Chronique de... Alexis datant du 1er Février 2008:
Alexis
Présentation d'Alexis par lui-même:
Passionné de cinéma depuis bientôt 10 ans, j'ai appris le septième art grâce à la presse. Je suis peu allé au cinéma dans mon adolescence, mais j'adorais déjà me retrouver dans les salles obscures. Ainsi, mon principal critère de sélection quant au choix d'un film était sa durée. Plus le film était long, plus je voulais aller le voir. Rock étant plus long que L'effaceur, je préférais aller voir Rock…
C'est à la transition entre le collège et le lycée que j'ai acheté mon premier magazine de cinéma, en l'occurrence Ciné Live. Jusqu'à la fin des années 90, je ne m'intéressais qu'aux films faciles, du type Armageddon. Puis, sur les conseils de Ciné Live, je me suis intéressé à des films moins cons. Par la suite, Ciné Live et ses critiques de films ne me correspondaient plus, je recherchais quelque chose de plus pointu. Mais je ne peux pas dire que du mal de ce magazine car c'est grâce à lui que je me suis orienté vers d'autres cinémas – sinon, j'en serais peut-être resté à Destination finale ou Perdus dans l'espace ! Puis je me suis dirigé vers d'autres magazines, plus exigeants.
Récemment, j'ai pensé vous faire partager quelques critiques de films issues de mes archives de Ciné Live, Première, Studio, Brazil, La revue du cinéma, Les Cahiers du cinéma et Positif. Mais uniquement concernant les plus mauvais films ! J'ai ainsi sélectionné 20 critiques de films, tous mauvais. Ces critiques ont deux grands points communs: l'humour en découle et la critique est courte (car peu de choses à dire et pas de temps à perdre). Appréciez également la qualité d'écriture ! Highlander 2, The Château et La cloche a sonné constituent mes critiques préférées. A vous de choisir les vôtres !
Présentation des magazines de cinéma:
La presse cinéma en France est une des meilleures et une des plus prolifiques du monde. Voici une petite description des magazines de cinéma cités ci-dessous:
Ciné Live: magazine mensuel créé en 1997. Vendu au prix de 3 euros. Des critiques souvent trop gentilles ou alors parfois arbitrairement méchantes, des articles centrés essentiellement sur les stars, beaucoup trop de publicités… S'adresse aux débutants en cinéphilie.
Site Internet : www.cinelive.com
Première: magazine mensuel créé en 1976. Vendu au prix de 3,50 euros. Légèrement mieux que Ciné Live, mais y ressemble beaucoup, pour les mêmes raisons.
Site Internet: www.premiere.fr
Studio: magazine mensuel créé en 1987. Vendu au prix de 4,50 euros. Magazine correct, très bon il y a encore quelques mois… En effet, depuis le changement de direction au sein du journal (remplacement de Jean-Pierre Lavoignat par Michel Rebichon), le journal a perdu en qualité, se dirigeant tout droit vers des magazines comme Première. D'ailleurs Michel Rebichon est également directeur de la rédaction de Ciné Live (le groupe belge Roularta, qui détient Studio, a procédé au rachat de Ciné Live fin 2006) et on peut regretter que Studio se soit rapproché de Ciné Live et non l'inverse.
Site Internet: www.studiomagazine.fr
Brazil: magazine mensuel créé en 2002. Vendu au prix de 4,50 euros. Le titre est un hommage au film de Terry Gilliam, le sous-titre est "le cinéma sans concession". Un peu trop tir-au-flanc mais en effet sans concession sur leurs avis. En janvier 2003, un article intitulé "Besson m'a tuer mon cinéma" a donné lieu à une plainte judiciaire de la part de Luc Besson pour diffamation. Le réalisateur français a finalement été débouté mais l'affaire a obligé le magazine à fusionner en septembre 2004 avec le magazine de rock Crossroads. En septembre 2007, le magazine a fait son retour en kiosque doté de 132 pages (68 lors de la première mouture) sous le nom "Brazil2".
