjà à leur avenir de caïd à la tête d’une armée d’une douzaine de gamins, d’autres sociables et chaleureux et rêvent de quitter cette cité qu’ils aiment pourtant.

Le personnage principal est un «bon gars» (qui ressemble étrangement à Marcel Desailly, non ?) qui est passionné de photographie. Il n’est pas chaud pour s’insérer dans un gang de rue. Il n’est pas assez dur pour ça mais aussi assez malin pour savoir que le crime ne paie pas. Il n’est pas assez docile non plus pour accepter n’importe quel emploi sous payé comme on en propose aux jeunes des quartiers pauvres.

Une addition plutôt simple se pose: soit on rejoint un gang pour participer à l’unique business de la cité: le trafic de drogue, et ainsi recevoir du prestige et surtout de l’argent afin de se payer des fringues présentables, mais en se doutant qu’on risque de mourir dans peu de temps ; soit on cherche à être plus ou moins honnête en privilégiant le fait d’avoir la vie sauve mais en étant sans le sou.

Ce film m’a tellement marqué que je me suis demandé si il reflétait vraiment la réalité de la vie dans les favelas. Toujours est t il que l’on sort choqué de cette jeunesse gâchée livrée à elle-même.
Tout au long du film, on se rend compte que la vie ne vaut pas grand-chose dans ces ghettos. La police, corrompue, est débordée par la violence et n’a aucun scrupule à trouer la peau des délinquants. Pour la police de Rio ; dans la cité de Dieu, un bon jeune est un jeune mort. Cela les arrange que les bandes s’entretuent car ça fait moins de délinquants au final.
Bref, dans la cité de dieu, la violence est à la fois foudroyante et banale.

C’est un film manichéen qui oppose le bien au mal dans un milieu où le mal domine. Le bien va t-il survivre ?

Bon, voila le cadre général du film. Contrairement à la plupart des films étrangers doublés en français, j’ai adoré les voix en français. Elles ont quelque chose d’authentique, l’intonation est excellente et colle parfaitement au climat un peu fou du film. L’intérêt de ce film est aussi que les personnages ont des caractères très différents. Ze péquéno le nerveux, Mousquapé le calme… et vivent ensemble dans la même cité.

On peut aussi souligner le style du réalisateur Fernando Mereilles avec des angles de vue superbes notamment des plages brésiliennes mais aussi des cadrages audacieux lors des scènes d’actions.

En clair, La cité de Dieu est selon moi un très bon film même s’il est peu connu et hors des circuits commerciaux. Comme le dit l’affiche, un film choc et coup de poing à regarder sur grand écran avec dolby suround !!

Bruno


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