Accueil FPN !Actus Ciné, Box-Office, Guide T.VChroniques de... La rubrique ouverte du site !Critiques de films par Alexis & RyadVenez signer notre Livre d'Or !Présentation des membres du site...Divers Liens autour du cinéma...


0-9
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

0-9

Accès direct aux Films:

4 mois, 3 semaines et 2 jours

5x2

10 Bonnes Raisons de te larguer

10 canoés, 150 lances et 3 épouses

13 Tzameti

21 Grammes

2001: l'Odyssée de l'Espace

 

4 mois, 3 semaines et 2 jours
4 mois, 3 semaines et 2 jours

Titre original: 4 Luni, 3 Saptamini Si 2 Zile
Réalisateur: Cristian Mungiu
Interprètes: Anamaria Marinca (Otilia), Laura Vasiliu (Gabita), Vlad Ivanov (Domnu' Bebe), Alex Potocean (Adi), Luminita Gheorghiu (Doamna Radu)...
Date de sortie: 29 août 2007
Genre: Drame
Durée: 1h53
Nationalité: Roumanie

Voir la Bande-Annonce

Critique mise en ligne en sept. 2007

Un brutal et indispensable plaidoyer !

Le synopsis n'est pas forcément excitant et pourra en repousser certains: l'histoire d'un avortement illégal en 1987 dans la Roumanie de Ceausescu. En effet, il ne s'agit pas vraiment d'un film à voir entre amis ou en couple un samedi soir. Mais la Palme d'or du 60 ème festival de Cannes est une vraie réflexion sur l'avortement, hyper réaliste et transmettant parfaitement son message.

Dans cette période sombre de la Roumanie des années 80, l'illégalité des avortements, effectués par des médecins au marché noir, est à l'origine bien évidemment de risques d'emprisonnement mais surtout de risques de mort, tant les conditions d'avortement sont déplorables. 4 mois, 3 semaines et 2 jours est donc tout autant une justification de la légalisation de l'avortement qu'une description des difficiles conditions de vie dans le régime dictatorial de Ceausescu. Le spectateur français mesure à quel point la loi Veil de 1975 sur l'interruption volontaire de grossesse a consacré la liberté et l'autonomie de la mère, et par conséquent de la femme. Les roumaines, après une très courte première période de légalisation en 1957, n'ont eu accès à ce droit qu'en 1989...

Avec l'omniprésence d'Anamaria Marinca dans le rôle de la constamment tourmentée (et pour cause !) mais courageuse Otilia, 4 mois, 3 semaines et 2 jours alterne entre plans-séquences filmés caméra à l'épaule et plans-séquences avec caméra immobile. Pour son deuxième long métrage, le roumain Cristian Mungiu signe un film éprouvant mais admirable.

Pas de musique, pas de pathos, pas de concession. Silence, malaise et réflexion à la fin du générique...

Alexis

 

 

5x2


Réalisateur: François Ozon
Interprètes: Valeria Bruni Tedeschi (Marion), Stéphane Freiss (Gilles), Géraldine Pailhas (Valérie), Françoise Fabian (Monique)...
Date de sortie: 1er septembre 2004
Genre: Drame
Durée: 1h30
Nationalité: France

Critique mise en ligne en déc. 2005

Un couple d’acteurs idéal

Est-ce un film à voir avant d’envisager le mariage et la vie en couple ? On peut se le demander tant Ozon semble vouloir nous faire passer le message que les histoires d’amour finissent toujours mal. Un film d’amour très noir, trop noir et c’est un élément, le seul, que je regrette ici, ce drame nous fait douter de l’amour et veut nous convaincre qu’il n’y a pas d’issue positive à la vie de couple.
C’est une histoire d’amour mais chez Ozon, celle-ci débute par un divorce. Une narration inversée qui fait monter l’émotion, nous suivons les différentes étapes (cinq) de la vie de ce couple avec impuissance et désir de connaître la genèse de cette triste histoire.
Les deux « amoureux » sont interprétés par Valeria Bruni Tedeschi et Stéphane Freiss. Sans aucun doute leur plus beau rôle. A travers Marion, elle est belle et sensible. A travers Gilles, il est vulnérable et blessant.
Un très beau film, complexe et douloureux, bercé par une superbe musique italienne. Néanmoins, Sous le sable reste mon «Ozon» préféré.

