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Caché

Le Caïman

Carnets de Voyage

Certains l'aiment chaud !

Chromophobia

Chungkai, Le Camp des Survivants

La Cité Interdite

Combien tu m'aimes ?

El Custodio (le garde du corps)

 

Caché

Réalisateur: Michael Haneke
Interprètes: Daniel Auteuil (Georges Laurent), Juliette Binoche (Anne Laurent), Maurice Bénichou (Majid), Annie Girardot (la mère de Georges), Bernard Le Coq (le rédacteur en chef), Daniel Duval (Pierre)...
Date de sortie: 5 octobre 2005
Genre: Thriller, Drame
Durée: 1h57
Nationalité: France, Autriche

Critique mise en ligne en déc. 2005


L’image est fixe, une voiture arrive, elle repart, l’image s’arrête et revient en arrière. Quelqu’un rembobine l’image, il s’agit de Daniel Auteuil, anxieux, accompagné de Juliette Binoche. Michael Haneke, par ce premier plan, manipule le spectateur qui devient soupçonneux à chaque survenance d’un plan fixe et lui indique de suite la matière de son nouveau film: l’image et son traitement. Le personnage qu’incarne Daniel Auteuil est à la fois auteur de cette manipulation (le montage de l’émission de télévision dont il est le présentateur) et victime de celle-ci (les vidéos cachées). Cette idée de départ peut faire penser à Lost Highway, l’homme caché derrière la caméra n’entrant en revanche jamais dans la maison.
Le thème transversal est le sentiment de culpabilité auquel on ne peut jamais échapper ; il est résumé dans les deux derniers plans du film : un flash-back évoquant les blessures du passé et une projection dans l’avenir.
Les acteurs sont excellents, particulièrement Daniel Auteuil qui montre film après film qu’il est le meilleur acteur français après Depardieu. A noter la présence de Denis Podalydés dans le récit d’une histoire mémorable d’une tension comique extrême.
C’est une sorte de thriller psychologique, à la fois lent et empli d’un suspense crispant. Film complexe dont on ressort plein de questions. Une très grande réalisation.

Alexis

 

 

Le Caïman
Le Caïman


Titre original: Il Caimano
Réalisateur: Nanni Moretti
Interprètes: Silvio Orlando (Bruno), Margherita Buy (Paola), Daniele Rampello (Andrea), Giacomo Passarelli (Giacomo), Jasmine Trinca (Teresa)...
Date de sortie: 22 mai 2006
Genre: Comédie dramatique
Durée: 1h52
Nationalité: Italie

Critique mise en ligne en juin 2006

Le caïman est un reptile crocodilien d'Amérique du Sud, aux mâchoires très larges, au ventre vert-jaune. Tel est l'un des surnoms de Silvio Berlusconi, Premier Ministre transalpin lors de la sortie du film en Italie, c'est à dire peu avant la victoire de Romano Prodi aux élections. "Le Caïman" est aussi le nom du film que Bruno, producteur fauché et en difficulté familiale, envisage de concevoir. Ce projet élaboré par Teresa (séduisante Jasmine Trinca), une jeune réalisatrice enthousiaste, porte sur… Silvio Berlusconi. Le Caïman montre la difficulté aujourd'hui de faire un film d'auteur. Il ne s'agit donc pas ici que d'une satire politique. C'est aussi une histoire assez légère, drôle, parfois poétique sur l'Italie d'aujourd'hui mais toujours avec pour toile de fond une critique du "Cavaliere" Berlusconi. Car l'Italie d'aujourd'hui, c'est Berlusconi et son pouvoir de contrôle sur de nombreux médias. Cette critique est intelligemment traitée car on ne voit pas de haine envers Berlusconi.

Silvio Berlusconi est évoqué de différentes manières. Tantôt il est incarné par l'acteur Elio De Capitani afin d'évoquer sa montée économique et médiatique, tantôt il s'agit d'extraits de ses propres discours, notamment au Parlement Européen, on le voit alors insultant et crapuleux. Lors des dernières scènes (je vous conseille de ne pas lire ces dernières lignes si vous n'avez pas encore eu l'occasion de voir ce film), à partir du jugement fictionnel, c'est au tour de Moretti d'interpréter Berlusconi. Il apparaît dans toute sa dureté, son ignominie, comme un personnage mafieux. La musique nous fait même penser par moments à Dark Vador. Moretti le joue de manière formidable, très froide. On écoute sa critique de la gauche, sa critique encore plus forte de Berlusconi. Il l'incarne sans ses aspects folkloriques, sans ses télévisions, sans ses filles dénudées. Il n'y a qu'un plan, où ne reste que le discours. Nanni Moretti parvient ainsi de manière remarquable à évoquer les dangers qui pèsent sur la chose publique. Alors qu'on a été sous le charme durant tout le film, on en sort glacé.