Site Internet: http://www.banditscompany.com/Menu.html
La revue du cinéma: La revue du cinéma est une ancienne revue qui n'est aujourd'hui plus publiée. Née en 1946, elle s'est appelée Image et Son puis La revue du cinéma, image et son et enfin la revue du cinéma tout court. Elle cesse de paraître en 1992 pour être immédiatement remplacée par Le Mensuel du Cinéma (avec les mêmes auteurs) qui s'arrête définitivement en juin 1994. Il s'agissait de la revue de l'UFOLEIS, une importante fédération de ciné-clubs, dirigée par François Chevassu, Guy Allombert, Philippe Haudiquet, etc.
Cette revue éditait aussi les fameuses Saisons cinématographiques. Merci aux auteurs des sites www.calindex.eu et www.cine-studies.net pour leurs informations sur cette revue, des informations paradoxalement très difficiles à trouver sur Internet pour une revue qui a paru pourtant plus de 40 ans.
Les Cahiers du cinéma: magazine mensuel créé en 1951. Vendu au prix de 5,90 euros. Très complet, avec un célèbre passé (Nouvelle vague). Parfois un peu trop élitiste, ne s'intéressant pas assez à "tous" les cinémas. Mais comme pour Positif, Les Cahiers du cinéma offre une analyse en profondeur des films actuels et anciens.
Site Internet: www.cahiersducinema.com
Positif: magazine mensuel créé en 1952. Vendu au prix de 7 euros. En 2005, le Variety International Film Guide qualifie Positif comme étant "de loin la meilleure revue de cinéma d'Europe". Positif est avec Les Cahiers du cinéma, le journal le plus exigeant, mais j'ai une préférence pour Positif, qui ne cherche pas à semer le lecteur, contrairement - j'ai parfois l'impression - aux Cahiers. Même s'il manque quelques pages d'actualité, Positif est en effet une excellente revue qui souffre hélas d'une trop faible diffusion.
Site Internet: www.revue-positif.net
Critiques assassines:
La vengeance de Ringo
Titre original: Ringo il volto della vendetta
Réalisateur: Mario Caiano
Interprètes: Anthony Steffen, Frank Wolff, Eduardo Fajardo…
Date de sortie: 1966
Genre: Western
Nationalité: Italie
(Cahiers du cinéma, décembre 1967)Les deux moitiés d'une carte désignant l'emplacement d'un trésor se promènent, tatouées, sur les dos de deux hommes: il faudra écorcher vif l'un d'eux pour que la carte recouvre le territoire. L'excessive originalité de tels points de départ rend, hélas, d'autant plus sévère pour la nullité de ce qui en découle.
Impasse de la prostitution
Titre original: Seitenstraße der Prostitution
Réalisateur: Gerhard Ammann
Interprètes: Uta Levka, Brigitte Frank, Edi Huber…
Date de sortie: 1967
Genre: Drame
Nationalité: Allemagne(La revue du cinéma, juin-juillet 1972)
Film érotique cherchant un alibi médical. Un sujet central animé par un aréopage de médecins: les maladies vénériennes considérées ici comme une impasse sur le plan de la prostitution. L'information reste nulle comme le film, véritable tissu d'âneries, hésitant entre le folklore et un érotisme pour sous-alimentés, le tout dominé par une imperturbable débilité à tous les niveaux.
Les dents de la mer 4: la revanche
Titre original: Jaws : The revenge
Réalisateur: Joseph Sargent
Interprètes: Lorraine Gary, Lance Guest, Mario Van Peebles…
Date de sortie: 23 décembre 1987
Genre: Thriller
Nationalité: États-Unis(Studio, janvier 1988)
Comment ce qui reste de la famille Brody, déjà fâcheusement décimée par le monstre aux dents blanches, peut-elle encore tremper ses doigts de pied dans l'océan, alors que depuis trois épisodes elle sait qu'il n'y frétille pas que du plancton ? Tel le phoenix, le blanc requin renaît infatigablement de ses cendres. A moins qu'il ne s'agisse à chaque fois d'un descendant, mis au courant, par on ne sait quel sonar, de la terrible fatalité qui pèse sur cette famille, et dont il est le bras, ou plutôt la nageoire. Après Spielberg (le meilleur, et de très loin), Jeannot Szwarc et Joe Alves, c'est Joseph Sargent qui s'y colle. Sous-titré "La revanche", le film est le quatrième volet d'une série qui commence vraiment à fatiguer. Dès que la caméra frôle l'écume (javellisée… bonjour les décors !) sur une musique dramatique, ce n'est plus l'angoisse qui nous secoue, mais le rire. Seule la présence de Michael Caine nous sort de l'apathie.