Alexis

 

 

10 Bonnes Raisons de te larguer

Titre original: Ten Things I Hate About You
Réalisateur: Gil Junger
Interprètes: Heath Ledger (Patrick Verona), Julia Stiles (Katarina Stratford), Joseph Gordon-Levitt (Cameron James), Larisa Oleynik (Bianca Stratford), David Krumholtz (Michael Eckman)…
Date de sortie: 19 juillet 2000
Genre: Comédie
Durée: 1h37
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en déc. 2005

Ten Things I Hate About You est une adaptation de The Taming of the Shrew (La Mégère Apprivoisée) de Shakespeare. Bon, autant dire de suite que ce film est très loin de l’esprit de Shakespeare mais à voir le titre, on s’en doutait un peu !
C’est un petit film d’ados, gentillet, plutôt frais, mais c’est très formaté avec pour changer les scènes du premier flirt ou du bal de fin d’année. On sourit parfois, on se surprend à rire, notamment lorsque Patrick chante «Can’t take my eyes off of you» à Kate, interprétée par Julia Stiles, tout à fait charmante en garçon manqué. Ce n’est pas à jeter, ça se laisse regarder, mais ça reste un teenage movie comme il y en a tant d’autres, principalement destiné aux adolescentes.

Alexis

 

 

10 canoés, 150 lances et 3 épouses
10 canoés, 150 lances et 3 épouses


Titre original: Ten Canoes
Réalisateur: Rolf De Heer
Interprètes: Crusoe Kurddal (Ridjimiraril), Jamie Gulpilil (Dayindi / Yeeralparil), Richard Birrinbirrin (Birrinbirrin)…
Date de sortie: 20 décembre 2006
Genre: Aventure
Durée: 1h31
Nationalité: Australie

Critique mise en ligne en fév. 2007

10 canoés, 150 lances et 3 épouses évoque la vie d'une tribu d'aborigènes, les Yolngus, de la terre d'Arnhem au nord-est de l'Australie. L'histoire se passe il y a quelques siècles, avant l'arrivée des hommes blancs. Un jeune homme convoite l'une des trois femmes de son frère aîné. Ce dernier lui raconte alors une anecdote liée à ses ancêtres, une légende faite de vengeance, de sorcellerie, d'enlèvements et d'amours impossibles. De cette manière, il construit une morale et indique une certaine philosophie à suivre, à son frère mais aussi au spectateur.

Du metteur en scène Australien Rolf De Heer, cette fiction, très proche de la forme documentaire, nous offre une heure et demi de dépaysement et d'évasion. Le narrateur est David Gulpilil, un acteur aborigène. Sa voix est chaude, roulant les mots. A part le texte anglais de la voix off, le film est entièrement en langue aborigène.

10 canoés, 150 lances et 3 épouses propose un aperçu général de tout ce qui fait la beauté de la nature. Les purs et paradisiaques paysages ainsi que tous les sons particuliers de la nature sont magnifiquement retransmis. Cette œuvre exotique et assez originale est aussi relaxante que le Printemps, été, automne, hiver et… printemps du Sud-coréen Kim Ki-duk. Le récit poétique dispose quasiment de la même lenteur mais est, hélas, ici, non dépourvu de quelques moments d'ennui.

On entre facilement dans cette culture qui est pourtant tellement loin de la nôtre, les nombreux personnages étant très attachants. A l'image de ce film léger et teinté d'humour, source de nombreux sourires !

Alexis

 

 

13 Tzameti
13 Tzameti


Réalisateur: Gela Babluani
Interprètes: Georges Babluani (Sébastien), Aurélien Recoing (Jacky), Augustin Legrand (José), Philippe Passon (Jean-François Godon), Pascal Bongard (le maître de cérémonie)…
Date de sortie: 8 février 2006
Genre: Thriller
Durée: 1h33
Nationalité: France

Critique mise en ligne en fév. 2006


L'idée de départ est bonne, originale même. Sébastien a 22 ans. Parce qu'il a besoin d'argent, il va se mêler d'une affaire destinée à un autre et par conséquent suivre un jeu de pistes, obéissant à des indications sans savoir où elles vont le conduire, le projetant dans un endroit secret, gouverné par l'inhumanité.
13 tzameti est un film en noir et blanc très noir. Cette première oeuvre du géorgien Gela Babluani a quelque chose de sombre, d'angoissant, de sadique même. Le suspense est présent surtout dans l'attente des évènements qui attendent Sébastien. On ne peut donc pas retirer au réalisateur cette capacité à installer une atmosphère obscure et oppressante, ainsi qu'une montée progressive de la tension. Mais un petit sentiment d'écoeurement m'a dominé durant la vision de ce film. D'énervement également. Certaines scènes m'ont paru dispensables, surtout lorsqu'elles se répètent et deviennent par là-même sans intérêt. De plus, je trouve l'interprétation dans l'ensemble de faible qualité. Dans ce casting inconnu, rares sont ceux qui font "un" avec leur personnage. Enfin, hormis le début du film, les situations sont assez prévisibles. En effet, à plusieurs reprises, on comprend aisément ce qui va arriver aux personnages.

