Seconde Guerre Mondiale. Septembre 1942. Birmanie. Des soldats américains et écossais prisonniers des japonais sont emmenés au camp de Chungkai où ils sont soumis à des violences physiques, des privations et des maladies. Ils sont ensuite chargés de construire dans des conditions de travail très éprouvantes une voie de chemin de fer au coeur de la jungle birmane. Nombre d'entre eux périssent dans d'atroces souffrances. Au sein des prisonniers, deux clans vont se former. Ceux décidés à s'évader, comme le Major Campbell, au risque de mettre en danger la vie de leurs compagnons d'infortune. Et ceux qui avec le Lieutenant Reardon essaient d'améliorer les conditions de vie du camp. La créativité de ces hommes permettra de former dans cette jungle une école où Shakespeare et Platon seront enseignés.
Chungkai, le camp des survivants est inspiré de l'histoire vraie du capitaine Ernest Gordon, racontée dans son livre "Miracle on the River Kwaï", paru en 1962. Sorti en salles aux Etats-Unis en 2001, il ne l'a pas été en France, je n'en connais pas la raison. A la fois dur et émouvant, ce film, entre Furyo et Le pont de la rivière Kwai, est une leçon de fraternité, faite de réflexions philosophiques et spirituelles. Sans effets de style inutiles, ce film n'évite toutefois pas certains clichés du genre notamment en exhalant un certain sentiment "anti-jaune". En effet, les soldats japonais sont représentés dans l'ensemble comme des êtres n'ayant que du mépris, sans pitié pour leurs ennemis. Une exception: le jeune homme qui sert d'interprète, décrit comme ayant une touche d'humanité. La brutalité des japonais est traduite par des images parfois insoutenables, mais le message du film, à l'image du titre original To end all wars, est formel: il faut en finir avec toutes les guerres.
L'espoir est la principale raison de leur volonté de survivre, de ne pas se suicider, l'enseignement est un exemple de leur espoir de se sauver du camp de détention et de leur conviction de pouvoir retourner un jour à la vie normale. La nature humaine a ceci de singulier que l'amour et la haine sont intimement liés. Ce film évoque notamment le courage de pardonner. Ernest Gordon a trouvé le chemin de la foi en comprenant puis en pardonnant la dure brutalité de ses ennemis japonais. C'est par cette démarche qu'il trouve la vraie liberté. Le pardon et la réconciliation sont spécialement montrés à la fin du film, quand, comme dans la scène finale de La Liste de Schindler, le vrai capitaine Ernest Gordon et l'interprète japonais Nagase, maintenant vieux hommes, se rencontrent et se serrent la main en Thaïlande devant le mémorial des hommes morts lors de la construction de la ligne de chemin de fer.
Alexis