Alexis

 

 

Carnets de Voyage


Titre Original: Diaros de motocicleta
Réalisateur: Walter Salles
Interprètes: Gael Garcia Bernal(Ernesto Guevara), Rodrigo de la Serna (Alberto Granado), Mercedes Moran (Celia de la Serna), Mia Maestro (Chichina Ferreyra)...
Date de sortie: 8 septembre 2004
Genre: Historique, Drame
Durée: 2h06
Nationalité: Argentine, Étas-Unis, France

Critique mise en ligne en avril 2006

Ernesto Guevara, une légende! Carnets de Voyage est un film sur sa jeunesse, avant de devenir le "Che", lorsqu'il décide avec son ami Alberto Granado de découvrir le continent sud-américain à moto. Un parcours qu'il racontera dans des carnets. Quel voyage ! Walter Salles nous fait découvrir les malheurs et les injustices du monde qui forgeront la conscience politique de cet homme d'exception, médecin, révolutionnaire, exécuté en 1967 lors d'un affrontement entre l'armée et la guérilla bolivienne et icône de l'alter mondialisme dans les années 2000. C'est ce voyage effectué en 1952, fait de rencontres et d'émois divers, qui va insuffler au jeune argentin le besoin de promouvoir la justice sociale sur son continent. Carnets de Voyage repose avant tout sur les personnages d'Ernesto et Alberto, deux amis partageant un appétit de vivre qui fait plaisir à voir, l'un médecin et idéaliste, l'autre biochimiste et obsédé par les filles. Carnets de Voyage est un beau voyage, drôle, émouvant, dépaysant.

Alexis

 

 

Certains l'aiment chaud !
Certains l'aiment chaud !

Titre original: Some like it hot
Réalisateur: Billy Wilder
Interprètes: Marilyn Monroe (Sugar), Tony Curtis (Joe/Joséphine), Jack Lemmon (Jerry/Daphné), George Raft (Colombo les guêtres), Joe E. Brown (Osgood Fielding III)…
Date de sortie: 9 septembre 1959
Genre: Comédie
Durée: 2h01
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en juillet 2006

Dans cette comédie au scénario intelligent et à rebondissements, deux jazzmen sans emploi, habillés en femme dans le but d'avoir un job de deux semaines dans un groupe de musique féminin en Floride, sont poursuivis par la Mafia après avoir été témoins d'un massacre à Chicago en période de Prohibition. Il s'agit donc ici d'un échange d'identités, de rôles inversés où les hommes voient mieux la situation des femmes. Certains l'aiment chaud ! est une combinaison de plusieurs éléments: de la romance, quelques moments musicaux d'anthologie, une parodie des films de gangster des années 1920-1930 comme Scarface de Howard Hawks, des questions de société (alcoolisme, transsexualité, chômage…) et des répliques cultes (surtout la dernière du film, mémorable).

Marylin joue le rôle de la sucrée, fruitée, sexy Sugar, toujours accompagnée de son ukulélé et chantant de manière si sensuelle "I wanna be loved by you". Elle est LE sex symbol du cinéma, d'un charme jamais égalé ! Jack Lemmon (Jerry/Daphné) et Tony Curtis (Joe/Joséphine) occupent les deux autres grands rôles de cette comédie. Ils sont présents dans de nombreux moments cultes du film. Par exemple lorsque Jerry/Daphné danse avec Osgood, retraité propriétaire d'un yacht, amoureux fou de Daphné ou quand il lui avoue qu'il n'est pas Daphné mais Jerry. Ou encore lorsque Joe essaie de draguer Sugar sur le yacht. Ce film est aussi connu pour le fait que Tony Curtis ne pouvait pas supporter Marilyn Monroe, notamment du fait de ses fréquents retards et de ses problèmes de mémorisation de textes. Cela ne transparaît jamais à l'écran, au contraire, l'interprétation est exceptionnelle et harmonieuse, ce qui est une des grandes qualités du film.

