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Chronique de... Alexis datant du 15 Janvier 2006:

Alexis

Alex

Auto-présentation d'Alexis:

Une fois n'est pas coutume, cette chronique sera réalisée par votre serviteur, co-créateur de ce site, Alexis L., 22 ans, 1m81, yeux verts… (oui, bon, pour la suite de ma présentation, consultez la page "Qui sommes-nous ?"). Une chronique sous forme de succession d'idées, de ma vision du cinéma, de son histoire, des dangers qui le guettent. Une chronique que j'ai souhaité appeler "Réflexions sur le cinéma", des réflexions modestes, les miennes, conjuguées à celles éclairées de professionnels du cinéma.

 

Réfléxions sur le Cinéma

 

Le cinéma: un art

28 décembre 1895: les frères Lumière réalisent la première projection publique de films sur un écran. Une nouvelle forme de spectacle est née. Le septième art apparaît. Le cinéma est un divertissement mais aussi une culture et une éducation politique, enseignant notamment la tolérance.
Pour moi, le plus grand cinéma est le cinéma américain. Ces mots vous surprennent sûrement. En effet, pour ceux qui me connaissent un peu, vous pensez certainement que je préfère le cinéma d'auteur européen aux blockbusters hollywoodiens, que j'ai plus d'affinités pour La Règle du Jeu, de Renoir qu' Armageddon, de Michael Bay. Et vous avez raison ! Mais vous savez aussi bien que moi qu'Armageddon ne représente pas la majeure partie du cinéma américain !
Alors certes, le cinéma expressionniste allemand des années 20 est exceptionnel. Murnau et Lang sont les maîtres de cette époque. Certes, le cinéma français occupe une place prépondérante dans l'histoire grâce au réalisme poétique d'auteurs tels Renoir ou Carné dans les années 30, 40, et à la Nouvelle Vague de Godard, Chabrol, Truffaut, Sautet, Rivette, Rohmer… dans les années 60. Certes, le cinéma italien a eu sa belle période, avec les Fellini, Antonioni, Pasolini, Leone, Visconti. Certes, il y a toujours eu des chefs d'œuvre venant des quatre coins du monde, de la production japonaise avec Kurosawa à la production russe avec Eisenstein et Tarkovski, en passant par l'œuvre suédoise de Bergman. Mais le cinéma américain a toujours été présent, faisant preuve d'une qualité remarquable de constance. Dès l'origine avec les films de B. De Mille et Griffith. En ayant recours au talent d'immigrés, tels que Lang, Chaplin ou Hitchcock, qui ont réalisé tout ou partie de leur carrière. A travers le cinéma d'animation et les films de Disney qui ont bercé l'enfance d'une bonne partie du monde "occidental". Via la nouvelle vague américaine des Coppola, De Palma, Scorsese, Lucas et Spielberg. A travers les westerns de John Wayne, les comédies de Capra ou de Lubitsch, les chefs d'œuvre de Kubrick et de Welles, les comédies musicales, les films de guerre, de science fiction… Il en est de même ces dernières années car derrière les blockbusters estivaux sans intérêt, se trouvent des chefs d'œuvre (terme que j'utilise rarement dans mes critiques, que je trouve trop souvent (mal) utilisé - je pense qu'il faut laisser le temps agir pour considérer un film comme chef d'œuvre). Citons des œuvres, même à gros budget, telles que Pulp Fiction, de Tarantino, La Liste de Schindler, de Spielberg, Titanic, de James Cameron, Eyes Wide Shut, de Kubrick, Le Seigneur des anneaux, de Jackson.

 

Les juifs d'Hollywwod

Une autre réflexion que je voulais vous faire partager n'est pas la mienne mais celle de Neal Gabler, auteur du livre «Le Royaume des Rêves. La saga des juifs qui ont fondé Hollywood» (éditions Calmann-Lévy). Le magazine Positif, d'où j'ai eu connaissance de ce livre, résume ainsi l'idée de l'auteur: «Neal Gabler propose une thèse forte – Hollywood est une invention juive – et la redouble d'une proposition "clarifiante": ce que nous croyons être une image typiquement américaine est en fait une vision juive du monde.» En s'appuyant principalement sur des faits: hors Darryl F. Zannuck, tous les grands fondateurs d'Hollywood, Louis B. Mayer, les frères Warner, William Fox, Carl Laemmle, Cecil B. De Mille, Adolph Zukor, Samuel Goldwyn, Albert Kaufman, Jesse Lasky… sont juifs. Mais peut être n'y aurait-il pas eu de livre si ces fondateurs d'Hollywood avaient été tous WASP*. C'est en même temps la preuve qu'il a existé un "rêve américain" où tout était possible et où s'épanouissait la diversité. Intéressant !

