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A bord du Darjeeling Limited

After the wedding

Alice

Alien, le huitième passager

Aliens, le retour

Alien 3

Alien, la résurrection

Anna M.

A History of Violence

L'armée des 12 Singes

L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

 

A bord du Darjeeling Limited
A bord du Darjeeling Limited

Titre original: The Darjeeling Limited
Réalisateur: Wes Anderson
Interprètes: Owen Wilson (Francis), Adrien Brody (Peter), Jason Schwartzman (Jack), Amara Karan (Rita), Wally Wolodarsky (Brendan)...
Date de sortie: 19 mars 2008
Genre: Comédie dramatique
Durée: 1h47
Nationalité: États-Unis

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en avril 2008

C'est à bord d'un train fantaisiste nommé Darjeeling Limited que Wes Anderson nous emmène en Inde, en compagnie de Francis, Peter et Jack, trois frères qui se retrouvent un an après la mort de leur père et qui se ne sont pas parlé depuis. La famille (et ses dysfonctionnements) est un thème cher au metteur en scène américain, à l’instar de ses précédents films, La Famille Tenenbaum ou l’excellente Vie aquatique. Ce voyage, sous forme de quête spirituelle, dans le but de ressouder des liens fraternels déchirés, s'accomplit tantôt dans l’exiguïté d’une cabine de train, tantôt dans l’immensité de l’Inde, pays magique qu’il nous est offert de parcourir.

L’expédition est donc menée par les frères Whitman, trois personnages lunaires. Le dominateur et aventurier Francis est joué par l’énergique Owen Wilson, acteur fétiche de Wes Anderson. Peter, timide et tourmenté, partagé entre le deuil de son père et sa peur à l’idée de devenir lui-même père, est porté par Adrien Brody et son regard captivant et mélancolique. Quant à Jack, personnage séducteur et indécis, il est interprété par Jason Schwartzman et sa moustache très "seventies". Ce casting, approprié et luxueux, est complété par plusieurs guest stars, qui bénéficient chacune d’une entrée dans le film très soignée et par là-même très remarquable : Barbet Schroeder, Bill Murray, Anjelica Huston et la sensuelle Natalie Portman.

Même s'il manque hélas un peu de rythme dans la deuxième partie lorsque les protagonistes apprennent à mieux se connaître et retrouvent le sens de la famille, A bord du Darjeeling Limited s’ancre merveilleusement dans l’univers décalé de Wes Anderson. Ce road movie est particulièrement visuel, à l’image du prologue intitulé « Hôtel Chevalier », sublime, dont la musique ("where do you go to my lovely", de Peter Sarstedt) est parfaitement adéquate (j'adore !). Ainsi, personnages hauts en couleur, situations absurdes, bande originale excellente, humour et émotion se combinent dans cette belle, originale et dépaysante histoire de fraternité.

Alexis

 

 

After the wedding
After the wedding

Titre original: Efter Brylluppet
Réalisateur: Susanne Bier
Interprètes: Mads Mikkelsen (Jacob), Sidse Babett Knudsen (Helene), Rolf Lassgard (Jorgen), Stine Fischer Christensen (Anna), Christian Tafdrup (Christian)...
Date de sortie: 7 mars 2007
Genre: Drame
Durée: 2h
Nationalité: Danemark, Suède

Critique mise en ligne en mars 2007

Un film danois qui parle de secrets de famille: j'ai bien sûr rapidement pensé au Festen de Thomas Vinterberg. La réalisation s'en rapproche: caméra à l'épaule, la réalisatrice Susanne Bier poursuit les personnages. Elle use de gros plans sur des lèvres, des yeux ou des doigts tapotant une bouteille d'alcool pour montrer leur intimité. Sur le fond, il s'agit certes de secrets volés en éclat au sein d'une famille danoise mais dans After the wedding, les révélations sont moins choquantes (mais plus nombreuses) que dans Festen. Ces secrets brisés, dans les deux films, changent la vie des personnages et secouent le spectateur.

Bien qu'After the wedding soit un film très triste, on n'en sort pas déprimé car les personnages ont tous leur part de sensibilité, d'amour et de générosité envers les autres. On s'attache forcément à eux. Parmi les acteurs, tous excellents et poignants, j'ai particulièrement apprécié la prestation de Sidse Babett Knudsen dans le rôle de la fragile et jolie Helene ainsi que Mads Mikkielsen, dont la froideur du visage correspond au caractère du personnage de Jacob, idéaliste mais tiraillé par diverses luttes intérieures.