Alexis

 

 

21 Grammes
21 Grammes

Titre original: 21 Grams
Réalisateur: Alejandro González Inárritu
Interprètes: Sean Penn (Paul Rivers), Benicio Del Toro (Jack Jordan), Naomi Watts (Cristina Peck), Charlotte Gainsbourg (Mary Rivers)…
Date de sortie: 21 janvier 2004
Genre: Drame
Durée: 2h04
Nationalité: États-Unis

Critique mise en ligne en mars 2006

21 Grammes, un scénario tout sauf léger

On dit qu’on perd tous exactement 21 Grammes au moment où l’on meurt. A quoi cela peut-il correspondre ? Au souffle de la vie ?! Au poids de l’âme humaine pour ceux qui y croient ? Ou encore à un élément inconnu pour l’instant, mais que la science ne saurait tarder à identifier ?
Ce questionnement est assez révélateur de l’intrigue développée tout au long du film. Au départ, tout est confus, la première scène est en fait, si l’on respecte l’ordre chronologique, la dernière séquence du film… C’est à la manière de Pulp Fiction et de Memento que se déroule le scénario de 21 Grammes, nous présentant les évènements «à l’envers», de la fin vers le début. Des flashs back éclaircissent les zones d’ombres au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire. Puis, tout redevient confus, obscur et mystérieux. On remet en cause ce qu’on pensait avoir compris, on doute de tout, on demande à voir… C’est ainsi que le réalisateur mexicain Alejandro González Inárritu joue avec notre esprit, nous fournit des éléments de compréhension, puis brouille aussitôt les pistes. Ainsi, il distribue à sa guise les pièces manquantes du puzzle jusqu’à la dernière seconde du film.

21 Grammes c’est l’histoire d’un accident, d’un drame, d’une transplantation cardiaque, de chemins qui s’entrecroisent... Un récit douloureux marqué par la vengeance, la foi, la haine et l’amour. Tourné dans des lieux anonymes, vagues, qui inspirent le vide et la solitude, 21 Grammes nous absorbe, tente de nous subtiliser de l’énergie, nous envahit, nous affaiblit. Il trouble nos perceptions à travers les trois couleurs utilisées tout au long du film. L'univers de Paul est bleu froid. Celui de Jack est jaune orangé. Et celui de Cristina est un mélange de rouge et de doré avec des touches du bleu de l'univers de Paul. Le contraste entre les couleurs et la texture de l’image nous renseigne sur l’état émotionnel des personnages à certains stades du film. Il faut donc savoir recueillir et décoder ces signaux subtils pour démêler les évènements présentés dans le désordre… Je ne vous en dis pas plus si ce n’est, que je conseille 21 Grammes à tous ceux qui aiment les films bizarres, étranges et intrigants, ceux qui changent de l’ordinaire…

A savoir également que ce long-métrage de 2h04 est très bien interprété. Encore une fois, Sean Penn fait preuve de beaucoup de talent et a reçu à ce titre le prix d'interprétation masculine à la Mostra de Venise. La très jolie Noami Watts nous plonge avec brio dans sa mélancolie, on plaint son sort. On notera aussi la présence de l’actrice française Charlotte Gainsbourg qui interprète – dans son premier film américain – la femme de Sean Penn.

Ryad

 

 

2001: l'Odyssée de l'Espace


Titre original: 2001: A Space Odyssey
Réalisateur: Stanley Kubrick 
Interprètes: Keir Dullea (David Bowman), Gary Lockwood (Frank Poole), William Sylvester (Dr Floyd)...
Date de sortie: 27 septembre 1968
Genre: Science-Fiction
Durée: 2h21
Nationalité: États-Unis, Grande-Bretagne

Critique mise en ligne en déc. 2005

Un monument d’audace et de génie

 

L’histoire de l’humanité en trois parties distinctes. Kubrick commence par nous soumettre une vision de notre passé préhistorique puis nous projette plusieurs milliers d’années en avant. A bord du vaisseau spatial «Discovery», le cosmonaute David Bowman se voit confronté à l’immensité de l’espace, à l’ordinateur HAL, à l’immortalité et finit par chuter dans un autre espace-temps.