* White Anglo-Saxon Protestant (blancs anglo-saxons protestants).

 

"Pirater nuit gravement à la santé du cinéma"

Le cinéma américain est aujourd'hui en danger. L'ennemi public n°1 d'Hollywood: le téléchargement de films sur Internet. Cette menace pour le financement des prochaines productions cinématographiques pèse non seulement sur les blockbusters mais aussi sur les "petits films", financés par les grosses machines. L'argument disant "je ne télécharge que les gros films et vais au cinéma voir les petits" n'est donc pas recevable ! Les études montrent en outre que la piraterie concerne tout autant l'industrie cinématographique française qu'américaine. De la même manière, on ne peut pas reprocher à Luc Besson et sa société Europa de faire des films médiocres quand on sait que l'ami Luc en profite pour produire des films d'auteurs, tels ceux de Blier ou Trois Enterrements, de Tommy Lee Jones.
Mon opposition au téléchargement est cependant à nuancer, je supporte en effet le téléchargement payant car Internet offre une grande disponibilité de titres qu'on ne peut pas trouver dans les vidéos clubs ou à la télévision. Le téléchargement peut ainsi permettre de découvrir des cinémas méconnus, notamment asiatique ou latino-américain. Le problème actuel est que les offres payantes sont réduites et ne disposent pas d'un assez grand nombre de titres.
Le Centre national de la cinématographie (CNC) a fait des études édifiantes: en 2004 (en sachant que le phénomène s'accentue très rapidement), on comptait près de trois millions de pirates en France. Les estimations indiquaient que 21 % d'entre eux avaient réduit leur fréquentation des salles de cinéma depuis qu’ils téléchargeaient des films sur Internet. Dans l’hypothèse où l’ensemble des pirates diminueraient de 10 % leur fréquentation des salles, cela conduirait à une baisse de 0,9 % des entrées en 2003, soit 1,5 million d’entrées en moins. Quand on connaît le coût d'un film, c'est assez effrayant ! De plus, près de quatre téléchargeurs sur dix déclaraient avoir réduit leur rythme de location de vidéo depuis qu’ils téléchargent des films et 3,5 sur 10 avoir réduit leurs achats de vidéo.
Pour sensibiliser les internautes devant le danger de cette pratique, des campagnes de sensibilisation sont mises en place. Un des slogans du Syndicat de l'édition vidéo (SEV) est clair: «Se retrouver devant le juge pour avoir téléchargé, c'est la haine ! Et tuer le cinéma à petit feu, c'est quoi ?».
La solution principale paraît être la mise en place d'une offre de films à la demande légale et payante. Concernant les sanctions en cas de téléchargement illégal, elles doivent être maintenues mais aller dans le sens d'une punition graduée. Je trouve intéressante la proposition tenant à une échelle de sanctions, allant d'un simple message d'avertissement à une déconnexion de l'internaute (donc avec l'appui des fournisseurs d'accès). Les procès ne seraient alors réservés qu'aux cas les plus graves.
L'actualité a récemment exposé le tumulte autour du projet de loi relatif au droit d'auteur du Ministre de la Culture M. Donnedieu De Vabres. Les amendements votés par les opposants au projet (députés UMP et PS) me paraissent abracadabrantesques. Une licence globale prévoyant la création pour les internautes d'un forfait mensuel, en plus de leur abonnement, leur autorisant en échange de télécharger librement des fichiers ne permettrait jamais aux artistes de survivre. Certes, c'est une avancée par rapport à la situation actuelle mais si l'on essaie de trouver une solution, autant en trouver une efficace. Car comment répartir cette taxe entre les artistes ? Et pourquoi réserver cette idée à la culture ? Pourquoi ne pas l'étendre aux vendeurs de chaussures par exemple ? On paie 100 euros et on a tout ce qu'on veut dans le magasin ?
La rémunération des créateurs est indispensable pour préserver le renouvellement de la création et la diversité culturelle. Je suis donc pour le téléchargement payant. Parce que j'aime le cinéma.

Alexis LAMBIN


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