L'intensité du film n'est pas enrayée par les nombreux rebondissements. After the wedding nous entraîne à montrer notre amour envers nos proches, à profiter de la vie présente, toujours trop courte, et des moindres moments de bonheur qu'elle nous offre. En amont des différentes révélations familiales, After the wedding expose le gouffre économique et social existant entre les pays pauvres et les pays riches et l'absence de liaison systématique entre l'argent et le bonheur. Ce drame familial, intelligent et subtil, nous offre une montagne d'émotions. La larme à l'oeil est bien présente !

Alexis

 

 

Alice
Alice

Réalisateur: Woody Allen
Interprètes: Mia Farrow (Alice Tate), William Hurt (Doug Tate), Joe Mantegna (Joe), Keye Luke (Dr. Yang), Judy Davis (Vicki)...
Date de sortie: 6 février 1991
Genre: Comédie dramatique
Durée: 1h49
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en jan. 2008

Alice est une femme très sage, timide, puritaine, mariée à Doug depuis 16 ans, une "bonne catholique" comme la décrit une amie. Souffrant du dos, ses proches lui conseillent d'aller consulter le docteur Yang, un acuponcteur. Ce dernier, à l'aide d'herbes spéciales, va lui permettre de résoudre d'autres problèmes, de se désinhiber, de ne plus avoir peur de ses envies.

Alice a l'allure d'une jeune fille, avec son chapeau rouge et noir et ses cheveux qui dépassent en ordre. Alice regrette la monotonie de son couple et le manque d'attention que lui porte son mari. Mais elle en est grandement coupable, ne faisant rien pour que ça s'arrange, s'y confortant finalement. Bourgeoise, elle passe ton temps à s'occuper de son apparence et de ses enfants et à bien paraître auprès de l'entourage de son mari. Elle est parfois ennuyeuse et souvent très bavarde (un équivalent féminin des personnages joués par Woody Allen). Son idole est Mère Teresa mais elle vit en fait dans un endroit doré et mène une vie très matérialiste. A l'image de ses amies, qui adorent les ragots et passent leur temps à s'entretenir.

Assez nerveuse, elle va découvrir chez le docteur Yang quels sont vraiment ses sentiments, quels sont ses vrais besoins, qui sont réellement les personnes qui l'entourent. Toutes ces aventures vont rendre Alice plus forte au fil de l'histoire, plus sûre d'elle.

Ce film est rempli de petites idées poétiques, comme la scène où, hypnotisée, Alice parle dans ses pensées à son mari, se remémorant leur premier baiser. Grâce aux herbes du docteur Yang, elle devient Alice au pays des merveilles: elle peut aborder des thèmes qu'elle ne connaissait pas, retrouver un amour d'enfance décédé qui revient pour lui donner des conseils, détenir le pouvoir de devenir invisible, voler dans le ciel de New York, recevoir les conseils de sa muse (son inspiration dans l'écriture), insolente et franche (et donc très drôle), revoir aussi sa maman décédée.

De l'humour, de la poésie, des musiques tango et jazz très entraînantes, Mia Farrow et Joe Mantegna pleins de charme…: tout simplement l'un de mes Woody Allen préférés !

Alexis

 

 

Alien, le huitième passager
Alien, le huitième passager

Titre original: Alien
Réalisateur: Ridley Scott
Interprètes: Sigourney Weaver (Ellen L. Ripley), Tom Skerritt (A.J. Dallas), Veronica Cartwright (J.M. Lambert), John Hurt (G.W. Kane), Ian Holm (Ash)...
Date de sortie: 12 septembre 1979
Genre: Science-Fiction
Durée: 1h56
Nationalité: Etats-Unis, Grande-Bretagne

Critique mise en ligne en mai 2008

Le vaisseau Nostromo vogue doucement dans l'espace. A son bord, sept astronautes sont sortis de leur hypersommeil par l’ordinateur du vaisseau, qui a détecté un appel de détresse. Mission leur est donnée de mener l'enquête avant de pouvoir rentrer chez eux. Ils atterrissent alors sur un petit astéroïde, sur lequel trois d’entre eux découvrent une chose étrange et inquiétante.