Ce film en noir et blanc, dans lequel l'action ne s'arrête jamais, bénéficie de l’humour mordant et de la mise en scène ultra rythmée du cinéaste américain d'origine autrichienne Billy Wilder. Certains l'aiment chaud ! est la deuxième collaboration entre Marilyn Monroe et Billy Wilder après Sept ans de réflexion. Il s'agit là de la meilleure comédie de leurs carrières respectives. C'est un chef d'œuvre qui a eu un grand succès dans le monde entier, une des plus grandes comédies du siècle.

Alexis

 

 

Chromophobia
Chromophobia


Réalisateur: Martha Fiennes
Interprètes: Damian Lewis (Marcus Aylesbury), Kristin Scott Thomas (Iona Aylesbury), Penelope Cruz (Gloria), Ralph Fiennes (Stephen Tulloch), Ben Chaplin (Trent Masters)…
Date de sortie: 10 mai 2006
Genre: Comédie dramatique
Durée: 1h50
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en mai 2006

Chromophobia est un reflet de la société occidentale, moderne, gouvernée par l'ambition et l'absence de loyauté. Infidélité conjugale, chirurgie esthétique, recours à des coaches en tous genres sont des pratiques courantes aujourd'hui. Chromophobia évoque des familles bourgeoises devenues tellement obsédées par les choses matérielles et leur carrière qu’elles deviennent complètement détachées des visées essentielles : l'intégrité professionnelle, l’amitié, l’amour, les enfants (voir la manière dont le garçon tente, en faisant des bêtises, d'obtenir l’attention de ses parents). Le scénario est vaste, intelligent et complexe. Les histoires sont multiples et intrigantes. Même si le sens de certaines scènes nous échappe, on prend beaucoup de plaisir à suivre ces fragments de vie. La riche société londonienne est montrée telle qu’elle est aujourd’hui, avec ses différentes classes sociales qui cohabitent (la robe de la fortunée et frustrée Iona Aylesbury sera rachetée par la pauvre et malade Gloria). La bourgeoisie, décrite plutôt négativement durant tout le film trouve à la fin une certaine rédemption, une retrouvaille avec la dignité, par un affrontement de l’adversité avec courage et solidarité.

Les personnages sont nombreux et différents, mais ont tous un malaise: ennui, stress, solitude, maladie… Ils ne sont pas décrits de manière manichéenne, ils cumulent qualités et défauts, ce qui les rend attachants et permet au spectateur de s’intéresser davantage à une histoire qu’à une autre. Ce second film (après Onegin, en 1999) de la sœur de Ralph Fiennes bénéficie d'une distribution prestigieuse, avec entre autres Kristin Scott Thomas, Penelope Cruz et Ian Holm. Quel est alors le lien entre le titre du film et son sujet ? En grec, "Chromo" a pour sens "Couleur" et "Phobia" signifie "Crainte". Est-il question de racisme ? De la peur des différences sociales ? De l’inquiétante évolution de la société ? La réalisatrice Martha Fiennes déclare : "C’est un jeu de mots, les significations peuvent être nombreuses comme il peut ne pas en avoir du tout. C'est une oeuvre d'art achetée par le personnage de Kristin Scott Thomas".

Alexis

 

 

Chungkai, Le Camp des Survivants
Chungkai, Le Camp des Survivants

Titre original: To End All Wars
Réalisateur: David Cunningham
Interprètes: Robert Carlyle (Campbell), Kiefer Sutherland (Reardon), Ciaran McMenamin (Ernest Gordon), Mark Strong (Dusty), Sakae Kimura (Ito)…
Date de sortie vidéo: 24 mars 2004
Genre: Guerre
Durée: 2h05
Nationalité: Royaume-Uni, États-Unis, Thaïlande

Critique mise en ligne en mars 2006

Seconde Guerre Mondiale. Septembre 1942. Birmanie. Des soldats américains et écossais prisonniers des japonais sont emmenés au camp de Chungkai où ils sont soumis à des violences physiques, des privations et des maladies. Ils sont ensuite chargés de construire dans des conditions de travail très éprouvantes une voie de chemin de fer au coeur de la jungle birmane. Nombre d'entre eux périssent dans d'atroces souffrances. Au sein des prisonniers, deux clans vont se former. Ceux décidés à s'évader, comme le Major Campbell, au risque de mettre en danger la vie de leurs compagnons d'infortune. Et ceux qui avec le Lieutenant Reardon essaient d'améliorer les conditions de vie du camp. La créativité de ces hommes permettra de former dans cette jungle une école où Shakespeare et Platon seront enseignés.

