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Chronique de... Antoine datant du 15 Mai 2006:

Antoine

Antoine

 

Présentation de Antoine par Alexis:

Antoine a 24 ans. Toulousain depuis 2000, il est originaire comme moi du Nord de la France. Je l'ai connu à l'université des Sciences Sociales de Toulouse. Deux ans ensemble dans cette filière AES nous ont suffi pour devenir amis. Et on se voit encore ! Cela signifie beaucoup lorsqu'on connaît la générale superficialité des relations entre étudiants. Il est actuellement à l'institut d'administration des entreprises de Toulouse où il suit un Master de Gestion. Il se dirige vers le métier de manager d'artistes ou de sportifs.

Passionné de football et de sport en général, il adore aussi le cinéma. Il est certainement dans mon entourage la personne qui s'y connaît le mieux dans ce domaine. Il aime principalement les films écrits par Michel Audiard et ceux mis en scène par Spike Lee. C'est sur l'oeuvre du cinéaste américain qu'il a choisi de nous écrire un article.

 

Spike Lee

Spike Lee

Spike Lee est né le 20 Mars 1957 à Atlanta (États-Unis), il est Réalisateur, Scénariste, Producteur, Producteur exécutif, Acteur et Monteur.

 

 

S’il y a bien un réalisateur qui tient une place à part dans le paysage cinématographique américain et dans mon coeur, c’est Spike Lee.  Depuis vingt ans, il nous livre des films (appelés "Joint") qui ne laissent jamais insensibles le public et la critique. Ce natif d’Atlanta qui grandit à Brooklyn, a, dès ses débuts de réalisateur, marqué les esprits avec Joe's Bed-Stuy Barbershop: We Cut Heads en 1983 mais surtout She’s Gotta Have It (Nola Darling n'en fait qu'à sa tête) en 1986 qui remporta un prix au festival de Cannes dans la catégorie Prix de la Jeunesse. Dans ces deux films il met en scène une ville (New York) et une thématique qui deviendra récurrente tout au long de sa carrière: la communauté noire aux États-Unis et ce, dans tous ses aspects.

 Malgré cette récompense et le succès d’estime qui en découle, Spike Lee s’est vite rendu compte que les grands studios américains n’étaient pas forcément enclins à financer ses films. Il décide donc de créer sa maison de production "40 Acres and a Mule" et s’entoure de collaborateurs fidèles: Jon Kilik (La Dernière Marche, Broken Flowers)  à la production,  et Terence Blanchard pour la musique.

 

Spike Lee ou l’immersion au sein de la communauté afro-américaine

En 1989, sort sur les écrans Do The Right Thing, le premier chef-d’œuvre du réalisateur qui ici se met en scène aux cotés de John Turturro, Ossie Davis, Samuel L. Jackson et Danny Aiello. Sur fond de relations interraciales entre les communautés afro-américaine et italienne de Brooklyn, ce film traite du sujet délicat du racisme sans jamais tomber dans les stéréotypes ou les raccourcis habituels. Ce film dérange, nous interpelle, ne laissant personne indifférent. Il fut d’ailleurs acclamé au festival de Cannes et est considéré par la critique comme un chef-d’œuvre des années 80 confirmant ainsi tout le talent de Spike Lee.

On retrouve cette thématique deux ans plus tard dans Jungle Fever où une relation amoureuse entre Wesley Snipes (afro-américain) et la sublime Annabella Sciorra (italo-américaine) provoque de part et d’autre de leurs communautés respectives de vives réactions. En 1992, Lee réalise peut être ce qui reste son plus grand film à ce jour, un film qui pour lui l’ex-étudiant de l’université de Morehouse en Géorgie (première université à former des noirs aux États-Unis) tient valeur de symbole, Malcom X.

Dans le rôle de ce personnage exceptionnel et controversé, Spike Lee réussit grâce à la performance d’un Denzel Washington déjà au sommet de son art, à nous montrer avec justesse l’évolution de cette homme complexe au fil des décennies, depuis son passé de criminel et son séjour en prison jusqu’à sa conversion à l’Islam, son rôle d’activiste et enfin son assassinat.

En 1996, Spike Lee nous livre un film assez original, Get On The Bus: un voyage en bus depuis Los Angeles jusqu’à Washington à l’occasion de la «Million Man March» où un million d’afro-américains marchèrent pacifiquement en 1995 dans la capitale fédérale. On y retrouve une galerie de personnages de tout âge et de toute condition réunie pour cette occasion, cela donnant lieu à des confrontations à la fois drôles et graves concernant la politique et la place des Noirs dans la société américaine.

Au-delà de la place que tient la communauté afro-américaine dans les films de Spike Lee, l’autre constante du réalisateur est le lieu où se déroule la majorité de ses films, New York. A l’image d’un Woody Allen, cette ville colle à la peau du réalisateur.

Spike Lee

 

New York, l’antre de Spike Lee

Dès son premier film (Bed-Stuy Barbershop: We Cut Heads) le réalisateur pose ses caméras à Brooklyn et n’aura de cesse par la suite de filmer le quartier de son enfance et cette ville qu’il aime tant. A ma connaissance, aucun autre réalisateur ne connaît aussi bien la "Big Apple". A sa façon de filmer on est immédiatement plongé dans l’ambiance des différents quartiers de New York: depuis les  projects de Brooklyn (Clockers avec Harvey Keitel produit par Martin Scorsese  en 1995), les terrains de basket de Rucker Park (He Got Game avec Denzel Washington en 1998), ou encore le quartier italien entre le Queens et le Bronx  (Summer of Sam en 1999 avec Adrian Brody et Mira Sorvino), on se sent New Yorkais !

En 2002, il est le premier à filmer le New York "Post" 11 Septembre dans The 25th Hour (La 25ème Heure) avec Edward Norton et Philip Seymour Hoffman. Le premier plan du film  montrant les immenses projecteurs qui ont pris la place des Twin Towers  nous glacent le sang. On ressent le traumatisme immense qui pèse sur les New Yorkais avec un Edward Norton désabusé et en rage contre toutes les communautés qui peuplent cette ville. Un film à voir absolument.

Il y a quelques semaines est sorti le dernier film de Spike Lee, Inside Man - L'homme de l'intérieur, un film de commande de la part des studios Universal qui met remarquablement en scène Jodie Foster, Clive Owen et Denzel Washington. Encore une fois Spike Lee surprend et cela nous promet, espérons-le, de prochains "Joints" toujours aussi palpitants.

Antoine


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