L'intrigue du film prenant du temps à se poser, cela permet au spectateur de se familiariser avec les personnages. Des personnages très forts, charismatiques, différents, auxquels on s’identifie. On a même l’impression de faire partie de l’équipe. Cela vient aussi de l'absence de stars dans le casting et de l'originalité que le héros de ce film de science fiction soit une femme. C'est d'ailleurs ce film qui a révélé Sigourney Weaver, une belle et grande (par la taille et le talent) débutante !

Sept passagers occupent donc le vaisseau. Beaucoup de temps se passe avant de découvrir le huitième passager, l'alien (le terme anglais "alien" signifie "étranger" et désigne un extraterrestre), une bête terriblement effrayante, notamment du fait qu’elle n’a pas d’œil, on ne sait donc jamais où son attention se porte.

Alien est le second long-métrage de Ridley Scott, après Les duellistes, sorti deux ans plus tôt. Ce qui est marquant dans ce film et ce qui fait que je l'adore, c'est son atmosphère très spéciale, procurée notamment par des décors très crédibles et par une musique envoûtante, à la fois effrayante et très belle. L’imagination est ici largement sollicitée car finalement, on voit très peu de choses. Et quand il nous est donné de visualiser clairement ce qu’il se passe sur l’écran, quelque chose de terrible survient comme lorsque l’alien sort de la poitrine de John Hurt. Cette scène est vraiment impressionnante et garde encore aujourd’hui une très grande capacité à surprendre le spectateur. On sait que ça va arriver mais on sursaute quand même quand l'alien surgit. On reste donc sur nos gardes tout au long du film. La bande annonce du film, sorti en 1979, avait bien pris la précaution de prévenir le spectateur: In space, no one can hear you scream (dans l’espace, personne ne vous entend crier) !

Alexis

 

 

Aliens_le_retour
Aliens, le retour

Titre original: Aliens
Réalisateur: James Cameron
Interprètes: Sigourney Weaver (Ellen L. Ripley), Michael Biehn (Dwayne Hicks), Lance Henriksen (Bishop), Paul Reiser (Carter J. Burke), Carrie Henn (Rebecca "Newt" Jorden)...
Date de sortie: 8 octobre 1986
Genre: Science-Fiction
Durée: 2h17
Nationalité: États-Unis, Grande-Bretagne

 

Critique mise en ligne en mai 2008

Cinquante sept ans sont passés depuis l’aventure du Nostromo qui avait vu la disparition quasi-totale de son équipage. C’est désormais au tour du vaisseau militaire Sulaco de conduire la survivante Ellen Ripley ainsi qu’une équipe de marines extrêmement entraînés, téméraires mais trop sûrs d’eux, sur l’obscure et dangereuse planète des aliens. Ainsi, « Le retour » est davantage celui des trop ambitieux humains que celui de la race inconnue des aliens !

On remarque dans ce deuxième opus, sorti sept ans après le premier, que les moyens financiers sont beaucoup plus conséquents, précisément grâce au succès du premier épisode. Aliens, le retour comporte plus d’aliens, plus d’action, plus de violence, plus d’armes... C’est un film tout à fait dans le style de James Cameron, plus hollywoodien que celui de Ridley Scott.

La saga Alien est intimement lié au personnage de Ripley, femme énergique et tenace mais aussi très sensible. Dans ce deuxième épisode, ce personnage central est accompagné de deux personnalités auxquelles le spectateur s’attache rapidement : Newt, la petite orpheline, perspicace et ironique, et Bishop, l’androïde intelligent, porté par le charismatique Lance Henriksen.

Dans ce film trépidant qui laisse le spectateur scotché plus d’une fois sur son siège, Sigourney Weaver insuffle de l’humanité à son personnage et a pour cela obtenu une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Cela représente quelque chose de vraiment particulier quand on sait que l’Académie a eu beaucoup de mal à reconnaître la valeur des films de science fiction ou d’horreur.

Les deux premiers épisodes de la série, celui réalisé par Ridley Scott et celui mis en scène par James Cameron sont pour moi les deux meilleurs, même s’il sont assez différents. A vrai dire, chaque aventure de la légende Alien a ses caractéristiques propres mais conserve une même atmosphère tout à fait fascinante et captivante.