Highlander 2, le retour
Titre original: Highlander II: The Quickening
Réalisateur: Russell Mulcahy
Interprètes: Christophe Lambert, Sean Connery, Virginia Madsen…
Date de sortie: 6 février 1991
Genre: Action, Aventure
Nationalité: États-Unis
(Cahiers du Cinéma, février 1991)Etait-il vraiment indispensable d'imposer au public une suite à Highlander, film clip d'une rare bêtise ? Pour Russel Mulcahy, livrer un deuxième volet aux aventures de l'immortel Mc Leod semblait nécessaire.
Je regrette de ne pas avoir eu en ma possession un exemplaire du scénario de Highlander 2, le retour. Confortablement installé avec le "script" sur les genoux, j'aurais peut être pu saisir le récit, très confus. On n'a pas vu plus nul depuis longtemps, tant dans la prétention visuelle (entre Blade Runner, Dune et Bio-Man) que dans l'agencement sans queue ni tête des séquences ("Cinq ans après", "Deux siècles plus tôt"). Les nerfs optiques du spectateur sont soumis à de rudes épreuves: voir la séquence de combat, incompréhensible, entre un homme oiseau et Mc Leod (monté sur un skateboard volant). A tout cela s'ajoutent une violence très complaisante et une interprétation ridicule (Virginia Madsen et Michael Ironside au-dessous de tout): Highlander 2 défie toute tentative critique.
L'homme qui en savait trop… peu
Titre original: The Man Who Knew too Little
Réalisateur: Jon Amiel
Interprètes: Bill Murray, Alfred Molina, Joanne Whalley-Kilmer...
Date de sortie: 10 juin 1998
Genre: Comédie
Nationalité: États-Unis, AllemagneCiné Live (juillet-août 1998)
Ne vous fiez pas au titre: L'homme qui en savait trop… peu n'a rien à voir avec celui qui en savait trop tout court, mais bel et bien avec celui qui n'en savait pas assez: le scénariste. Car bon, on veut bien être indulgent, mais là c'est trop. Un Américain en visite à Londres se voit offrir par son frère une participation à un reality show dont il est le héros et se retrouve impliqué malgré lui dans une véritable histoire d'espionnage qu'il prend pour un jeu. Avis aux scénaristes: quand vous vous ennuyez le dimanche, regardez la télé au lieu d'écrire une intrigue aussi mince qu'un fil dentaire et aussi drôle qu'un contrôle d'impôts.
Sacré Slappy !
Titre original: Slappy and the Stinkers
Réalisateur: Barnet Kellman
Interprètes: Bronson Pinchot, Jennifer Coolidge, Joseph Ashton
Date de sortie: 1998
Genre: Aventure
Nationalité: FranceCiné Live (juillet 1999)
Ca commence fort avec Sacré Slappy ! de Barnet Kellman, l'histoire de cinq "chenapans" qui sauvent une otarie dépressive du zoo où elle végète, et véritable festival de mômes têtes à claques lâchés dans un film impressionnant de bêtise et de vulgarité (l'otarie pète et se tape une diarrhée). Scandale: c'est aussi un massacre sans vergogne de L'autobus à impériale. Mis à part dans le cadre d'une opération de lobotomie générale du jeune public, on ne voit vraiment pas pourquoi de tels navets voient le jour.
Le monde de Marty
Réalisateur: Denis Bardiau
Interprètes: Michel Serrault, Jonathan Demurger, Camille Japy...