Chungkai, le camp des survivants est inspiré de l'histoire vraie du capitaine Ernest Gordon, racontée dans son livre "Miracle on the River Kwaï", paru en 1962. Sorti en salles aux Etats-Unis en 2001, il ne l'a pas été en France, je n'en connais pas la raison. A la fois dur et émouvant, ce film, entre Furyo et Le pont de la rivière Kwai, est une leçon de fraternité, faite de réflexions philosophiques et spirituelles. Sans effets de style inutiles, ce film n'évite toutefois pas certains clichés du genre notamment en exhalant un certain sentiment "anti-jaune". En effet, les soldats japonais sont représentés dans l'ensemble comme des êtres n'ayant que du mépris, sans pitié pour leurs ennemis. Une exception: le jeune homme qui sert d'interprète, décrit comme ayant une touche d'humanité. La brutalité des japonais est traduite par des images parfois insoutenables, mais le message du film, à l'image du titre original To end all wars, est formel: il faut en finir avec toutes les guerres.

L'espoir est la principale raison de leur volonté de survivre, de ne pas se suicider, l'enseignement est un exemple de leur espoir de se sauver du camp de détention et de leur conviction de pouvoir retourner un jour à la vie normale. La nature humaine a ceci de singulier que l'amour et la haine sont intimement liés. Ce film évoque notamment le courage de pardonner. Ernest Gordon a trouvé le chemin de la foi en comprenant puis en pardonnant la dure brutalité de ses ennemis japonais. C'est par cette démarche qu'il trouve la vraie liberté. Le pardon et la réconciliation sont spécialement montrés à la fin du film, quand, comme dans la scène finale de La Liste de Schindler, le vrai capitaine Ernest Gordon et l'interprète japonais Nagase, maintenant vieux hommes, se rencontrent et se serrent la main en Thaïlande devant le mémorial des hommes morts lors de la construction de la ligne de chemin de fer.

Alexis

 

 

La Cité Interdite
La Cité Interdite

Titre original: Man cheng jin dai huang jin jia
Réalisateur: Zhang Yimou
Interprètes: Gong Li (l'impératrice Phoenix), Chow Yun-Fat (l'Empereur Ping), Jay Chou (le Prince Jai), Ye Liu (le Prince héritier Wan), Qin Junjie (le Prince Cheng)...
Date de sortie: 14 mars 2007
Genre: Drame
Durée: 1h54
Nationalité: Chine, Hongkong

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en mars 2007

La Cité Interdite se déroule en Chine au X ème siècle, au cours du règne de la dynastie Tang. Amours interdits, blessures du passé, trahisons et mensonges vont déchirer la famille au pouvoir. Les répercussions des erreurs du passé se font sentir tout au long du film. Il s'agit avant tout d'un drame familial dans lequel les secrets sont progressivement dévoilés. D'une certaine façon, on pourrait voir La Cité Interdite comme un After the wedding plein de violence et de fureur. Néanmoins, le film de Susanne Bier reste très différent et à mon avis beaucoup plus intéressant que celui de Zhang Yimou.

Gong Li et Chow Yun-Fat interprètent avec un charisme magistral le couple impérial. Gong Li est magnifique, d'une présence phénoménale, et il fallait une actrice de ce talent et de cette envergure pour jouer le rôle de cette impératrice, à la fois digne et vindicative. Outre le couple principal, tous les personnages du film auront un rôle à jouer dans cette tragédie.

La tradition impériale à cette époque est de déployer les richesses de manière ostentatoire. Telle est également la volonté de Zhang Yimou qui nous en met plein la vue dans ce film le plus cher de l'histoire du cinéma chinois. Le nombre considérable de figurants, la grandeur des scènes de bataille, les décors et costumes aux couleurs lumineuses (rouge et or): tout converge vers le faste ! Esthétiquement encore plus réussi que Hero, La Cité Interdite n'atteint cependant pas le niveau émotionnel procuré par Epouses et concubines, qui réunissait déjà Zhang Yimou et son actrice fétiche Gong Li. Visuellement, j'ai rarement vu un film aussi impressionnant. Ne serait-ce que pour cette raison, La Cité Interdite vaut le déplacement (vers un grand écran de cinéma de préférence) !