Alexis

 

 

Alien 3
Alien 3

Réalisateur: David Fincher
Interprètes: Sigourney Weaver (Ellen L. Ripley), Charles S. Dutton (Dillon), Charles Dance (Clemens), Pete Postlethwaite (David), Brian Glover (Andrews)...
Date de sortie: 26 août 1992
Genre: Science-Fiction
Durée: 1h55
Nationalité: États-Unis

 

Critique mise en ligne en juin 2008

Le vaisseau qui transporte le Lieutenant Ellen L. Ripley s’échoue sur la planète Fiorina 161. A sa surface, une vingtaine d’hommes, anciens meurtriers, délivrés par la grâce de Dieu, vivent paisiblement, grâce à des règles de vie qu'ils ont mis en place et que la présence d’une femme pourrait bouleverser.

Ce qui est vraiment intéressant dans cette histoire, c'est de découvrir comment tous ces hommes se sont retrouvés sur cette planète déserte. Plusieurs moments de dialogues sont donc nécessaires pour comprendre l'origine de cette situation. Mais l'action et le suspense sont également bien présents. Dans le vaisseau prison, décor gigantesque de ce film, les couloirs sont très nombreux - et le scénario s’en sert très bien dans la deuxième partie du film. En effet, Alien 3 nous offre une longue et haletante scène de poursuite dans ces labyrinthiques couloirs.

Les deux personnages de la série que sont Ripley et l’alien évoluent au cours de chaque aventure. Dans ce troisième épisode, l’alien est plus puissant, plus rapide, plus agile. La créature au sang acide en est donc d'autant plus effrayante. Quant à notre héroïne, on peut remarquer une vraie continuité dans le personnage à travers les quatre films. Dans ce troisième opus, c'est le caractère solitaire de Ripley qui attire l'attention. Pour ce personnage charismatique, il s'agit d'un cauchemar permanent, comme l'indique sa parole désespérée à l'attention de l'alien: « tu es dans ma vie depuis si longtemps que je ne me souviens de rien d’autre ».

Sans doute pas aussi palpitant qu’Aliens, le retour, de James Cameron, mais au moins aussi ténébreux qu'Alien, le huitième passager, de Ridley Scott, cette oeuvre emprunte de spiritualité profite du style particulièrement sombre de David Fincher (pour son premier long-métrage !). Chaque épisode de la série bénéficie du style visuel et des particularités propres à chaque réalisateur mais conserve cette ambiance angoissante et mystérieuse qui a fait le succès de la saga.

Alexis

 

 

Alien, la résurrection
Alien, la résurrection

Titre original: Alien : Resurrection
Réalisateur: Jean-Pierre Jeunet
Interprètes: Sigourney Weaver (Ellen L. Ripley), Winona Ryder (Call), Ron Perlman (Johner), Dominique Pinon (Vriess), Dan Hedaya (Le Général Perez)…
Date de sortie: 12 novembre 1997
Genre: Science-Fiction
Durée: 1h44
Nationalité: États-Unis

 

Critique mise en ligne en juin 2008

A bord de l’USM Auriga, quelques scientifiques extraient un alien du corps d’Ellen Ripley. Plus exactement, il ne s'agit pas de Ripley mais de son clône et l'alien n'est pas un simple représentant de sa race, il s'agit cette fois-ci d'une reine, capable d'engendrer des petits aliens sans limite. La reine est donc l’enfant de Ripley, ce personnage qui a combattu sans arrêt l’impitoyable créature et qui se retrouve désormais involontairement à l'origine du retour de l'espèce, de sa résurrection.

Sorti en 1997, ce film évoque astucieusement le thème du clonage et de ses dangers et profite d'une perfection en matière d’effets spéciaux, ce qui permet de mettre en valeur des scènes mémorables, comme la découverte de la salle de clonage, la très forte séquence de course poursuite aquatique ou la naissance du bébé alien qui, pourvu d’yeux, apparaît effroyablement… humain.

On sent, comme dans le premier épisode réalisé par Ridley Scott, une vraie harmonie dans le casting. Avec, comme à l’habitude chez Jeunet, de vraies « gueules », notamment Dominique Pinon, son acteur fétiche. Et avec toujours Sigourney Weaver, élément essentiel dans la qualité et le succès de la série. Voici par ailleurs une anecdote la concernant: lorsque Ripley lance le ballon de basket dans le panier situé à plusieurs mètres d’elle par-dessus son épaule sans regarder le panier, c’est sans trucage !