Date de sortie: 1999
Genre: Comédie dramatique
Nationalité: France
Ciné Live (février 2000)Le vieil homme et la tête à claques… Comme un mardi sur deux sur TF1, un hôpital sert de cadre à cette histoire édifiante d'un petit garçon atteint d'un cancer et d'un vieux bougon qu'Alzheimer a définitivement muré dans le silence. Répulsion/haine dans la chambrette puis amitié/complicité sur fond d'océan d'infini après une virée nocturne en chaise roulante: pas besoin d'être grand clerc pour deviner où nous emmène Denis Bardiau, qui ne semble pas se faire une très haute idée du cinématographe au vu du chapelet de clichés qu'il égrène sans vergogne. Pas une seule seconde il ne prendra la peine d'ancrer son histoire dans une réalité thérapeutique autre que caricaturale (les médecins défaitistes, les patients mabouls). Bilan: de cet insupportable chantage à l'affectif, où le cabotinage est roi, ne surnage la moindre bribe d'émotion. Pathétique.
T'aime
Réalisateur: Patrick Sébastien
Interprètes: Patrick Sébastien, Jean-François Balmer, Annie Girardot…
Date de sortie: 1999
Genre: Comédie dramatique
Nationalité: FranceCiné Live (mai 2000)
Qui l'eut cru ? En quelques coups de manivelle, Patrick Sébastien met fin à la guerre des tranchées entre presse et cinéastes: T'aime est LE film du siècle impossible à critiquer, futur sujet de cauchemar pour les exams de journalisme. Ce n'est pas faute d'avoir la plume qui frétille: Sébastien tournant son Vol au-dessus d'un champ de betteraves, mémorisant le reader's digest de Freud en chevauchant sa Harley, catogan déchaîné au rythme du best of de Patrick Fiori… Du pain béni ? Trop facile. On s'en voudrait de galvauder cette rencontre du troisième type en pointant d'un bic vengeur les aphorismes à la BHL, les raccords très Mocky et la psychologie Doc et Difool. Sébastien est au-delà de la naïveté, quelque part entre "Le miel et les abeilles" et "La minute de M. Cyclopède". Sans le vouloir, forcément, et c'est ce qui fait le sel d'une projection où l'on se gondole en copiant sur son voisin les répliques cultes, tous adeptes de la secte du nanar qui vient de trouver son gourou. Imaginez le Gump du village, violant la fille du JR local (il a cru que le raccourci "fessée sur l'établi", ben c'était ça l'amour), expédié à l'asile où on se pend au clair de lune (façon Pierrot Gourmand) et où on s'éclate au Champomy en l'honneur des fiançailles… surprise ! Voilà pour le raccourci, sachant que le climax (duo croque-tartine Bonne Maman chauffé par Phoebus) enfonce le Top 50 des saillies Ferrero Rocher. De quoi provoquer l'infarctus de sa télécommande, en se repassant l'ovni image par image… Pour le cinoche, à réserver aux pervers polymorphes !
Issue de secours
Titre original: Do Not Disturb
Réalisateur: Dick Maas
Interprètes: William Hurt, Jennifer Tilly, Denis Leary...
Date de sortie: 14 juin 2000
Genre: Policier
Nationalité: Allemagne, Pays-Bas
(Studio, juin 2000)Spécialiste des films d'horreur efficaces (L'ascenseur, Amsterdamned), le Néerlandais Dick Maas a perdu la main. Avec Issue de secours, son septième film, il signe un thriller lourd, incongru et totalement aberrant. C'est tellement nul qu'on finit par en rire, comme dans cette scène où la petite fille muette témoin d'un meurtre chasse les méchants à coups de savate. C'est Bruce Lee en jupette avec des couettes ! A fuir.
P'tits génies
Titre original: Baby Geniuses
Réalisateur: Bob Clark
Interprètes: Kathleen Turner, Christopher Lloyd, Kim Cattrall...