Alexis

 

 

Combien tu m'aimes ?


Réalisateur: Bertrand Blier
Interprètes: Monica Bellucci (Daniela), Bernard Campan (François), Gérard Depardieu (Charlie), Jean-Pierre Darroussin (André Migot), Farida Rahouadj (la voisine)...
Date de sortie: 26 octobre 2005
Genre: Comédie Dramatique
Durée: 1h35
Nationalité: France

Critique mise en ligne en déc. 2005

Synopsis

Dans le Pigalle des boîtes de nuit, la Beauté professionnelle, c'est Daniela. Quand le client la voit, il a le souffle coupé ! François, un client qui vient de gagner gros au loto demande à Daniela "Combien tu prends ?" et lui propose immédiatement de devenir sa femme. Ce qu'elle accepte... Commence alors une tumultueuse histoire entre eux, mais on ne quitte pas comme ça Charlie et le monde de la nuit...

 

Malgré la beauté tourbillonnante et fastueuse de Monica Bellucci, j'avoue que ce film m'a paru au fond assez léger. Pour tout dire, ça tourne autour d'une histoire de "femme fantasme" au profil parfait que tout le monde vénère, et une prise de conscience de certains sentiments de sa part... Ca aurait pu aller plus loin dans la profondeur, mais ça ne l'a pas été... c'est dommage !
Autrement, les acteurs jouent très bien, le décor convient assez bien aux différentes situations et l'histoire n'est pas si mal que ça... Mais malgré ces ingrédients, le scénario reste faible et ras plat plat ! On a l'impression d'un gâchis, d'une perte de temps, on entend presque un soupir de regret et de désespoir de la part des acteurs, qui ont accepté de tourner ce film...

Voilà ! Si ça vous motive d'aller voir un film léger, creux, vulgaire, et de voir Monica Bellucci dénudée et exposée comme une "offrande", pourquoi pas ! Mais je vous aurai prévenu, ce n'est pas très digeste ! Du moins, ce film fait partie de la Saga "aussitôt vu, aussitôt oublié !". Désolé Monica !

Ryad


 

El Custodio (le garde du corps)
El Custodio (le garde du corps)

Titre original: El Custodio
Réalisateur: Rodrigo Moreno
Interprètes: Julio Chavez (Ruben), Osmar Núñez (Artemio), Cristina Villamor (Beatriz), Osvaldo Djeredjian (Alfredo Barletta), Elvira Onetto (Delia)...
Date de sortie: 4 avril 2007
Genre: Drame
Durée: 1h33
Nationalité: Argentine, France, Allemagne

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en avril 2007

Ruben est le garde du corps d'Artemio, ministre argentin de la Planification. Il est seul et même solitaire. Lorsque d'autres gardes du corps engagent la conversation, il ne la poursuit pas, ou peu, forcément rattrapé par son travail, toujours dans les traces du ministre, jusqu'à ce que la porte d'un bureau se ferme devant lui. Les scènes successives du film se ressemblent, pour nous faire ressentir le caractère répétitif de son métier. L'obligation de discrétion que lui impose sa fonction fait qu'il n'existe pas auprès des autres et que personne ne lui prête donc attention. Il s'investit sûrement trop dans son boulot, non pas par plaisir car il est mentalement à bout mais par professionnalisme. Bien trop poli, bien trop respectueux pour s'opposer aux différentes humiliations.

Le film est sombre, lent et silencieux, à l'image du personnage principal, joué de manière très intériorisée par Julio Chavez. Ce portrait de la solitude du garde du corps prend au cœur, surtout grâce à la performance de l'acteur argentin, pleine de sensibilité. Il est notamment formidable dans la scène du restaurant asiatique. Pour transmettre son message, le metteur en scène Rodrigo Moreno a très accentué les différences de situations sociales entre Ruben et Artemio. La maison d'Artemio est grande et bien rangée, sa famille est dominatrice et hypocrite, sans respect envers Ruben. L'appartement de Ruben est encombré, étroit, son entourage se résume à sa famille, pleine de bonne volonté, mais sa sœur, psychologiquement atteinte, est internée dans un hôpital et sa nièce est du genre surexcitée. Ce qui fait que je vois plus ce film comme l'histoire tragique de Ruben que comme une description générale du métier de garde du corps.

Alexis

 


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