Chaque film de la saga Alien a bénéficié du talent d’un jeune et brillant réalisateur. Dans ce quatrième volet on retrouve le français Jean Pierre Jeunet, au style visuel hors du commun ! Il nous offre une œuvre plus romantique et sensuelle. Ce film, qui propose quelques bons moments d’humour, semble clore la saga. Mais cette quadrilogie qui n’a failli n’être qu’une trilogie peut évidemment se poursuivre, si les studios en décident ainsi. Alien, la résurrection est donc pour le moment le dernier de la série, si l’on excepte les deux épisodes de la franchise Alien vs. Predator dont la qualité est bien médiocre en comparaison de la puissance et de la profondeur de la quadrilogie.

Alexis

 

 

Anna M.
Anna M.

Réalisateur: Michel Spinosa 
Interprètes: Isabelle Carré (Anna M.), Gilbert Melki (le Dr Zanevsky), Anne Consigny (la femme du médecin), Geneviève Mnich (la mère), Gaëlle Bona (Eléonore)...
Date de sortie: 11 avril 2007
Genre: Drame
Durée: 1h46
Nationalité: France

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Critique mise en ligne en avril 2007

J'avais connaissance de deux éléments avant d'aller voir ce nouveau film de Michel Spinosa. D'une part, je connaissais le thème: Anna M. traite de l'érotomanie, affection mentale caractérisée par l'illusion délirante d'être aimé. Ici, l'érotomanie de l'héroïne est très accentuée et on se rend compte que cette maladie, à ce point prononcée, relève du domaine de la folie. Le comportement d’Anna est effrayant et on espère ne jamais se retrouver en face de ce genre de personne. D'autre part, je savais que l'actrice qui interprétait la jeune femme touchée d'érotomanie était Isabelle Carré. J'avais peur qu'elle fasse un "numéro" de folle et que sa  douce voix et son image médiatique très lisse ne correspondent pas au personnage. Au contraire, elle est tout à fait crédible et sa petite voix la rend encore plus effrayante. Etonnante et impressionnante, elle est, physiquement et psychologiquement, complètement dans le personnage.

Anna aime le docteur Zanevsky et est persuadée de la réciprocité. Mentalement déséquilibrée, Anna est imprévisible, et on se demande jusqu'où elle est prête à aller pour obtenir ce qu'elle veut: la concrétisation de cet amour imaginaire. L'intensité croît tout au long du film. Bien que cette histoire soit angoissante et très triste, quelques personnes riaient dans la salle à la vision de certaines scènes montrant l'absurdité du comportement d'Anna. En effet, le spectateur se met à la place du docteur Zanevsky et l’attitude d'Anna paraît, il est vrai, invraisemblable et incompréhensible. Cependant, par ces scènes, le réalisateur souhaite davantage montrer sa compassion envers son héroïne. Car Anna est bien entendu également une victime.

Alexis

 

 

A History of Violence

Réalisateur: David Cronenberg
Interprètes: Viggo Mortensen (Tom Stall), Maria Bello (Edie Stall), Ed Harris (Carl Fogarty), William Hurt (Richie Cusack), Ashton Holmes (Jack Stall)...
Date de sortie: 2 novembre 2005
Genre: Thriller
Durée: 1h35
Nationalité: États-Unis, Canada

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Critique mise en ligne en déc. 2005


«Just when I thought I was out, they pull me back in»
. (Michael Corleone, The Godfather Part III).

Quelle belle période que celle d’octobre-novembre, époque de sortie des films cannois. Et on peut désormais affirmer que ce cru 2005 est exceptionnel ! Après L’Enfant, Don’t Come Knocking, Broken Flowers, Match Point, Caché et en attendant notamment Three Times d’Hou Hsiao Hsien et Trois Enterrements de Tommy Lee Jones, voici un autre grand film : A History of Violence, signé David Cronenberg !

A History of Violence a pour thème les conséquences des actions entreprises et le fait que la violence est en chacun de nous, pouvant se révéler à tout moment.
Pour cela, David Cronenberg nous offre une leçon de cinéma avec ce film intelligent et maîtrisé qui présente une histoire linéaire et tous les critères d’un thriller classique.
La première scène, superbe, expose les aspects essentiels du film: fausses pistes, suspense, tension, mise en scène parfaite, violence (jamais gratuite). David Cronenberg montre la violence telle qu’elle est réellement : brute, sèche, dérangeante.
Cette deuxième scène est suivie du réveil en pleurs d’une petite fille, traumatisée par un cauchemar hanté de monstres. L’un d’entre eux est en fait à côté d’elle, tentant de la réconforter: son père, autrefois capable des pires atrocités, notamment d’arracher un œil avec du fil barbelé.
A History of Violence est servi par des interprètes très inspirés qui apportent intensité et humour à leur personnage, avec en tête Viggo Mortensen, époustouflant dans le rôle du bon père rattrapé par son passé de tueur.