Date de sortie: 1999
Genre: Comédie
Nationalité: États-Unis
Ciné Live (juillet-août 2000)Il en aura fallu, du génie, à ceux qui ont convaincu une major d'acheter un scénario d'une telle manifeste crétinerie, embarquant dans cette galère quelques comédiens par ailleurs savoureux (Kathleen Turner, Peter MacNicol, Kim Cattrall). Mais le génie n'est visiblement pas fidèle car, au moment de passer à la concrétisation, il est patent qu'il a déserté les plateaux de tournage. Résultat: cette histoire de bébés surdoués qui naissent avec un langage universel hérité de la mémoire enfouie de l'humanité et qu'il perdent dès qu'ils commencent à communiquer (je sais, résumé comme ça, c'est très con, mais ressassé pendant une heure trente, c'est un supplice) est inepte à un point de non retour et concourt pour le titre peu enviable (mais fort disputé) de nanar du siècle, sorte d'étalon-navet d'une échelle de valeur qui irait du méganase au pire.
Blair Witch 2: le livre des ombres
Titre original: Book of Shadows: Blair Witch 2
Réalisateur: Joe Berliner
Interprètes: Jeffrey Donovan, Kim Director, Erica Leerhsen...
Date de sortie: 8 novembre 2000
Genre: Epouvante, horreur
Nationalité: États-Unis(Studio, décembre 2000)
Même s'il avait divisé notre rédaction, il faut reconnaître que Le projet Blair Witch faisait montre d'un vrai sens de la surprise et de la manipulation du spectateur. Cette suite, premier long métrage de fiction d'un réalisateur venu du documentaire, est absolument consternante. Mettant en scène un groupe d'hommes et de femmes, tous plus caricaturaux les uns que les autres, venus se faire peur dans la fameuse forêt de Burkittsville, envahie depuis le triomphe mondial du premier volet par les aficionados en tout genre, Blair Witch 2 ne fait jamais peur. Il se contente d'enfiler les passages obligés du film d'horreur sans la moindre originalité, pour en arriver à une fin grotesque qui nie tout ce que l'on a pu voir auparavant, sur le thème "Ne croyez pas tout ce qu'on peut vous montrer". Desservi en outre par une interprétation épouvantable, ce film est le candidat idéal aux Razzi Awards, "récompensant" les navets de l'année.
Le couvent
Titre original: The Convent
Réalisateur: Mike Mendez
Interprètes: Adrienne Barbeau, Joanna Canton, Megahn Perry...
Date de sortie: 25 avril 2001
Genre: Epouvante, Horreur
Nationalité: États-Unis(Studio, mai 2001)
Epouvantable.
On croyait ce genre de film gore à jamais réservé au marché de la vidéo. Le couvent constitue une notable, mais bien affligeante exception. Ce lieu de prières hanté compile meurtres sacrificiels et massacres sanguinolents, enrobés d'un humour au second degré franchement indigeste. Pour son deuxième long métrage, Mike Mendez lorgnait sans doute vers Scream, espérant moderniser le film d'horreur trash. Hélas, le résultat est tout entier contenu dans son slogan: "Priez pour ne pas y entrer !"
100 girls
Réalisateur: Michael Davis
Interprètes: Jonathan Tucker, Larisa Oleynik, Jaime Pressly...
Date de sortie: 4 juillet 2001
Genre: Comédie
Nationalité: États-UnisStudio (juillet-août 2001)
Le Max Pecas américain existe, il s'appelle Michael Davis. Difficile en effet de faire plus indigent que cette comédie vulgaire et stupide, qui a pour personnage principal un ado cherchant à retrouver, à l'intérieur d'une résidence de 100 filles, celle avec qui il a fait l'amour dans le noir pendant une panne d'ascenseur… Comédie est un bien grand mot pour ce 100 girls, à côté duquel American Pie passe pour un sommet de raffinement. Une référence dans l'art du nanar.
The chateau
Réalisateur: Jesse Peretz
Interprètes: Paul Rudd, Romany Malco, Sylvie Testud...
