Chronique de... Adlen datant du 1er Novembre 2006:
Adlen
Présentation de Adlen par Alexis:
Agé de 24 ans, Adlen est quelqu'un de très gentil, discret et honnête. Je le connais depuis quatre ans. C'est lui qui m'a invité en août dernier avec deux autres amis à passer les vacances dans son pays d'origine, l'Algérie, pays dans lequel il a passé toute son enfance. Après un cursus en Administration Economique et Sociale (AES) puis un master 1 au Canada l'an dernier, il suit cette année un master 2 en Ingénierie et Gestion des Systèmes d'Information (IGSI). Informatique, formule 1 et football font partie de ses principaux centres d'intérêt.
Aujourd'hui, Adlen nous propose une critique du film Heat, interprété par deux immenses acteurs du cinéma américain, Robert De Niro et Al Pacino, dont c'est la première rencontre cinématographique (dans Le parrain, 2ème partie, ils n'avaient aucune scène commune).
Heat
Remake de L.A. Takedown (TV)
Réalisateur: Michael Mann
Interprètes: Al Pacino (Vincent Hanna), Robert De Niro (Neil McCauley), Val Kilmer (Chris Shiherlis), Kevin Gage (Waingro), Jerry Trimble (Schwartz)...
Date de sortie: 21 février 1996
Genre: Policier
Durée: 2h50
Nationalité: États-Unis
Partant d’une intrigue classique, Michael Mann, réalisateur du film, nous immerge dans un polar où suspense et originalité sont les maîtres mots de ce chef-d’œuvre. Il est certes légitime de penser que la plupart des polars manquent cruellement d’inventivité dans leurs scénarios, car souvent l’idée émergeante est celle de la confrontation des bons contre les méchants. Ces polars, essaient désespérément de créer un suspense artificiel, pour finalement aboutir à l’accidentelle fin qui se solderait par une victoire des bons contre les méchants. Dans Heat, c’est toute autre chose qui est présente.
Ce qui me pousse à parler de ce film, ce sont les réactions obtenues par certains à son sujet. La plupart du temps, on me répond : Heat…je connais, très beau film d’action, avec des scènes extrêmement réalistes. La présence de Robert De Niro (Neil) et de Al Pacino (Vincent) dans le film est également très appréciée.
C’est vrai, nous sommes en présence de deux meneurs, connaissant parfaitement leur terrain d’action. Et c’est dans les rues de Los Angeles que leur opposition, nourrie de violence sporadique, prendra sa forme la plus brutale. C’est pourquoi beaucoup d’entre vous ont retenu le réalisme de certaines scènes, notamment celle du hold-up manqué à la banque, suivi de cette fusillade, montrant le détachement complet du camp mafieux vis-à-vis de la société dans sa globalité. Cela fait de lui un élément à part, quasi incontrôlable voire intouchable, n’hésitant pas à utiliser tous types de munitions, et d’armes, et dont la nuisance sonore a pu faire frémir une avenue toute entière devenue le théâtre de leur hostilité. La précision des enchainements des opérations tant policières que mafieuses nous laisse penser que toute décision, ou manœuvre entreprise, est mûrement réfléchie, préparée, et appliquée. Il est évident ici que la recherche de la perfection est fondamentale puisque les meneurs de ces deux camps sont conscients qu’une simple négligence ou erreur peut leur être fatale.
Dotés d’un talent incommensurable, ces deux protagonistes n’allaient tout de même pas laisser indifférent, surtout avec le rôle central qu’ils occupaient, qui est celui d’être les chefs d’orchestre d’une rivalité les opposant. Pourtant il serait faux de considérer que l’histoire de Heat s’en arrête là. En se creusant un peu plus la tête, on découvre que le fond du sujet ne se résume pas aux seules actions que Neil et Vincent entreprennent dans ce terrain commun, qu’est la rue et dont ils connaissent les moindres recoins.
Je suis même tenté de dire que le contexte dans lequel interviennent Neil et Vincent, a développé en eux, une sorte d'attirance pour le danger. Bien sûr, ce n’est par plaisir qu’ils se retrouvent à plusieurs reprises en confrontation directe, mais c’est leur nature profonde, dans laquelle la violence leur apporte une satisfaction instinctive, qui a favorisé cette proximité. Cette confrontation ne les a tout même pas empêché de se rencontrer pour une discussion brève, mais non moins marquante. Contrairement à ce qu’on pourrait attendre de deux ennemis qui se surveillent inlassablement dans le cadre de leurs métiers, ce qui surprend c’est ce « respect » mutuel qui règne entre eux. Ils se respectent dans le sens où chacun est conscient des compétences possédées par l’autre. Cette discussion sera aussi l’occasion pour eux de se confier sur les difficultés qu’ils rencontrent dans leur vie amoureuse, vie qu’ils ont du mal à gérer, par manque de temps.
C’est alors que rentre en jeu le registre amoureux des deux acteurs, pour nous éclairer sur le but évidé qu’ils essaient d’atteindre. Ce but leur est commun, et par simplification, il s’agit de la réussite de leur vie tant sur la plan affectif et professionnel. C’est d’ailleurs ici que tout se complique, et cette tentative parait avant tout désespérée, principalement du fait qu’elle vise à concilier deux éléments fortement contradictoires. Cette dualité d’enjeux difficilement compatibles, finit par lacérer la vie de nos deux protagonistes.
On s’aperçoit au final, que les scènes d’actions, malgré leur grande réussite, prennent une place secondaire par rapport au registre affectif des personnages, et c’est dans ce sens que Heat a pu développer toute son originalité.
Adlen