Lors du générique de fin, les questions se bousculent: comment Edie réagira-t-elle à ce mensonge ? Pourra-t-elle lui pardonner et vivre son couple sans penser à son trouble passé ? Ce dernier empêchera-t-il Tom d’exercer son rôle de père et d’être un modèle pour ses enfants ? Tom peut-il définitivement ne plus être Joey et ne plus penser à ce passé qu’il a eu tant de mal à oublier ? La justice viendra-t-elle un jour le chercher ? La rédemption est-elle vraiment possible ?

Alexis

 

 

L'armée des 12 Singes
L'armée des 12 Singes

Titre original: 12 Monkeys
Réalisateur: Terry Gilliam
Interprètes: Bruce Willis (James Cole), Madeleine Stowe (Docteur Kathryn Railly), Brad Pitt (Jeffrey Goines), Christopher Plummer (Docteur Leland Goines), David Morse (Docteur Peters)...
Date de sortie: 28 février 1996
Genre: Thriller, Fantastique
Durée: 2h10
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en juillet 2006

Critique d'Alexis:

L'armée des 12 Singes est certainement le film que j'ai le plus vu. C'est un film dont je ne me lasse jamais. Pour un plaisir immense à chaque visionnage ! Toujours aussi passionnant et fascinant ! L'histoire se passe dans un futur proche où, du fait du bio terrorisme, l'humanité se trouve dans un état quasi-policier, dans un monde détruit, habité à la surface par les animaux et sous terre par les humains. Des scientifiques ordonnent à James Cole, un prisonnier dont la qualité principale est la mémoire, de revenir dans le passé afin de connaître les causes de cette situation, les origines du virus. Ces différents voyages dans le temps vont l'amener sur la piste de l'armée des 12 Singes.

Ce film est mis en scène par Terry Gilliam, ancien membre des Monty Python, troupe comique britannique et auteur des comédies Bandits, Bandits et Brazil. Pour autant, L'armée des 12 Singes contient très peu de moments humoristiques. Au contraire, il y a ici une atmosphère particulièrement sombre, de par l'image et la musique (tendue et prenante). Il y a de plus beaucoup de suspense, même si la fin est inévitable. Car Cole ne peut pas modifier le passé, sa mission n'est que de retrouver la trace de l'origine du virus. A la première vision, ce film peut paraître compliqué, du fait des nombreux allers retours dans le temps. Pour l'apprécier pleinement, il faut se laisser entraîner par toutes les péripéties de ce voyage dans le temps et par les sujets développés par le réalisateur (notamment les facettes les plus complexes de l'humain, comme la schizophrénie ou la folie), plutôt que d'essayer de résoudre les mystères du film.
 
A voir Madeleine Stowe aussi touchante dans le rôle du rationnel Docteur Kathryn Railly, il est surprenant de remarquer qu'elle n'a pas eu d'autre grand rôle depuis ce film. Brad Pitt, dans son interprétation de l'agité du bocal Jeffrey Goines, est une sorte de fils spirituel du Nicholson de Vol au Dessus d’un Nid de Coucou. Quant à Bruce Willis, il exprime très bien la difficile situation mentale du personnage et l'incapacité du cerveau humain à traverser les époques. Il tient ici un de ses meilleurs rôles. A ce propos, il a récemment déclaré, sans vraie surprise, que les trois meilleurs films de sa carrière sont Pulp Fiction, Sixième Sens et… L'armée des 12 Singes.

Alexis

Critique mise en ligne en déc. 2007

Critique de Ryad:


Une descente ténébreuse enclavée de suspense

L'armée des 12 Singes est un très bon film de science-fiction des années 1990. Très prenant et relativement complexe, il fait partie des films à voir et à revoir !

Sans s'étendre sur l'histoire, un virus propagé par l'armée des 12 singes cause la mort de cinq milliards de personnes, condamnant le peu de survivants à vivre sous terre... Une mission est alors confiée à James Cole (Bruce Willis) pour retrouver les origines du virus, afin de mettre au point un vaccin.