Date de sortie: 16 janvier 2002
Genre: Comédie
Nationalité: États-UnisStudio (novembre 2001)
Deux frères Américains ont hérité d'un château en France. Ils vont connaître bien des mauvaises surprises… Le spectateur aussi ! Mal écrit, mal réalisé, mal joué, filmé en numérique avec trois bouts de ficelle, The Chateau est un monument d'indigence, d'à-peu-près et d'ennui. Réalisé par Jesse Peretz (ancien bassiste du groupe Lemonheads, déjà coupable de First Love, Last Rites), ce film est le brouillon d'un film qu'on n'aimerait pas voir.
Change-moi ma vie
Réalisateur: Liria Bégéja
Interprètes: Fanny Ardant, Roschdy Zem, Sami Bouajila...
Date de sortie: 28 novembre 2001
Genre: Drame
Nationalité: FrancePremière (décembre 2001)
Elle est grande, belle, comédienne et solitaire dans les rues de Paris. Il est beur, prostitué travesti et se drogue pour supporter sa condition dans les rues de Paris. Et s'ils s'aimaient pour s'en sortir ? Le résumé fait peur. Hélas, le film aussi. Fanny Ardant, Roschdy Zem ou le lumineux Sami Bouajila ont beau y mettre tout leur savoir-faire, la dose de tragique assénée à chaque plan est beaucoup trop écrasante. Toutes les intentions scénaristiques – droit à la différence, dépendance à la drogue, etc. – tombent dans le ridicule, y compris la fin, sorte de pirouette dramatique sous forme d'hommage plus gênant que poignant.
Resident Evil: apocalypse
Réalisateur: Alexander Witt
Interprètes: Milla Jovovich, Sienna Guillory, Oded Fehr...
Date de sortie: 6 octobre 2004
Genre: Fantastique
Nationalité: États-Unis, Grande Bretagne, France, AllemagneBrazil (septembre 2004)
Désolé, mais adapter au cinéma des jeux vidéo est pour moi une telle hérésie que je ne trouve pas même les mots pour dire à quel point c'est rédhibitoire. Tout ceci est d'autant plus agaçant que le cinéma d'action US, déjà pas folichon depuis l'ère des effets numériques, se calque de plus en plus sur l'esprit des jeux de castagne, à savoir de la baston à tout-va avec parfois un peu de dialogues, histoire de relever les compteurs (remise à flots de l'entonnoir à pop-corn, contrôle du niveau de la vessie, etc.). Ici, avec ce second (vivement que la trilogie soit terminée!) Resident Evil, on touche le fond des égouts, là où même les rats n'osent descendre, tant ce monumental gâchis de pellicule est lamentable d'un bout à l'autre. Bouse de la rentrée, sans contestation possible.
Emmenez moi
Réalisateur: Edmond Bensimon
Interprètes: Gérard Darmon, Zinedine Soualem, Lucien Jean-Baptiste...
Date de sortie: 13 juillet 2005
Genre: Comédie
Nationalité: FrancePositif (septembre 2005)
Au hit-parade des films illustrant l'adage selon lequel les bons sentiments ne suffisent à faire les bons films, ce premier long métrage affligeant squattera longtemps les premières places. Alternant entre la chronique de trois ringards qui, filmés au caméscope subjectif, cheminent à pied vers Paris pour rencontrer Charles Aznavour et des séquences musicales où le ringard en chef, maltraité par le jeu uniforme et caricatural de Gérard Darmon, interprète les grands succès de l'auteur, Emmenez moi est un calvaire qui semble durer trois fois ses cent minutes. Bêtise des situations, mépris de la France profonde et des simples d'esprit (pauvre Zinédine Soualem, pas crédible une seconde), massacre de chefs d'œuvre (Comme ils disent, Mourir d'aimer et bien d'autres) par la voix monocorde et rocailleuse de Darmon: le naufrage est complet. Aznavour a poussé bien loin la philanthropie en cautionnant par sa présence ce film inepte. Car oui, in fine, les guignols rencontrent leur idole. La scène se passe aux toilettes, car c'est naturel, avant de monter sur scène, le soir, Aznavour urine dans les toilettes publiques du palais des Congrés, histoire de se sentir proche de son public ! Involontaire métaphore, le film s'achève donc juste avant qu'on ne tire la chasse.