Steven Spielberg considère qu’avec 2001, c’est la première fois que le cinéma change de forme, ce n’est ni un documentaire, ni une histoire, ni vraiment de la science-fiction, c’est de l’éventualité scientifique. Ici, il n’y a pas de bonhommes verts ni de rayons lasers. Il bénéficie cependant d’un budget énorme destiné aux effets spéciaux. Par ailleurs, à peine la moitié du film est dialoguée. Incontestablement, ce film est le plus ambitieux des films de science-fiction. Il ne s’agit donc pas d’un film commercial, c’est une peinture, une photographie, le visuel et le subconscient sont ici sollicités. Kubrick déclare ainsi avoir essayé de «créer une expérience visuelle, qui contourne l’entendement pour pénétrer directement l’inconscient avec son contenu émotionnel». Pour apprécier ce chef-d’œuvre inspiré de la nouvelle «The Sentinel» d’Arthur C. Clarke, il est nécessaire d’avoir un esprit cinématographique ouvert et peut être également de le voir une deuxième fois, après avoir accepté une première fois le choix artistique de Kubrick.

Dans la scène d’ouverture, un grand singe découvre comment se servir d’un os comme outil et le convertit aussitôt en arme. Stanley Kubrick pose, par ces quelques images sublimes de découverte et d’évidence, ce qui restera son thème de prédilection: la lutte permanente que connaît l’être humain entre sa volonté de construire et sa volonté de détruire. Suit un fondu enchaîné de génie entre l’os jeté en l’air et le vaisseau spatial en chemin vers la lune. Car le film sort en 1968, en pleine guerre froide et la guerre des étoiles en est une bataille stratégique. Malgré leur apparence, l’os et le vaisseau spatial sont deux armes.

Ensuite, les grands singes durant la préhistoire et Bowman en 2001 découvrent avec stupéfaction un grand monolithe de pierre noire planté dans le sol. Un monolithe noir dont Kubrick ne précise pas la signification: Dieu ? La manifestation d’extraterrestres ? Le temps qui passe ? Et ce mystère est passionnant pour qui aime se poser des questions existentielles: d’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Sommes-nous seuls dans cet univers ? (il serait d’ailleurs orgueilleux de le penser). C’est une des raisons qui font que ce film est un de mes préférés. Plus je le visionne, plus je l’adore. Passionnant, intelligent, futuriste, poétique, énigmatique, de l’éblouissement à tout moment !

Finalement, les deux personnages principaux sont la musique et un ordinateur. Les deux plus grands moments du film ont en effet trait à ces deux personnages. Ici, l’homme n’est que spectateur du monde qui l’entoure. Il a créé l’ordinateur et en est devenu l’esclave. Il n’est qu’un détail dans l’univers.
D’abord parlons de l’ordinateur, personnage à part entière, prénommé HAL notamment en référence à IBM (les trois lettres suivantes de l’alphabet). L’œil rouge est omniprésent, la voix est monocorde (à voir en V.O, comme tous les grands films d’ailleurs). Kubrick parvient, dans une scène de tension extrême, à rendre bouleversant le débranchement de cet ordinateur parlant !
De même, la musique joue un rôle central avec Johann Strauss, Richard Strauss, Ligeti. Kubrick est le premier à utiliser la musique de cette manière, la musique classique fait partie inhérente de la narration. Quel plaisir visuel, quel plaisir musical: la station spatiale tourne, le vaisseau tourne, la Terre tourne, la valse musicale nous fait tourner. Ainsi, la scène de la roue dans l’espace, sur la musique du «Beau Danube bleu» de Johann Strauss, est l’un des plus beaux moments de cinéma du monde.

Pour terminer, le fœtus rejoint dans nos interrogations le monolithe noir. Dans cette chambre de style XVII-XVIII ème, que représente le fœtus ? La fin de l’humanité ? L’aube d’une nouvelle ère ?

2001: l’Odyssée de l’Espace me conforte dans ma certitude que Stanley Kubrick est un cinéaste visionnaire et inventeur. Définitivement le plus grand.

Alexis

 


-
Remonter tout en haut