Bruce Willis et Brad Pitt nous offrent une prestation assez exceptionnelle. D'une crédibilité incroyable, Bruce Willis porte totalement le film par son immense talent d'acteur. Jeffrey Goines (Brad Pitt), malin comme un singe, joue quand à lui le déjanté de service à merveille ! Il faut dire qu'il excelle dans tous les genres mais voilà qu'il repousse à nouveau ses limites dans L'armée des 12 Singes ! Quant à Kathryn Railly (Madeleine Stowe), la très jolie psychiatre, elle interprète parfaitement son rôle. Dubitative au départ, ses expressions évoluent au fur et à mesure, allant du scepticisme le plus récalcitrant à la persuasion la plus invétérée. Une actrice qu'on aimerait revoir plus souvent au cinéma !

Pour ce qui est de la fin du film, je pense que chacun pourrait l'interpréter à sa manière. Peut-être qu'il était inévitable de changer le présent et d'arrêter la progression du virus. Ou peut-être que la femme du futur - qui se trouvait au bord de l'avion à la fin du film - allait pouvoir agir sur le présent. En confisquant la mallette contenant le virus à l'homme qui devait le répandre, elle aurait ainsi changé l'avenir...

Quoi qu'il en soit, la fin reste sombre, mêlée de flash-back, rêves et réalité(s). On présume que le petit garçon à l'aéroport est le petit James Cole (Bruce Willis). Mais si c'est le cas, va-t-il vivre une vie normale si le virus n'est pas répandu ou subira-t-il fatalement le même sort à l'âge de 12 ans... ?!

Ryad

 

 

L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford
L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Titre original: The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
Réalisateur: Andrew Dominik
Interprètes: Brad Pitt (Jesse James), Casey Affleck (Robert Ford), Sam Shepard (Frank James), Mary-Louise Parker (Zeralda James), Sam Rockwell (Charley Ford)...
Date de sortie: 10 octobre 2007
Genre: Western
Durée: 2h39
Nationalité: États-Unis

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en nov. 2007

...Comment il vécut, Comment il est mort...

En 1881, Jesse James a trente-quatre ans. Le film retrace la dernière année de ce légendaire hors-la-loi, depuis son ultime hold up jusqu'à sa fin tragique. Jesse James, personnage tantôt monstrueux, tantôt attachant, est rongé par un mal intérieur, hanté à la fois de remords et de paranoïa.

Les bandits qui accompagnent Jesse James sont en admiration devant lui. Particulièrement le jeune et apparemment simplet Robert Ford, qui lui voue, depuis son adolescence, une adoration sans borne et assez malsaine. Peu à peu, Jesse va s'entourer des frères Ford mais cette relation est habitée d'une peur réciproque. Ainsi, Robert Ford, qui a toujours eu pour rêve d'être l'ami de Jesse James, est parvenu à ses fins. Mais il va peu à peu être attiré par l'importante récompense offerte par le Gouverneur du Missouri pour la capture des frères James, morts ou vifs.

La principale qualité de ce drame épique, intimiste et viril réside dans sa distribution, car L'assassinat de Jesse James… consiste en une description de personnages, et non pas comme dans beaucoup de westerns en une représentation d'une époque. Avec un charisme phénoménal, Brad Pitt incarne le cadet des frères James et a été récompensé du Prix d'interprétation à Venise. La scène où il s'en prend à un enfant ou celle entourant l'assassinat sont tout à fait impressionnantes. Quant à Casey Affleck, que ce soit dans l'expression du visage ou dans sa voix, il interprète un Robert Ford ambigu et bouleversant, et mérite tout autant ce genre de récompense. Le casting de seconds rôles est en or massif: Sam Shepard, dans le rôle de l'austère et torturé frère de Jesse James, Garret Dillahunt, dans celui du terrorisé Ed Miller et Sam Rockwell dans celui du (pas si) simple d'esprit Charley Ford apportent énormément à leurs personnages.

Les 2h40 que comptent le film ne se sentent pas passer: du début à la fin, l'histoire de cette relation entre un héros de l'Ouest et un traître national est passionnante. Western psychologique, lent et sombre, L'assassinat de Jesse James… bénéficie d'une lumière magnifique, donnant à l'œuvre une ambiance ténébreuse, poétique, quasi mystique. Splendide !

Alexis

 


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