La cloche a sonné
Réalisateur: Bruno Herbulot
Interprètes: Fabrice Luchini, François Cluzet, Elsa Zylberstein...
Date de sortie: 17 août 2005
Genre: Comédie
Nationalité: France
Positif (octobre 2005)Entièrement construit autour de la personnalité de Fabrice Luchini, ce marivaudage bon enfant fera le bonheur des téléspectateurs qui aiment avoir un film français en bruit de fond pendant qu'ils dînent devant la télé: on peut y prendre une saynète, la goûter, aller dans la cuisine chercher le vin, jeter un coup d'œil sur l'écran, "tiens c'est qui cette fille déjà, elle est marrante", retourner dans la cuisine parce qu'on a oublié le tire-bouchon, "mais tu sais bien on l'avait vue dans un film où elle chantait une chanson de Dalida", zapper pour voir la météo, revenir au film, "il est génial, quand même, Luchini, non ?", "ouais mais ils ont dit que demain il y aurait des orages", aller chercher le fromage, "c'est quoi, au fait ce film, c'est Knock ?", "ben je sais pas, regarde il y a le programme là sous Le Figaro", "mais enfin, fais attention, tu vas faire tomber le chèvre", rattraper le chèvre in extremis, "en tout cas si c'est pas Knock c'est aussi drôle", "ben oui de toute façon quand y a Luchini moi j'aime bien", "et pour le dessert on a quoi ?", "attends je regarde comment ça s'appelle", laisser sonner le téléphone, "oh j'aime pas quand on voit un bon film et qu'il y a des gens qui appellent", aller chercher la tarte aux fraises, "tiens c'est déjà fini", "c'était moins drôle que Knock en fait, non ?".
Müetter
Réalisateur: Dominique Lienhard
Interprètes: Stanislas Merhar, Sophie Quinton, Aurélien Recoing...
Date de sortie: 11 janvier 2006
Genre: Drame
Nationalité: France
Positif (février 2006)Hors champ, Müetter se meurt. Dans le champ, ses petits-fils s'empoignent, il y a du conflit de famille dans l'air. Et la petite voisine que Müetter aime comme sa fille, qui aime Müetter comme sa grand-mère. Elle aime bien le petit-fils aussi, même si c'est un salaud. L'image est d'une telle laideur qu'on a parfois envie de pleurer. Le son est si pourri qu'on voudrait mettre des boules Quiès. Le jeu de Stanislas Marhar a autant de relief que les plaines de la Toundra. C'est aussi cela, le cinéma français, parfois: des films qui n'en sont pas, financés par l'argent public (Conseil général d'Alsace, Communauté urbaine de Strasbourg, CNC). On nous projette ça en vidéo, il n'y a même pas de copie, c'est une arnaque globale. A la fin 2006, il y aura une unité de plus dans la comptabilité des films tournés en France, et un film français de plus dans les quotas de Ciné Cinémas. Quelques dizaines de malheureux auront donné des euros et souffert en silence. C'est en leur nom que je crie: "Plus jamais ça !"
Dead or alive
Titre original: DOA : Dead or Alive
Réalisateur: Corey Yuen
Interprètes: Jaime Pressly, Holly Valance, Sarah Carter…
Date de sortie: 18 juillet 2007
Genre: Action
Nationalité: États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne
Studio (août 2007)Prise au 392 ème degré, cette adaptation d'un jeu vidéo peut arracher quelques fous rires. Sinon, le carton est plein: mise en scène sans idée, scénario inepte, mauvaise interprétation, ce film du coréalisateur du Transporteur est raté. On espère qu'il ambitionnait de faire une parodie de série Z… tout en redoutant qu'un réel esprit de sérieux ait guidé ce naufrage.
Critiques sélectionnées par Alexis Lambin